Fébrilité défensive, blessures... Faut-il s'inquiéter pour Paris avant PSG-Bayern ?

Publié le 9 février 2023 à 12h30

Source : Sujet TF1 Info

Dépassé dans l'intensité, le Paris Saint-Germain s'est incliné mercredi contre Marseille (2-1), en huitièmes de finale de la Coupe de France.
Ce revers, déjà le troisième de l'année 2023, sème le doute sur le niveau du club de la capitale, à moins d'une semaine du choc contre le Bayern Munich en huitièmes de finale de la Ligue des champions.

C'est sérieux, docteur ? Entreprenant et supérieur dans l'engagement, l'Olympique de Marseille a enfoncé le Paris Saint-Germain, en plein doute au pire moment. Les joueurs d'Igor Tudor se sont logiquement imposés (2-1), mercredi 8 février en huitièmes de finale de la Coupe de France, dans un stade Vélodrome survolté. Ce revers, symptomatique des difficultés actuelles, fait ressurgir les spectres d'un énième printemps difficile côté parisien. Alors, dans quelle mesure faut-il s'inquiéter pour Marquinhos et les siens, à cinq jours du choc contre le Bayern Munich en Ligue des champions ?

Déjà trois défaites en 2023

Une défaite supplémentaire, qui fait trois. Après une première moitié de saison globalement convaincante - marquée par plusieurs victoires mémorables contre Lille (1-7), le Maccabi Haïfa (7-2) et la Juventus Turin (2-1, 1-2) -, le PSG a (difficilement) retrouvé le chemin de la compétition après une Coupe du monde au dénouement difficile pour nombre de ses éléments. Jusque-là invaincu dans cet exercice, il est d'abord tombé à Bollaert-Delelis (3-1), débordé par le collectif léché du RC Lens. Quelques jours plus tard, le club de la capitale s'est incliné à Rennes (1-0) avant de concéder le nul contre Reims (1-1). 

Ces accrocs sont loin d'être anodins. Depuis le début de l'année 2023, les hommes de Christophe Galtier n'ont gagné qu'à six reprises (en dix matchs), à chaque fois contre des adversaires relativement modestes. Au contraire, ils ne sont jamais parvenus à hausser leur niveau face à des formations d'un plus gros calibre. Les trois défaites de ce début d'année partagent des traits communs : un bloc déséquilibré et une incapacité chronique à réagir face à un pressing intense et organisé. À cela s'ajoutent une fébrilité défensive criante - incarnée par un Sergio Ramos toujours aussi prompt à aller au combat mais désormais souvent dépassé -, un déchet technique trop important et un manque d'implication patent. 

La tuile Kylian Mbappé...

Même l'attaque, qui a régulièrement semblé inarrêtable depuis l'arrivée de Lionel Messi, ne semble plus fonctionner aussi bien. Champion du monde en décembre dernier, la "Pulga" peine à retrouver le rayonnement qui était le sien avant son départ au Qatar. À son manque de courses à haute intensité s'ajoutent un investissement douteux et une imprécision dans le dernier geste inhabituel. Son compère brésilien Neymar ne fait pas beaucoup mieux. De retour de blessure mercredi, il a certes distillé une passe décisive sur corner. Mais il s'est surtout illustré par une succession de mauvais choix et de pertes de balle. Ajoutons à cela qu'avec Kylian Mbappé blessé, et absent pour le huitième de finale aller contre le Bayern Munich, les Parisiens n'ont même plus l'arme de la profondeur pour tirer profit des espaces laissés par les équipes proactives. 

Pourtant, c'est sans doute, encore une fois, au milieu que sont à chercher les causes des défaillances actuelles des pensionnaires du Parc des Princes. Comme souvent ces dernières saisons, Marco Verratti surnage balle au pied mais manque d'impact dans les duels et à la perte de balle. Et comme souvent, il est globalement trop seul dans ce secteur de jeu. Fabian Ruiz, Carlos Soler, Danilo Pereira ou Vitinha, brillant lors de ses premiers mois en France, n'apportent pas suffisamment de garanties sur le plan technique. Ces difficultés sont apparues au grand jour contre l'OM. Il a fallu attendre l'entrée du jeune Warren Zaïre-Emery (16 ans), au four et au moulin au cours de sa demi-heure de jeu, pour voir, enfin, une étincelle. 

On ne peut plus rien y faire, on est éliminés
Christophe Galtier

Au-delà des joueurs, c'est aussi sur le banc que Paris inquiète. Après ses débuts sur les chapeaux de roue, Christophe Galtier semble peiner à trouver la bonne formule (3-4-3, 4-4-2 en losange, 4-4-2 à plat, utilisés lors des dernières rencontres). Et ce n'est pas la rencontre contre Marseille, lors de laquelle il a été dépassé sur le plan tactique par son homologue du soir, Igor Tudor, qui est de nature à rassurer. Comme ses prédécesseurs, l'entraîneur français parait progressivement succomber à une forme d'impuissance. "On va récupérer rapidement, nettoyer les têtes, pour que cette déception ne soit pas un poids important. On ne peut plus rien y faire, on est éliminés", a-t-il simplement lâché après le coup de sifflet final au Vélodrome. 

Les côtés, le salut du PSG ?

Heureusement, tout n'est pas noir. Fortement sollicités ces dernières semaines, les "titis" parisiens ont donné de solides garanties. Outre le prodige Zaïre-Emery, qui a fait son trou dans la rotation, Ismaël Gharbi ou encore El Chadaille Bitshiabu ont plutôt répondu aux attentes. Même si Hugo Ekitike, arrivé à grands frais de Reims, peine à confirmer les espoirs placés en lui, la jeunesse est loin de démériter. Mais leur importance dans le dispositif parisien est, en elle-même, une source d'inquiétude. Autre motif d'espoir, les latéraux.

Il convient aussi de souligner que la paire de latéraux Nuno Mendes-Achraf Hakimi fait partie de ce qui se fait de mieux au monde. Et contre Marseille, ils ont tous deux montré qu'ils avaient des jambes, multipliant les incursions tranchantes dans le camp adverse.

Enfin, Kylian Mbappé pourrait être de la partie pour le match retour contre le Bayern Munich. Un facteur susceptible de renverser la tendance, quand bien même le buteur français est forfait pour le match aller (14 février, 21h) contre l'ogre bavarois. Un retour en forme des hommes forts de la capitale - à commencer par Lionel Messi et Neymar - pour les grandes joutes européennes, n'est pas non plus à exclure. C'est en tout cas ce que veut croire Gianluigi Donnarumma. "Chaque match a son histoire", estime le gardien italien. "Nous avons eu des difficultés mais on a des champions qui sont capables de relever l'équipe. Et ils le feront", prédit-il. Une chose est sûre, Paris en a grandement besoin.


Maxence GEVIN

Tout
TF1 Info