La Coupe du monde 2022 sur TF1

Le Qatar, un émirat qui mise sur le sport pour exister

Léa Tintillier | Reportage TF1 Sylvain Millanvoye, Noélie Clerc, Arnaud Chappart
Publié le 19 novembre 2022 à 21h39
JT Perso

Source : JT 20h WE

La Coupe du monde de football commence ce dimanche au Qatar.
L’émirat, qui prépare l’après pétrole, mise tout sur le sport depuis 2010.
Une question de survie pour cette minuscule presqu’île coincée entre de redoutables voisins.

Il y avait le Qatar traditionnel, celui des bédouins et du désert. Il y a désormais celui des stades et de la modernité. Depuis le 2 décembre 2010, jour de l’attribution du mondial à ce petit émirat, le Qatar mène une stratégie publique assumée de développement par le sport, dont l’un des faits d’armes reste le rachat du PSG seulement cinq mois plus tard. 

Pourtant, derrière cette vitrine dorée, se trouve une explication géopolitique beaucoup plus pointue. "Le Qatar a été traumatisé par l’annexion du Koweït par l’Irak en 90. Il a peur de subir le même sort. Plus il sera visible, plus il sera difficile de le faire disparaître. C’est moins cher d’acheter Neymar qu’un rafale, c’est moins cher d’acheter le PSG que de bâtir un système de défense capable de résister à la fois aux Iraniens ou aux Saoudiens", explique Pascal Boniface, directeur de l’institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) à notre micro. 

C’est d’abord le gaz qui permet au Qatar, cinquième producteur mondial, d’émerger, puis de résister au blocus imposé par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis de 2017 à 2021. Mais le sport lui permet d’acquérir de la notoriété et d’améliorer son image. Alors, le pays organise des évènements comme les championnats du monde d’athlétisme, de natation, de cyclisme, de handball et même de sports mécaniques. 

Un centre sportif ultra-moderne

Pour le faire savoir, la télévision est un atout de taille. À Doha se situe l’énorme campus du Qatar média groupe où se trouvent notamment Al Jazeera mais aussi Bein qui diffuse majoritairement du sport sur 60 chaînes différentes dans 43 pays. Mais comment associer la population locale à cette stratégie ? En lui fabriquant des champions. Et pour aller vite, il faut parfois les naturaliser, comme quatre des joueurs Qatari retenus pour le mondial. 

Et ce n’est pas réservé qu’au foot. Bertrand Roiné, champion du monde de handball avec la France en 2011, a joué pour le Qatar. Il affirme que ce n’était pas une question d’argent. "Moi, c’était mon rêve de gosse de jouer les Jeux Olympiques", dit-il. Une opportunité sportive que l’émirat lui offre après plusieurs années passées à Doha. Bertrand Roiné a même joué une finale avec le Qatar contre la France. "J’ai une partie de moi qui est quand même Qatari parce que j’ai vécu des choses ici avec des gens, avec l’équipe. Je suis d’abord Français mais maintenant, je me sens franco-qatari", poursuit-il. 

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Mais évidemment, à moyen terme, le Qatar compte faire gagner des champions nés dans l’émirat. C’est pour cela qu’a été créé Aspire, l’un des centres sportifs les plus modernes du monde, en périphérie de Doha, avec des installations de pointe à tous niveaux : athlétique, scientifique, médical… Ici, le Qatar espère faire émerger les vedettes de demain, comme si la Coupe du monde n’était qu’une étape sur la voie du succès.


Léa Tintillier | Reportage TF1 Sylvain Millanvoye, Noélie Clerc, Arnaud Chappart

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