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Maroc-Espagne : Achraf Hakimi, le Lion de l'Atlas biberonné au football madrilène

par Maxence GEVIN
Publié le 6 décembre 2022 à 9h00
JT Perso

Source : TF1 Info

Pièce maîtresse d'un Maroc qualifié pour les huitièmes de finale, Achraf Hakimi retrouve mardi son pays d'adoption.
Né et élevé dans la banlieue de Madrid, il a forcément à cœur de briller contre la Roja.
Et pourquoi pas guider ses Lions de l'Atlas vers les sommets.

Un match spécial. Pays voisins, l'Espagne et le Maroc s'affrontent ce mardi (16h) en huitièmes de finale de la Coupe du monde. Une confrontation méditerranéenne aux airs de "derby" qui a également une saveur particulière pour Achraf Hakimi. Valeur sûre du football européen, après être passé par des clubs comme le Borussia Dortmund, l'Inter Milan et désormais le Paris Saint-Germain, le latéral confirme en sélection. Avec déjà 57 capes du haut de ses 24 ans (8 buts), il est devenu un élément essentiel de Lions de l'Atlas qui séduisent depuis le début de ce Mondial (et qui ont créé la surprise au premier tour en précipitant l'élimination de la Belgique). 

Double nationalité marocaine et espagnole

Pourtant, son destin aurait pu être tout autre. Fils d'une femme de ménage et d'un vendeur ambulant, tous deux Marocains et installés en Espagne depuis les années 1980, Achraf Hakimi est né à Getafe (en banlieue de Madrid), dans le quartier de Las Margaritas. Son père, Hassan, y vit d'ailleurs toujours. "Tout le quartier me connaît, les gens me croisent et disent : 'c'est le papa d'Hakimi'", raconte-t-il à l'AFP. "L'Espagne est son deuxième pays, sa maison. C'est la première maison contre la deuxième", plaisante-t-il. 

Ce n'était pas le bon endroit pour moi, je ne me sentais pas chez moi

Achraf Hakimi

Repéré par le Real Madrid - il a d'ailleurs porté le maillot de l'équipe première à 17 reprises - à ses débuts, le latéral droit, qui a la double nationalité, aurait pu revêtir le maillot de l'Espagne. "Oui, il y a eu des moments dans ma jeunesse. Il y a eu des contacts, je suis aussi allé faire un essai dans l'équipe nationale espagnole", reconnaît-il dans une interview accordée à Marca. "J'ai passé quelques jours à Las Rozas et j'ai vu que ce n'était pas le bon endroit pour moi, je ne me sentais pas chez moi. Ce n'était pas à cause de quelque chose en particulier, mais à cause de ce que je ressentais, parce que ce n'était pas ce que j'avais appris et vécu chez moi, à savoir la culture arabe, le fait d'être marocain. Je voulais être ici."

Le Maroc aura besoin d'un grand Hakimi

C'est finalement vers le Maroc que son cœur bascule. "Réussir quelque chose de grand avec votre pays, c'est mieux qu'avec votre club. Jeune, j'ai vu la dernière génération qui avait disputé la Coupe du monde, et j'ai rêvé de devenir comme eux. On mérite d'écrire cette page d'histoire", se félicite celui qui brille par son activité depuis le début du tournoi. "Avec le Maroc, j'ai plus d'importance dans le jeu. J'ai plus la balle, on me fait me sentir à l'aise. À Paris, c'est différent : parfois, je cours et je ne reçois pas le ballon", glisse-t-il. "Ici, on essaie toujours de me trouver, ils savent l'importance que je peux avoir offensivement et défensivement."

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Légèrement blessé en ouverture contre la Croatie, le latéral n'en réussit pas moins un excellent Mondial. Tranchant dans ses interventions défensives et toujours bien placé, il s'est même permis le luxe de distiller une passe décisive à Youssef En-Nesyri lors de la victoire contre le Canada (2-1), rencontre à l'issue de laquelle il a d'ailleurs été nommé homme du match. Une belle reconnaissance pour l'un des grands artisans du premier tour réussi du Maroc, toujours invaincu (2 défaites, un nul). 

C'est désormais un tout autre Everest qui se dresse devant lui, pour le premier huitième de finale de Coupe du monde de son pays depuis... 36 ans. Mais en bon Lion de l'Atlas, ce n'est pas un sommet qui va l'impressionner. 


Maxence GEVIN

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