Coupe du monde féminine 2023 : entre blessures et manque d'automatismes, les Bleues dans le flou

Publié le 17 juillet 2023 à 18h32

Source : Sujet TF1 Info

Pour son dernier match de préparation au Mondial, l'équipe de France féminine s'est inclinée vendredi contre l'Australie (0-1).
Ce revers fait ressortir craintes et incertitudes pour les Bleues, à quelques jours du début de la première compétition de l'ère Hervé Renard.

Objectif dernier carré... et plus si affinité. Récemment traversée par une crise institutionnelle d'envergure, avec la mise en retrait provisoire de plusieurs cadres suivie de l'éviction de la sélectionneuse Corinne Diacre, l'équipe de France arrive en Nouvelle-Zélande et Australie avec de l'ambition. "Le dernier carré, il n'y a rien d'autre qui soit négociable avant. Et, si on a la chance d'être dans ce dernier carré, on pourra avoir des objectifs supérieurs", annonce d'entrée Hervé Renard, arrivé sur le banc des Bleues en mars dernier. 

Pourtant, après la victoire contre l'Irlande (3-0), le court revers des tricolores contre l'Australie (0-1), vendredi lors du dernier match de préparation à la Coupe du monde, est venu rappeler les limites actuelles de cette équipe. "C'est un bel avertissement, un 'welcome in Australia'. Cela nous permet de rentrer dans le vif du sujet", a relativisé, avec un petit sourire en coin, le sélectionneur après le coup de sifflet final. "On a trop souvent été les championnes du monde des matchs amicaux. Dans le passé, on gagnait nos matchs de préparation et derrière on ne faisait rien", a également positivé Kenza Dali, qui s'est imposée au milieu de terrain après plusieurs prestations abouties. Langue de bois ou méthode Coué, cette rhétorique a tout de même du mal à cacher le flou et les doutes qui entourent les Bleues avant leur entrée en lice dans la compétition. 

Henry, Cascarino, Katoto... Une pluie de blessures

Jamais titrées sur la scène internationale, la France entame ce Mondial (20 juillet, 20 août) minée par les blessures. Si l'arrière-garde est relativement épargnée, à l'exception notable de l'expérimentée Griedge Mbock, l'entrejeu est orphelin d'une Amandine Henry, longtemps écartée de la sélection mais dont le profil qui mêle abatage défensif, créativité et capacité à frapper de loin s'avère particulièrement précieux. La future joueuse de l'Angel City FC, qui a multiplié les pépins physiques cette saison, s'est blessée à l'entraînement lors de la préparation. Elle est forfait pour l'ensemble du tournoi. 

Mais surtout, la ligne d'attaque est décimée, car privée de deux ses meilleures joueuses avec les blessures de Marie-Antoinette Katoto et de Delphine Cascarino. Chacun dans leur registre - à la finition pour l'une, dans le dribble et la percussion pour l'autre -, elles semblent irremplaçables. Pour ne rien arranger, la jeune Selma Bacha, récemment testée sur une aile pour combler ce manque de talent de devant, s'est blessée à la cheville lors du match contre les Matildas. Sa présence pour la phase de poules est improbable. Tant et si bien que Kadidiatou Diani, qui sort d'un exercice particulièrement abouti en club (26 buts en 30 matchs), et l'inusable Eugénie Le Sommer (89 buts en 179 sélections) devront assumer une large partie des responsabilités offensives. Malgré tout, la plupart des formations favorites (États-Unis et Angleterre en tête) doivent faire face aux forfaits de certaines de leurs joueuses les plus importantes. De quoi, peut-être, niveler les écarts de niveau potentiels. 

Peu d'automatismes mais un tirage au sort clément

En plus, les coéquipières de Wendie Renard n'ont eu que peu d'occasions de peaufiner de nouveaux automatismes depuis l'arrivée de leur nouveau sélectionneur. Elles n'ont disputé que 360 minutes (quatre matchs) sous la houlette de l'ancien technicien sochalien. Cela représente un bien maigre capital temps pour établir des circuits de passes préférentiels ou pour s'adapter aux nouvelles consignes tactiques. "La première chose, c'est y croire, se mobiliser. Ne pas seulement se le dire, mais le faire. Et avoir un état d'esprit exceptionnel. Je ne connais pas d'autres recettes pour gagner", veut croire Hervé Renard. Mais il faudra surtout afficher une solidité mentale autrement plus importante que lors des derniers grands rendez-vous, les Bleues ayant eu la fâcheuse tendance à s'écrouler mentalement lors des matchs couperets. 

Heureusement, les tricolores, gratifiées d'un tirage au sort clément, devraient, au moins, avoir le temps de monter en puissance. Au-delà de la phase de groupes - où elles croiseront le fer avec la Jamaïque, le Brésil et le Panama -, elles sont assurées de ne pas rencontrer les Américaines, grandes favorites à leur propre succession, avant une hypothétique finale. 

Calendrier Coupe du monde féminine 2023.
Calendrier Coupe du monde féminine 2023. - FIFA

Les choses sérieuses commenceront en huitièmes de finale, où elles pourraient croiser l'Allemagne (mais une première place dans le groupe F pourrait leur permettre d'éviter la formation qui les avait sorties lors du dernier Euro). Elles pourraient ensuite être confrontées à l'Australie, l'Angleterre ou encore le Canada, pour une place dans le dernier carré. Un programme loin d'être insurmontable sur le papier mais que les incertitudes actuelles rendent d'autant plus épineux. 


Maxence GEVIN

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