Chaos au Stade de France : après le fiasco, le temps des explications... et des enquêtes

Fiasco du Stade de France : les vidéos de surveillance détruites

Maxence GÉVIN
Publié le 9 juin 2022 à 18h42, mis à jour le 9 juin 2022 à 18h55
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Entendu ce jeudi par le Sénat, le directeur des affaires institutionnelles de la FFF a précisé le sort des images capturées par la vidéosurveillance lors de la finale de Ligue des champions, qui a viré au fiasco au Stade de France.
Au bout de sept jours, ces vidéos sont automatiquement détruites si elles ne sont pas réquisitionnées par la justice, a expliqué Ervan Le Prevost.

Les enquêtes et les auditions suivent leur cours. Ce jeudi, soit treize jours après les scènes de chaos vues au Stade de France lors de la finale de Ligue des champions entre le Real Madrid et Liverpool, c'était au tour du préfet Didier Lallement d'être entendu par une commission sénatoriale, mais également d'une délégation de la Fédération française de football (FFF). Lors de cette audition, la FFF a décrit les images de vidéosurveillance, enregistrées lors de cette triste soirée, comme "extrêmement violentes". 

Mais, manifestement, ces images n'existent plus. "Les images sont disponibles pendant sept jours. Elles sont ensuite automatiquement détruites", affirme Erwan Le Prévost, directeur des relations institutionnelles et internationales de la fédération. "On aurait dû avoir une réquisition pour les fournir aux différentes populations", tance-t-il.

Des preuves ont été détruites par, au moins, incompétence

David Assouline

Face à l'étonnement du Sénat, qui a souligné qu'une information judiciaire avait pourtant été ouverte très rapidement, le dirigeant a rétorqué que "la justice a été saisie (...) sur la fausse billetterie". Au contraire, aucune procédure portant spécifiquement sur les violences survenues aux abords de l'enceinte dionysienne n'a été ouverte. Un argument qui a suscité la colère de David Assouline. "Ce qui vient d'être dit est très important, voire grave. J'aurais bien aimé que le préfet (Didier Lallement, NDLR) soit auditionné après vous. (...) Des preuves ont été détruites par, au moins, incompétence. Je n'ai pas envie de penser que c'est fait exprès. C'est très grave. C'est une responsabilité très importante de l'autorité publique", a fustigé le sénateur de Paris. 

Les autorités "pas préparées à un tel afflux de délinquants"

Dans un second temps, la FFF a affirmé que les autorités n'étaient "pas préparées à un tel afflux de délinquants" aux abords du Stade de France. Erwan Le Prévost a cité "des comportements hors normes, des gens rentrés à travers des restaurants", d'autres qui "ont cassé la grille d'une école pour rentrer, des gens entrés par le chantier d'une passerelle". Il a également incriminé la RATP, coupable selon lui, d'un manque d'information. "Si nous avions eu les informations en temps réel du détournement des flux du RER B (en partie en grève, NDLR) vers le RER D, nous aurions pu repenser notre dispositif en début d'après-midi. La préfecture non plus n'avait pas eu l'information", a-t-il insisté. "La RATP nous a envoyé un flux de supporters ininterrompu", lance-t-il encore. 

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Malgré tout, le vice-président délégué de la FFF, Philippe Diallo, a tenu à exprimer "un regret très sincère au nom de la FFF sur les incidents". "Nous ne sommes ni des novices, ni des amateurs, l'organisation de l'Euro-2016, de la Coupe du monde féminine 2019 sont d'autres exemples du savoir-faire français en matière d'accueil des grandes compétitions", rappelle-t-il. 


Maxence GÉVIN

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