Du 31 mai au 2 juin prochains, entre l’île d’If et Marseille, des centaines de nageurs s’élancent sur plusieurs kilomètres.
Objectif de cette course de loisir, aller au bout de soi-même et travailler sa détermination.
Dominique Lena, créateur et organisateur du défi, nous raconte l’engouement suscité par la plus grande concentration de nageurs en eau libre en Europe.

6 200 inscrits, plus de cinquante nationalités, dix courses d’un à six kilomètres… Les chiffres de la 26e édition du défi de Monte Cristo, entre le château d’If et la plage du Prado de Marseille, impressionnent. Du 31 mai au 2 juin, les matins et l’après-midi, plusieurs vagues de 350 nageurs vont s’élancer pour plusieurs kilomètres dans l’eau.

Les amateurs les plus aguerris et les professionnels partent du château d’If et rejoignent la plage du Prado. Les autres nageurs font des boucles de 1 à 3 kilomètres autour de la célèbre plage marseillaise. Pour Dominique Lena, créateur et organisateur du défi, il s’agit d’une "aventure humaine, souvent le challenge d’une vie pour certains, une expérience sportive extraordinaire". Dépassement de soi, courage et détermination deviennent les principaux objectifs. "Sur le plot de départ, nous avons des entreprises qui veulent réaliser ce défi entre collaborateurs, des personnes meurtries après des accidents ou le décès d’un proche qui cherchent à redonner un but à leur vie, des personnes aveugles, autistes ou avec une sclérose en plaques. Tout le monde est logé à la même enseigne et nous donnons à chacun la possibilité de concourir comme les autres."

Le défi de Monte Cristo, inspiré par Alexandre Dumas

En 1999, Dominique Lena termine son master en événementiel. Pour valider son cursus, il doit simuler l’organisation d’un événement : "Je faisais du water-polo en équipe de France. La Fédération française de natation voulait mettre en place un circuit de natation en eau libre. Tous les jours, je voyais le château d’If se déployer devant moi. Le DTN de l’époque m’envoie le cahier des charges du projet. Je connaissais le roman d’Alexandre Dumas et j’ai pensé reproduire l’évasion d’Edmond Dantès, héros du Comte de Monte-Cristo, à grande échelle." Le jeune communicant se lance et quelques mois plus tard, les 23 premiers nageurs s’élancent entre les vagues.

La notoriété du roman d’Alexandre Dumas fait le reste. "Notre course traverse rapidement les frontières. Un groupe de Russes, Biélorusses et Ukrainiens s’inscrit à 20 pour finir à 400 avant le Covid. Nous avons dû prendre un interprète pour les briefer. Nous devenons un rendez-vous", se réjouit son créateur. Depuis sa création, le défi fait office d’étape de Coupe de France de natation en eau libre. "Nous profitons de conditions optimales avec une eau agréable, même si parfois le mistral peut nous jouer des tours. Une soixantaine d’embarcations assurent la sécurité des concurrents, les encouragent et les aident à s’orienter. Nous avons également un médecin urgentiste et des secouristes au cas où", décrit Dominique Lena.

Sur le quai de l’île d’If, les nageurs aperçoivent Marseille. "La rade de Marseille se déploie devant nous, c’est un panorama exceptionnel. En arrière-plan, la Corniche, Notre-Dame de la Garde… Une fois sur l’île, les compétiteurs se rendent compte que la nage devient la seule perspective possible pour revenir sur le continent. C’est pour eux une vraie aventure", s’amuse Dominique Lena.

Une course écoresponsable

Défi dans le défi, faire de cette course une référence écologique. "Devenir un événement sportif écoresponsable, c’est un travail collectif pour protéger l’environnement, économiser l’eau, réduire les déchets, réparer, réutiliser, changer les habitudes, et d’abord les nôtres", décrit l’organisation sur son site. La mer Méditerranée tend à devenir une des plus polluées au monde. Pour le défi, impossible d’ignorer les effets néfastes des déchets plastiques pour la biodiversité. L’organisation se donne désormais plusieurs objectifs : zéro plastique, tri et recyclage des déchets, économiser les ressources, protéger les plages, collecter et revaloriser les mégots de cigarette, réduire la consommation d’énergie, valoriser les circuits courts… Les villages de départ et d’arrivée respectent scrupuleusement ces principes.

Forte de son succès, la course se duplique à partir de septembre. "Nous avons d’autres histoires à raconter. Entre l’île Verte et la Ciotat, les nageurs traverseront également le bras de mer au cœur des calanques", se réjouit Dominique Lena. Il envisage déjà de trouver d’autres îles en Méditerranée pour reproduire un défi similaire.

Pour tout savoir de la course, rendez-vous sur le site du Défi de Monte Cristo.


Geoffrey LOPES

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