La basketteuse Brittney Griner libérée des geôles russes contre un trafiquant d'armes

Libération de la basketteuse Brittney Griner : le retour aux États-Unis d'une championne engagée

par Dylan VEERASAMY
Publié le 8 décembre 2022 à 17h53, mis à jour le 8 décembre 2022 à 18h15
JT Perso

Source : TF1 Info

Près de 300 jours après son incarcération, la basketteuse Brittney Griner est désormais libérée.
La championne américaine, égérie des communautés LGBT+ et Afro-Américaine, fera son retour aux États-Unis sous peu.
Une victoire pour l'athlète, qui a récolté les succès sur les terrains de basketball depuis plus de 10 ans.

Sa détention aura duré 294 jours. Près de dix mois après son arrestation, Brittney Griner est désormais libre, grâce à un échange de prisonniers entre les États-Unis et la Russie. Arrêtée à Moscou en février dernier pour avoir transporté une vapoteuse et du liquide contenant du cannabis, la star de la WNBA a vu sa carrière prendre un coup d’arrêt immense à l'âge de 32 ans.

Une domination totale sur le terrain

Mesurant 2.06m et premier choix de la Draft WNBA en 2013, dans l’antichambre féminin de la NBA, Brittney Griner a rapidement confirmé que ses performances universitaires n’étaient pas anodines. Avec un physique hors norme, l’Américaine impressionne et domine immédiatement sur les parquets de la ligue professionnelle américaine, où elle fait partie des rares joueuses à pouvoir effectuer un dunk. "Nous nous disions simplement 'C'est le futur du basket'", racontait au magazine Time, Diana Taurasi, sa coéquipière au Mercury de Phoenix, avec qui elle remportera un titre WNBA dès sa seconde saison professionnelle. Une équipe qui n’a cessé de la soutenir depuis son emprisonnement en Russie.

C’est notamment dans le pays de l’Europe de l’Est que la star américaine a engrangé ses nombreux trophées, avec la formation d’Iekaterinbourg, où elle remporte le championnat local durant cinq saisons consécutives, entre 2016 et 2020, sans oublier quelques titres européens. Avec Team USA, elle décroche notamment l’or olympique en 2016 et 2020 lors de Jeux de Rio et de Tokyo.

Un symbole dans la communauté LGBT+ et Afro-Américaine

Affirmée sur les terrains, Brittney Griner l’est également en dehors des parquets. Avant même d’être sélectionnée lors de la Draft WNBA, la basketteuse effectue son coming-out au cours d’un entretien avec le magazine Sports Illustrated, dans lequel elle révèle notamment le harcèlement subi durant sa jeunesse. "C'est dur. Être harcelée parce qu'on est différent. Le fait d'être plus grande, ma sexualité, tout", racontait-elle au magazine. Un harcèlement qui aura lieu y compris au sein de sa famille, comme elle le raconta dans son autobiographie sortie en 2014, In my skin, lorsque son père la chassa du domicile familial après avoir révélé son orientation sexuelle.

Figure de la communauté LGBT+, la native de Houston est devenue la première égérie homosexuelle de Nike, où elle pose notamment dans des vêtements appartenant aux collections masculines. Un symbole envoyé par l’athlète, se revendiquant des genres masculin et féminin : "On me disait que je devais choisir entre féminin et masculin, mais moi, j’avais en quelque sorte envie d’être les deux, parce que c’est ce que je suis", expliquait-elle à ESPN, en 2015.

Athlète issue de la communauté Afro-américaine, Brittney Griner s’était fait entendre en 2020, en demandant à la WNBA de ne plus faire jouer l'hymne national avant les matches, après les morts de George Floyd et de Breonna Taylor. Une décision qui a fait énormément de bruit et qui suivait le mouvement de contestation chez les sportifs américains, lancée par le footballeur américain, Colin Kaepernick.

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De retour aux États-Unis dans les prochaines heures, Brittney Griner retrouvera ses proches, mais aussi ses coéquipières, qui n’ont cessé de la soutenir durant la totalité de sa détention, notamment en décidant de ne pas attribuer son numéro 15 avec la sélection, et le numéro 42 avec sa franchise de l’Arizona.


Dylan VEERASAMY

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