Covid-19 : peur sur le Tour de France

E.B avec AFP
Publié le 10 juillet 2022 à 9h27
JT Perso

Source : Sujet TF1 Info

Le coronavirus s'est rappelé samedi au souvenir du peloton, au sein même de l'équipe UAE du maillot jaune, sous tension.
Deux coureurs, dont un coéquipier du Maillot jaune, ont vu leurs tests revenir positifs.
La promiscuité avec le public, une bulle sanitaire pas vraiment hermétique... le spectre du Covid plane sur le Tour.

Le virus s'est rappelé à leurs bons souvenirs. Et menace de gâche la fête. Samedi, alors que la 8e étape amenait le peloton entre Dole et Lausanne, deux premiers coureurs ont dû quitter la Grande Boucle sur test positif : le Français Geoffrey Bouchard chez AG2R et le Norvégien Vegard Stake Laengen, coéquipier de Tadej Pogacar au sein de Team UAE Emirates. Le jour même où le peloton retrouvait les routes helvétiques, théâtre d'une hécatombe d'abandons sur Covid-19 lors du Tour de Suisse le mois dernier. Seuls 76 éléments avaient terminé l'épreuve, quand ils étaient 152 au départ.

Le Tour de France n'en est pas là, mais l'ambiance est quelque peu retombée. Au départ de Dole, des gros bras de l'encadrement UAE Team Emirates ont joué les videurs, repoussant journalistes et invités derrière un cordon, à distance du car de l'équipe, comme si la fête était finie, rapporte un journaliste de l'AFP.

Nous sommes évidemment inquiets car il a été en contact avec les coureurs, toute l'équipe"

Adrian Rotunno le médecin de Team UAE Emirates

Au même moment, le directeur du maillot jaune, Mauro Gianetti, en grande discussion avec les médecins de la course, se plaignait de la foule autour du paddock : "Pourquoi y a-t-il autant de monde autour du car ?" "Nous faisons des tests tous les jours. Toute l'équipe est négative depuis dix jours, dont hier (vendredi). Mais ce (samedi) matin, Laengen a été testé positif", a expliqué le médecin de la formation émiratie Adriano Rotunno. Le Norvégien a eu la "gorge qui gratte dans la nuit", a détaillé son leader Tadej Pogacar en conférence de presse.

"Nous sommes évidemment inquiets car il a été en contact avec les coureurs, toute l'équipe", a reconnu le Dr Adriano Rotunno. Même si les coureurs d'UAE, a-t-il assuré, occupent des chambres individuelles, portent le masque et disposent chacun de leur propre masseur. Celui de Laengen a été renvoyé chez lui.

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Chez Jumbo, le niveau de précautions "est au maximum", assure le patron de l'équipe Richard Plugge. Purificateurs d'air à l'hôtel, nettoyage des chambres, la formation néerlandaise n'a pas desserré sa vigilance par rapport à 2020 et 2021, affirme-t-il. La formation est l'une des rares dont les passagers sont masqués et même dotés d'équipements FFP2. Quick-Step aussi mais il faut dire que l'encadrement de la formation belge a presque viré au cluster : trois nouveaux directeurs sportifs ont été appelés pour combler ceux infectés. 

Bien que le protocole Covid, révisé pour l'édition 2022, permette à un cas positif asymptomatique de rester en course, sur décision d'un collège tripartite (équipe, organisateurs, UCI), les retours à la maison sont courants. 

Et l'environnement du tour de France, son engouement populaire désormais débarrassé des restrictions liées au Covid n'est pas fait pour rassurer les équipes : Pogacar lui-même a pointé le public comme risque de contamination. "Tous les jours, dans les montées, il y a plein de monde à nous encourager en nous criant dessus, a-t-il décrit. C'est quelque chose que j'aime beaucoup, mais cela augmente également les possibilités d'infection par le virus. J'espère que ça en restera là".

Interrogé par Ouest-France avant le départ de la 8e étape, Marc Madiot, le manager général de la formation Groupama-FDJ, partageait son inquiétude, et plaidait pour des mesures strictes : "Il faut faire quelque chose. Il faut refermer. Recréer une bulle sanitaire, comme sur les deux dernières années. Même s’il est, sans doute, déjà trop tard". 


E.B avec AFP

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