Tour de France 2022 : la participation de Julian Alaphilippe "relève du contre-la-montre"

Yohan ROBLIN
Publié le 2 mai 2022 à 16h10
Le coureur tricolore de la Quick-Step Alpha Vinyl, Julian Alaphilippe.

Le coureur tricolore de la Quick-Step Alpha Vinyl, Julian Alaphilippe.

Source : ERIC LALMAND / BELGA / AFP

Sa lourde chute sur Liège-Bastogne-Liège pourrait contraindre Julian Alaphilippe à renoncer au Tour de France.
Un scénario que n'écarte pas Patrick Lefevere, le manager de l'équipe Quick-Step Alpha Vinyl.
Ce qui serait, à n'en pas douter, un coup dur pour la Grande Boucle.

Avec ou sans Julian Alaphilippe ? La question n'a pas fini d'angoisser le Tour. En convalescence après son effroyable chute sur Liège-Bastogne-Liège, le 24 avril, le premier double champion du monde tricolore sur route est engagé dans une course contre-la-montre. Pris dans une chute massive, dans la descente menant au col du Rosier, à une soixantaine de kilomètres de l'arrivée de la "Doyenne", le coureur de la formation Quick-Step Alpha Vinyl avait terminé sa course brutalement dans le fossé. Il avait été hospitalisé, souffrant de deux côtes cassées, d'une fracture de l'omoplate et d'un hémopneumothorax. 

Des blessures dont la gravité sème le doute sur sa présence au départ de la 109e édition de la Grande Boucle, qui s'élancera de Copenhague, le 1er juillet prochain. "La grande question est de savoir si Julian sera là lorsque le Tour partira au Danemark", a assuré Patrick Lefevere, le manager de l'équipe belge, dimanche 1er mai, dans la chronique hebdomadaire qu'il tient pour le journal Het Nieuwsblad. Selon lui, la participation du Français à la course-reine "relève du contre-la-montre"

Pour le Tour, cela va être très limite

Patrick Lefevere, manager de l'équipe Quick-Step Alpha Vinyl

"Pour qu'il puisse participer au Tour, il faudra que sa convalescence se déroule de façon parfaite", avait expliqué, la semaine passée, Tom Steels, l'un des directeurs sportifs du "Wolfpack". "La durée de guérison d'un pneumothorax est toujours une inconnue." Celle-ci peut en effet prendre deux à trois semaines, s'il n'y a pas de complication. "Dans le scénario le plus optimiste, Julian remontera sur son vélo à la mi-mai", a prédit Patrick Lefevere, qui compte organiser son équipe autour du coureur tricolore et du sprinteur néerlandais, Fabio Jakobsen. "Il lui restera alors six semaines avant le départ du Tour", a-t-il ajouté, bien que conscient, comme il l'a confié au Parisien, que "pour le Tour de France, cela va être limite."

"Le 15 mai, on décidera en fonction du rétablissement de Julian", a-t-il annoncé. De quoi chambouler considérablement la préparation du Vélo d'Or 2019, qui avait programmé à la mi-mai un stage en altitude dans la Sierra Nevada, en Andalousie, avant de participer, du 5 au 12 juin, au Critérium du Dauphiné, traditionnel prélude de la Grande Boucle avec ses répétitions d'étapes alpestres. Dans le meilleur des cas, il pourrait s'aligner sur le Tour sans le moindre jour de course dans les jambes.

Cyclisme : Julian Alaphilippe roi du monde... et de MontluçonSource : JT 13h Semaine
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S'il venait à ne pas être remis à temps, toute la stratégie de Quick-Step serait impactée. Seule certitude : le récent vainqueur de Liège-Bastogne-Liège, Remco Evenepoel, qui a prévu de disputer le Tour d'Espagne fin août, ne changera pas ses plans initiaux pour prendre le leadership de son équipe sur l'épreuve-reine. "Non, on ne va pas faire ça. Nous n'y avons même pas encore pensé. Et cela n'arrivera pas", a-t-il affirmé dans l'émission belge Extra Time Koers. "Le calendrier est fixé. L'année dernière, nous avons fait l'erreur de trop changer de programme." Un remplacement au pied levé aussi écarté par Patrick Lefevere. 

"Un Tour de France avec ou sans (Julian Alaphilippe) fait une grande différence, commercialement, mais aussi sportivement", a soutenu le patron de la formation belge, qui connaît la capacité de son coureur, vainqueur de six étapes du Tour, meilleur grimpeur 2018, en jaune pendant 14 jours et lauréat du prix du super-combatif en 2019, de se transcender. Pour le public français, sur les bords de routes ou devant leur télévision, avec ou sans lui, le Tour n'aura pas non plus la même saveur.


Yohan ROBLIN

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