"Énorme branlée" et "modèle inadapté", le gros coup de gueule de Pascal Papé contre le rugby français

Le service METRONEWS
Publié le 18 octobre 2015 à 9h00
"Énorme branlée" et "modèle inadapté", le gros coup de gueule de Pascal Papé contre le rugby français

COUPE DU MONDE DE RUGBY - A la sortie de son dernier match sous le maillot tricolore, une déroute face aux All Blacks (62-13), le deuxième ligne en avait gros sur la patate. Et Pascal Papé (35 ans, 65 sélections) n'a pas hésité à s'en prendre au rugby français qui doit se réformer pour espérer avoir une équipe de France plus performante. Extraits.

Un constat d'échec général
"Nous, on y croyait quand même, avec la préparation, on se disait qu’avec une grosse période de physique, on pouvait rattraper le retard qu’on avait depuis quelques années. C’est dur que ça se finisse comme ça, par une énorme branlée. Mais je crois aussi que le problème est plus profond, on est dans un schéma de championnat compliqué où on est obligés de faire 40 matches par an… Ces conneries de ce soir, ça montre que quand tu joues une équipe qui a joué 20 matches dans l’année, qui est réunie quasiment toute l’année, qui vit quasiment comme un club…"

Un besoin de réforme
"Evidemment qu’on est les premiers fautifs car ce soir (samedi soir), c’est nous qui étions sur le terrain mais depuis quatre ans, je suis désolé… Même avant c’était déjà compliqué. Il faut que le rugby français se mette autour d’une table et qu’on pense un peu équipe de France, qu’on n’arrête un peu de regarder le bout de son nez car sinon, tout prochain sélectionneur sera dans la galère. Il n’y aura pas de magicien en équipe de France. Il faut aussi écouter les joueurs. Ça fait déjà quatre ans qu’on en parle et cette Coupe du monde, c’est aussi à l’image de ce qui ne va pas dans nos structures et dans notre rugby. Notre modèle n'est plus adapté."

L'illusion de 2011
"2011, c’est un parcours atypique. Personne ne le refera. Tu perds deux matches de poule, tu te qualifies quand même. Tu fais un exploit contre l’Angleterre (en quart de finale, ndlr), t’as de la chance contre les Gallois et tu fais un gros match en finale. Mais voilà, ça a été un pansement à ce moment-là. Depuis 2011, ça commençait à se sentir… Le rugby, il évolue dans tous les autres pays, on voit que toutes les équipes nationales évoluent, sauf nous. Je me fais du souci pour les nouvelles générations car ça va être de pire en pire. Donc il faut se poser les questions."

Les joueurs et le XV de France au centre
"Moi, j’ai simplement envie d’envoyer une alerte, les joueurs ne sont pas assez écoutés, ça fait un moment qu’on se bat, qu’on dit qu’on a beaucoup trop de matches. Il faut que la Ligue et la Fédération se mettent d’accord pour qu’on tire tous pour l’équipe de France car c’est quand même la vitrine du rugby en France. Si un jour on veut être champions du monde et avoir une équipe de France performante, il faut aussi s’asseoir et discuter parce que là ce n’est plus possible. Je tenais à la dire car ça me fait chier depuis cinq ans. On le sent tous. Il ne faut pas qu’on se cache et qu’on ouvre aussi notre gueule parce que c’est nous qui sommes sur le terrain."

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