Après un mois où rien ne leur aura été épargné, les Bleus ont échoué en finale de Coupe du monde face à l'Argentine (3-3, t.a.b. 4-2).
Depuis l'annonce de la liste de Didier Deschamps jusqu'à cette désillusion à l'issue d'un scénario incroyable, retour sur le parcours d'une équipe de France passée par toutes les émotions.

On pensait les Bleus inarrêtables, capables de franchir tous les obstacles, partis en direction d'une troisième étoile. Arrivée au Qatar affaiblie, l'équipe de France a résisté à toutes les blessures et malédictions pour se hisser en finale de la Coupe du monde. Elle s'incline finalement face à l'Argentine (3-3, t.a.b. 4-2), dans un match entré dans la légende, et termine deuxième du Mondial. Un parcours XXL qui se termine en larmes, après six semaines où rien n'aura été épargné aux Tricolores.

Une liste sans de nombreux cadres

Nous sommes le 9 novembre 2022. Depuis le plateau du 20H de TF1, Didier Deschamps doit annoncer sa liste des 26 joueurs retenus. Le secret est bien gardé, mais une chose est certaine : plusieurs cadres ne feront pas le voyage. À commencer par la plaque tournante de l'équipe championne du monde quatre ans plus tôt. N'Golo Kanté et Paul Pogba, respectivement touchés aux ischio-jambiers et au genou droit, resteront à la maison. Mike Maignan, numéro un bis derrière Hugo Lloris, n'est pas non plus de l'aventure, blessé au mollet.

Un premier coup dur pour des Bleus déjà en méforme. Avant de s'envoler pour Doha, ils restent sur une seule victoire sur leurs six dernières rencontres, et ont frôlé la relégation en Ligue des Nations. "Il y a des difficultés, des absents de poids", déplore Didier Deschamps en conférence de presse quelques minutes après l'annonce de la liste. "Nous sommes dans une situation compliquée, mais elle est difficile pour toutes les autres équipes. J'ai confiance en ce groupe, il va tout faire pour livrer bataille."

Des blessures qui s'accumulent

Une bataille que certains devront rapidement abandonner. À peine arrivé à Clairefontaine, Presnel Kimpembe déclare forfait, "insuffisamment remis" de sa blessure contractée avec le PSG, selon la Fédération française de football (FFF). Un nouveau coup dur qui en appelle d'autres. La veille de l'ouverture du Mondial, Karim Benzema renonce, touché au quadriceps de sa jambe gauche. Et dans les premières minutes du tout premier match, face à l'Australie, Lucas Hernandez rejoint à son tour l'infirmerie, victime d'une rupture d'un ligament du genou. La poisse s'accumule, Didier Deschamps n'a plus que 24 joueurs à sa disposition.

Une malédiction à arrêter

Une cascade de forfaits qui n'empêche pas les Bleus de figurer parmi les favoris de cette Coupe du monde, tout en se méfiant du passé. Lors des trois précédentes éditions, le tenant du titre a toujours été éliminé dès la phase de poules. Et Didier Deschamps le sait. "Cela montre bien la difficulté et l'exigence du haut niveau", répond-il alors à TF1info. "Gagner est très difficile, se maintenir l'est encore plus. Cet historique vient le confirmer."

Mais les Bleus passent outre, comme si la tendance s'inversait. L'équipe de France renverse l'Australie (4-1) et l'emporte face au Danemark (2-0), l'adversaire le plus redoutable sur le papier, et devient la première sélectionne championne du monde en titre à se hisser en phase à élimination directe depuis le Brésil, en 2006. Olivier Giroud en profite pour entrer dans l'histoire, et devient le meilleur buteur de l'histoire de la sélection, devant Thierry Henry.

Le dernier match, face à la Tunisie, ne sert qu'à valider la première place, déjà bien sécurisée par les Bleus grâce à leur différence de buts. Malgré un enjeu limité, les émotions ne sont jamais loin. Dominés par les Tunisiens, les "coiffeurs" de l'équipe de France ne sont réveillés que par les entrées de plusieurs titulaires laissés au repos, dont Antoine Griezmann, qui égalise au bout du suspense. Son but est finalement refusé par la VAR alors que l'arbitre avait sifflé la fin du match. La FFF pose une réclamation auprès de la Fifa, sans succès. La France s'incline (1-0), mais termine en tête de son groupe.

Une phase à élimination directe semée d'embuches

Place ensuite à une "nouvelle compétition", selon les mots de Didier Deschamps, au moment de démarrer la phase à élimination directe. Là où chaque match peut être le dernier. Les coéquipiers de Kylian Mbappé se défont sans trembler de la Pologne de Robert Lewandowski (3-1), puis affrontent un tout autre calibre en quarts de finale : l'Angleterre.

Les Bleus passent tout près d'être poussés en prolongation, avant que le deuxième penalty du capitaine des Three Lions, Harry Kane, ne s'envole dans le ciel de Doha (2-1). Un grand ouf de soulagement pour la délégation française, qui accède au dernier carré, l'objectif affiché par le président de la FFF, Noël Le Graët.

Un virus pour compliquer la dernière semaine

Vient ensuite l'équipe surprise du tournoi : le Maroc. Après avoir battu la Belgique en phase de poules, éliminé l'Espagne et le Portugal, les Lions de l'Atlas se dressent face à une équipe de France (encore) diminuée. Adrien Rabiot et Dayot Upamecano, titulaires depuis le début de la compétition, ne peuvent tenir leur place, la faute à un "coup de froid", dixit la FFF. Les Bleus se hissent tout de même en finale grâce à Théo Hernandez et Randal Kolo Muani (2-0), mais la maladie, que la Fédération refuse toujours de nommer, n'est pas éliminée.

À trois jours de la finale, Kingsley Coman est à son tour infecté par ce "petit syndrome viral". Puis les défenseurs Raphaël Varane et Ibrahima Konaté, le lendemain. "Une petite grippe se propage", reconnaît alors en conférence de presse Randal Kolo Muni. Au sein du groupe, les mesures sont renforcées. "On prend un maximum de précautions", assure Didier Deschamps. De quoi inquiéter les supporters tricolores à quelques heures du dénouement de la compétition.

Une finale à rebondissements

La suite est connue. Même sans aucun joueur forfait, l'équipe de France s'incline face à l'Argentine en finale et abandonne sa couronne mondiale à la bande à Messi. Là encore, les Bleus seront passés par toutes les émotions. Dans un match où les Tricolores auront longtemps été bousculés et menés de deux buts, Kylian Mbappé, d'un doublé (presque) salvateur (80', 81') a emmené son équipe en prolongation, puis encore répondu à Messi (3-3, 116'). La séance de tirs au but aura été fatale.

La dernière marche était finalement trop haute, à l'issue d'un mois où pas grand-chose n'aura souri aux désormais ex-champions du monde en titre. Contre vents et marées, les Bleus ont pourtant bien résisté, et permis aux Français de rêver.


Idèr NABILI

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