Au bord du gouffre, menée d'un but à une seconde de la fin du temps réglementaire, la France a arraché la prolongation, vendredi 26 janvier, en demi-finales de l'Euro.
Les Bleus, qui ont finalement battu la Suède (34-30) pour se qualifier pour la finale, ont été sauvés sur le gong par Elohim Prandi, auteur d'un jet franc miraculeux.
Un but déjà entré dans l'Histoire du sport français.

"Un truc de dingue", "venu d'ailleurs", "une chance sur mille de marquer"... Alors que les Bleus était menés d'un but par la Suède (26-27), vendredi 26 janvier, en demi-finales de l'Euro, Elohim Prandi est sorti de sa boîte. L'arrière du PSG, qui était jusque-là loin de réaliser un grand tournoi (15 buts en 31 tirs), a sauvé les Bleus en claquant un tir d'anthologie à la dernière seconde. Il a transformé un jet franc, sorte de coup franc, au buzzer pour arracher une prolongation inespérée (27-27).

Remise sur les rails, l'équipe de France s'est finalement imposée (34-30), s'offrant une finale contre le Danemark, dimanche 28 janvier (à 17h45, en direct sur TF1, TF1+ et sur TF1info), où elle tentera de soulever son premier titre européen depuis 2014.

Un shoot flashé à 118 km/h

"C'est un but venu d'ailleurs alors qu'on était à moitié mort. C'est un truc de dingue", a lâché au micro de TMC le sélectionneur tricolore, Guillaume Gille, pas encore redescendu de son nuage. À 12 mètres, Elohim Prandi, stoïque, a fracassé la barre, les filets et les espoirs suédois d'un tir surpuissant, flashé à 118 km/h. Un vrai boulet de canon. "C'est le genre de tir qu'il pourrait essayer quelques dizaines de milliers de fois chez lui, à l'entraînement. Je crois que c'était écrit (...) Dans ce genre de situation, en étant rationnel, tu sais qu'il y a quand même une chance sur mille de mettre un but."

Le plus beau but que j'ai vu de ma carrière
Samir Bellahcene, gardien de l'équipe de France

Avant ce geste irréel, sorti tout droit d'un jeu vidéo, le miracle paraissait tout bonnement impossible. Les Tricolores se voyaient déjà reversés en petite finale. "Je me dis que c'est mort", a raconté Dika Mem. "Après, je sais qu'il est capable de le faire, parce qu'il en a mis pas mal en championnat de France, mais là, on est en demi-finale de l'Euro. En plus, il tire par en dessous, je le vois partir, et je me dis que c'est fini." Pas pour le "vétéran" Nikola Karabatic

"J'avais Kentin (Mahé) et Val' (Porte) à côté de moi. (...) Je leur ai répété : 'Pensez positif, il va le mettre, il va le mettre'", a assuré le joueur le plus capé du championnat d'Europe. "Je sais qu'Elo a une qualité de shoot incroyable, qu'il a un bras capable de marquer dans cette position. Je savais quelque part qu'il allait le mettre." "Sincèrement, c'est le plus beau but que j'ai vu de ma carrière", a applaudi Samir Bellahcene, révélation dans la cage française.

Un tir incroyable qu'Elohim Prandi a célébré à la façon d'Eric Cantona, torse bombé et regard perçant. "Ça a été un moment hyper, hyper fort en émotions. Je tire fort, j'ai un bon bras, et je cadre plutôt bien, ça m'arrive. J'ai préféré passer sur le côté parce que j'avais la capacité à pouvoir remonter la balle. C'est rentré", a expliqué après coup le héros du soir, fils des ex-internationaux Raul Prandi et Mézuela Servie, pour décrire son "éclair de génie"

"C'est fou franchement. Je ne vois pas la balle avant le dernier moment", a admis le gardien suédois, Andreas Palicka, resté sans réaction sur le jet franc du "Bison", son partenaire au PSG. "C'est quasi impossible à arrêter, surtout quand c'est si puissant." Un coup de massue salvateur qui a ébranlé la Suède, qui avait porté réclamation, estimant que le joueur tricolore avait le pied décollé du sol au moment de déclencher. Ce que le règlement interdit. Ce recours n'a finalement pas abouti, la commission de discipline de la Fédération européenne (EHF) jugeant la protestation "irrecevable".


Yohan ROBLIN

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