Ballon d'Or 2022 : personne ne le méritait plus que Karim Benzema

Publié le 17 octobre 2022 à 22h05
JT Perso

Source : Sujet TF1 Info

Immense favori pour le Ballon d'Or, Karim Benzema a reçu la prestigieuse distinction individuelle, lundi 17 octobre.
Ce prix, qui lui était promis depuis longtemps, consacre l'attaquant du Real Madrid, auteur à 34 ans de la meilleure saison de sa carrière.
Le natif de Bron devient le cinquième joueur français à être récompensé, le premier depuis... Zinedine Zidane en 1998.

Pouvait-il en être autrement ? Après une décennie "de toi à moi" entre Lionel Messi et Cristiano Ronaldo, à l'exception de l'intermède croate Luka Modric en 2018, le Ballon d'Or s'est trouvé un nouveau propriétaire. Si l'identité du futur lauréat 2022 faisait peu de doute, le grandissime favori ayant déjà, disait-on, neuf doigts posés sur le Graal individuel tant convoité, il manquait encore l'officialisation. Elle est arrivée, lundi 17 octobre, à l'occasion d'une cérémonie en grande pompe au théâtre du Châtelet à Paris. Pour le symbole, et surtout pour l'image, Karim Benzema a reçu la prestigieuse distinction des mains de son ancien entraîneur Zinedine Zidane, dernier joueur français à l'avoir soulevée 24 ans plus tôt.  

Un couronnement aussi historique - il devient le cinquième Français "seulement" à être récompensé après Raymond Kopa (1958), Michel Platini (1983, 1984, 1985), Jean-Pierre Papin (1991) et donc "Zizou" (1998) -  qu'unanime. Selon les premières remontées des votes, l'attaquant du Real Madrid devancerait largement Sadio Mané, pourtant champion d'Afrique avec le Sénégal et finaliste de la Ligue des champions avec Liverpool. L'écart de points annoncé entre le vainqueur et son dauphin serait tel qu'il ferait de l'enfant de Bron, qui soufflera ses 35 bougies, le 19 décembre prochain, au lendemain de la finale du Mondial qatari, l'un des Ballons d'Or les plus indiscutable de l'histoire. Un Ballon d'Or qui ne souffre d'aucune contestation, tant il s'est imposé comme une évidence.

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"Cette année, il n'y a pas de doute pour moi", avait assuré au média argentin TyC Sports le septuple vainqueur Lionel Messi, absent de la liste des 30 nommés pour la première fois depuis 2005, se joignant à la longue liste de ses soutiens à "KB9", parmi lesquels son idole Ronaldo. Même ses concurrents, Robert Lewandowski en tête, ne se faisaient guère d'illusion. "Il est probablement l'un des favoris pour gagner, s'ils ne l'annulent pas, évidemment", avait ainsi ironisé sur la Movistar l'attaquant polonais du Barça, faisant référence à l'annulation de l'édition 2020 à cause de la pandémie de Covid-19, alors que le trophée lui était promis. 

Le Ballon d'Or était "un objectif"

Dans la forme de sa vie, se bonifiant avec le temps qui passe, Karim Benzema a réussi une campagne 2021-2022 exceptionnelle, reflétée par des statistiques à faire pâlir tout un chacun (50 buts et 16 passes décisives en club et en sélection, toutes compétitions confondues). Une saison en or sur le plan personnel qu'il a transposée collectivement. "Cette année a été la meilleure de ma carrière au niveau personnel", affirmait-il cet été après avoir reçu le trophée UEFA de meilleur joueur de l'année. À Madrid, où il a glané sa cinquième Ligue des champions et son quatrième titre de champion d'Espagne, il n'a jamais été aussi influent, que ce soit sur les résultats, le jeu ou la vie de groupe, dans ce club habitué à tout gagner. 

