Des JO d'hiver de Pékin sous le signe du Covid

Ce que les femmes font (toujours) différemment des hommes aux JO d'hiver

Maxence GEVIN
Publié le 10 février 2022 à 13h27
Chloé Kim, championne olympique de halfpipe féminin.

Chloé Kim, championne olympique de halfpipe féminin.

Source : Marco BERTORELLO / AFP

Au fil des éditions, les différences et inégalités entre les athlètes masculins et féminins tendent à se résorber aux Jeux Olympiques.
Toutefois, plusieurs disparités subsistent aux JO d'hiver, à commencer par la programmation des épreuves.
Tour d'horizon à Pékin.

Les écarts se resserrent entre hommes et femmes aux Jeux Olympiques d'hiver. Pas moins de 109 épreuves figurent au programme de cette 24e édition, dont 46 féminines. Ce chiffre record a été atteint grâce à l'ajout de deux nouvelles épreuves réservées aux femmes : le monobob (bobsleigh) et le big air (ski acrobatique). En comptant les disciplines mixtes (relais notamment), les sportives participeront à 53% des épreuves en Chine, une hausse par rapport aux 47% enregistrés à  PyeongChang en 2018. Les quotas d'athlètes ont également été ajustés. Ainsi, ces JO de Pékin (du  4 au 20 février 2022) sont "les plus équilibrés en termes de genre de l’histoire, avec plus d’athlètes féminines (1314, soit 45,44%, contre 41,2% il y a quatre ans, ndr) et plus d’épreuves féminines que lors de tous les Jeux précédents", se félicite le Comité International Olympique (CIO), qui organise les Jeux. 

Une meilleure visibilité

En outre, des modifications ont été apportées au calendrier, de manière à mettre un maximum en valeur les sports féminins. Deux épreuves pour les dames - mass start (12,5 km) en biathlon et le bob à deux en bobsleigh - ont été déplacées au dernier samedi des Jeux. En tout, cette ultime "vraie" journée de compétition proposera neuf heures d'épreuves féminines, contre cinq quatre ans plus tôt. 

Cette volonté de tendre vers la parité se retrouve aussi au niveau de la cérémonie d'ouverture où plus de 65% des délégations avaient choisi deux athlètes (une femme et un homme) pour porter ensemble le drapeau de leur pays. À noter que trois nations ont, pour la première fois, envoyé des femmes aux JO d'hiver : l'Équateur (Sarah Escobar), le Kosovo (Kiana Kryeziu) et la Malaisie (Aruwin Salehhuddin). 

Toujours pas de combiné nordique féminin

Pour autant, tout n'est pas encore parfaitement équilibré entre hommes et femmes aux olympiades d'hiver. Dans les sports de glisse, des particularités genrées sont encore d'actualité. Les femmes n'ont ainsi pas (encore) d'épreuve de luge double, au contraire de leurs homologues masculins. Néanmoins, elle frappe à la porte pour 2026. Même logique en bobsleigh où l'on retrouve d'un côté le monobob féminin - qui fait son apparition cette année - et de l'autre côté le bob à quatre, uniquement masculin. 

Surtout, le combiné nordique demeure l'apanage des hommes aux JO. Une anomalie puisque les deux sports qui composent cette discipline - saut à ski et ski de fond - sont au programme de Beijing2022, aussi bien du côté masculin que féminin. Motif d'espoir pour les athlètes concernées, le combiné nordique féminin a été intégré aux Jeux olympiques de la Jeunesse - souvent utilisés comme une plateforme d'innovation pour les Jeux Olympiques classiques - en janvier 2020. Son entrée aux JO semble incontournable, d'autant plus si le CIO veut, comme il le dit, atteindre la parité en 2026 à Milan.

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De même, les femmes disputent des distances plus courtes que les hommes dans presque tous les sports d'hiver : biathlon, ski de fond ou encore patinage de vitesse. Des inégalités qui subsistent à l'heure où celles dans l'athlétisme, y compris pour le marathon, ont été effacées. Autre exemple, le hockey sur glace où les charges physiques sont interdites aux femmes. Une manière, selon les instances, de fluidifier le jeu et de le rendre davantage porté sur les passes... mais qui contraste avec le règlement chez les hommes.


Maxence GEVIN

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