"Quand Cristiano Ronaldo était là, Benzema avait l'humilité de rester en retrait, parce qu'il savait ce qu'il représentait pour l'équipe", analysait l'ancien défenseur de Manchester United Rio Ferdinand. Trop souvent (et faussement) réduit à un rôle de simple "lieutenant" de "CR7", l'ancien Lyonnais a juste vu la lumière des projecteurs se déporter sur lui, lorsque le quintuple Ballon d'Or est parti sévir sous d'autres cieux. "Pendant longtemps, il a été éclipsé par Cristiano Ronaldo, surtout dans les médias, mais aujourd'hui il reçoit enfin l'attention et la reconnaissance qu'il mérite", expliquait à SPORT1 le milieu de Manchester City Ilkay Gündogan.

Karim Benzema, buteur héroïque face à Manchester City, le 4 mai 2022.
Karim Benzema, buteur héroïque face à Manchester City, le 4 mai 2022. - JAVIER SORIANO / AFP

"Sorti de l'ombre" du Portugais, ses performances, enfin considérées à leur juste valeur, avaient fait de lui un candidat crédible en 2021. Mais ses statistiques flamboyantes (30 buts et 9 passes décisives en 46 matchs) n'ont pas suffi. Sa saison blanche de trophées, à l'exception de la Ligue des nations (remportée pour son retour en Bleu, après plus de cinq ans d'absence), l'a stoppée au pied du podium (4e), son meilleur classement en neuf citations. "L'an dernier, je n'étais pas loin, mais je n'avais pas remporté de trophée (en club)", avait-il admis dans L'Équipe, le 4 avril dernier. Mais en s'approchant aussi près du Top 3, l'appétit est venu. Et, logiquement, en jouant pour la véritable "usine à Ballons d'Or" qu'est "la Maison Blanche" (Alfredo Di Stéfano, Raymond Kopa, Luis Figo, Ronaldo, Fabio Cannavaro, Cristiano Ronaldo et Luka Modric), c'est devenu "un objectif".

Une saison maîtrisée de bout en bout

Que ce soit en Liga, que le Real Madrid a conquis grâce à ses 27 réalisations (meilleur buteur) et 12 passes décisives (deuxième meilleur passeur, derrière le Barcelonais Ousmane Dembélé), ou en Ligue des champions, où il a inscrit 15 buts, dont 10 en phase à élimination directe - ce que seul Cristiano Ronaldo avait réussi lors de la saison 2016-2017 -, le "Nueve" a transformé tout ce qu'il a touché en or. Presque à lui seul, il a fait basculer la saison des Merengues. "Ils devraient déjà écrire son nom sur le prochain Ballon d'Or", s'était enthousiasmé Rio Ferdinand, après son triplé contre Chelsea (3-1, 2-3) en quarts de finale, son deuxième après celui... en 16 minutes contre le PSG (0-1, 3-1), au tour précédant. 

Et comme si ce n'était pas assez, son doublé, et surtout sa prestation phénoménale en demi-finale aller contre Manchester City (4-3), ont donné encore plus de poids à sa candidature pour la distinction suprême. "Quel match fantastique ! Donnez le Ballon d'Or à mon gars 'Benzi'", avait tweeté son ancien coéquipier, Mesut Özil. Au retour, il a renfilé son costume de héros dans son antre de Bernabeu, laissant incrédules les Cityzens de Pep Guardiola. Au terme d'un scénario dingue, il a parachevé la nouvelle remontada madrilène (3-1, a.p.) en offrant la qualification aux siens.

Kylian Mbappé sorti en huitièmes, Robert Lewandowski en quarts et Kevin De Bruyne en demies, seul Sadio Mané semblait alors en mesure de l'empêcher de refermer sa main sur la récompense. Malgré de beaux arguments, l'ancien joueur du FC Metz, qui ambitionnait de devenir le deuxième Africain sacré, après le Libérien George Weah en 1995, s'est rendu compte à son tour qu'il était impossible de lui disputer son triomphe. Dans leur "finale" à deux, le vice-champion d'Angleterre avec Liverpool s'est incliné en finale de la C1 (1-0) face au Real Madrid de "KB9".

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Un échec qui a fini de tuer le suspense dans la course à la plus grande des récompenses individuelles. "Je pense que Karim mérite largement le Ballon d'Or cette année et je le pense sincèrement", a reconnu au micro de Canal+ Sadio Mané la semaine dernière. "Je suis content pour lui." Même dans la tête de son principal outsider, la partie était déjà jouée d'avance. 


Yohan ROBLIN

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