La Coupe du monde 2022 sur TF1

Faut-il se faire du souci pour les Bleus avant le Mondial ? "Il y a de la place pour le doute", admet Rio Mavuba

Propos recueillis par Yohan ROBLIN
Publié le 28 septembre 2022 à 16h28
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

À moins de deux mois de la Coupe du monde au Qatar, l'équipe de France n'a pas rassuré, s'inclinant au Danemark (2-0) dimanche 25 septembre.
Une défaite qui vient clore une année noire pour les Bleus.
"Le contexte n'est pas des plus favorables", a admis à TF1info l'ex-international tricolore Rio Mavuba, consultant pour l'émission "Téléfoot".

Si les Bleus voulaient (se) rassurer, c'est raté. Après le fiasco de la Ligue des nations en juin, où elle a été battue et éliminée de la course au Final Four, l'équipe de France souhaitait retrouver des couleurs, à l'approche de la Coupe du monde au Qatar. Alors que la bande à Didier Deschamps avait repris un peu confiance face à l'Autriche (2-0), jeudi 22 septembre, elle a rechuté, trois jours plus tard, en faisant un bide au Danemark (2-0). Un nouveau revers qui résume en partie l'année noire des champions du monde, qui ont enregistré sur l'année 2022 trois défaites en matchs compétitifs, égalant leur record personnel. 

Pas de quoi préparer, de la façon la plus sereine, l'échéance qui arrive. Et ce, alors que de nombreux points d'interrogations persistent autour des Bleus, comme le soulève auprès de TF1info l'ancien international tricolore Rio Mavuba (13 sélections, entre 2004 et 2014), qui office depuis la rentrée en tant que consultant pour l'émission Téléfoot sur TF1.

Tout est une question d'équilibre

Rio Mavuba, consultant "Téléfoot" et ancien international tricolore

Êtes-vous inquiet pour l'équipe de France, à moins de deux mois du Mondial  ?

Rio Mavuba : Forcément, il y a de la place pour le doute. Les conditions des deux derniers rassemblements n'ont pas aidé. En juin, on était en fin de saison et les joueurs étaient cramés physiquement. Et cette fois-ci, en septembre, on est arrivé avec 12 à 14 blessés, dont des titulaires pour la plupart. Les conditions n'étaient pas optimales pour préparer et disputer ces matchs internationaux. Ce n'est pas le top avant une Coupe du monde. Au Qatar, on n'aura pas beaucoup de certitudes sur cette équipe. Même avec le retour progressif des blessés, on va s'inquiéter de leur état de forme. Le contexte n'est pas des plus favorables pour les Bleus. 

Didier Deschamps a l'air de tâtonner aussi. On a l'impression qu'il peine à trouver la solution...

Le coach cherche le bon schéma. Il a l'air d'avancer sur un 3-4-3 ou un 3-5-2, c'est selon, en fonction de l'animation qu'il souhaite donner à son équipe. On sait très bien que Didier se réajustera s'il voit que l'équipe marche mieux avec une défense à 4. Mais, jusqu'à preuve du contraire, il semble vouloir insister avec cette défense à trois afin de pouvoir aligner, en même temps, ses trois armes offensives, que sont Kylian Mbappé, Antoine Griezmann et Karim Benzema. Pour changer de système, il faudrait que l'un des trois de devant change de position. Le plus apte à le faire aujourd'hui, c'est Kylian. Est-ce qu'il peut et veut rejouer dans un couloir ? Ensuite, ce qui va compter, c'est de trouver un équilibre entre la défense et l'attaque. Quels milieux faut-il aligner ? Qui sera le pendant de Mbappé à droite ? Est-ce que les joueurs sont capables de s'adapter aux demandes du coach ? Ce sont autant d'interrogations autour de cette équipe de France auxquelles il faut des réponses.

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Sous Deschamps, les Bleus ont construit leur succès, sur une assise défensive à toute épreuve et une force offensive froide de réalisme. Depuis plus d'un an, et la victoire en Ligue des nations, cet équilibre semble s'être fragilisé. 

Il est vrai que, depuis quelque temps, l'équipe est moins équilibrée. On marque moins (12 buts en 2022, 1,5 but en moyenne par match) et on est plus friable sur les offensives adverses (8 buts encaissés sur la même période). En 2018, l'assise défensive était notre force. Lorsqu'on jouait en 4-2-3-1, Blaise Matuidi, qui évoluait à gauche, avait un profil plus défensif. Là, quand on regarde les trois de devant, c'est beaucoup moins clair. Résultat : on voit souvent Antoine Griezmann se sacrifier pour compenser, à l'image de ce qu'il a fait contre l'Autriche. Après quand c'est moins bien fait, comme lors du dernier match face au Danemark, la défense souffre plus. Tout est une question d'équilibre. Pour l'instant, on ne l'a pas encore trouvé.

Giroud peut amener autre chose aux Bleus

Rio Mavuba, consultant "Téléfoot" et ancien international tricolore

Dans ce contexte, on parle aussi beaucoup du cas Olivier Giroud. Tous les observateurs ont leur avis sur l'intérêt ou non de le retenir pour la Coupe du monde. Si vous étiez à la place du sélectionneur, l'emmèneriez-vous au Qatar ? 

Je l'emmènerais, oui, parce que Olivier est un garçon important pour l'équipe. Sportivement, il est capable d'amener autre chose aux Bleus, quelque chose que les autres n'ont pas. Ses jeux de tête et dos au but sont précieux. Il a prouvé, que ce soit à Arsenal, à Chelsea ou encore à Milan, où il n'est pas arrivé avec un statut de titulaire, qu'il sait s'accrocher. Il a le bon état d'esprit. Mis à part les petites tensions avec Kylian Mbappé au dernier Euro, Olivier n'a jamais fait parler en mal de lui. Son expérience pourrait être bénéfique. Il faut des joueurs qui connaissent le chemin pour gagner. C'est important de pouvoir avoir des mecs comme lui pour encadrer un groupe jeune, surtout si des leaders viendraient à manquer à l'appel.

FRANCK FIFE / AFP

Le bouillon au Danemark (2-0) était le dernier match des Bleus avant le Mondial. Contrairement à leurs habitudes, avant leur entrée en lice, le 22 novembre face à l'Australie, ils ne disputeront pas le moindre amical.

C'est étonnant, surtout lorsqu'on compare à ce qu'il se fait d'habitude. Ça a certainement dû être réfléchi avec le préparateur physique de l'équipe de France. Cette Coupe du monde au Qatar est spéciale, elle a la particularité de se jouer en pleine saison. C'est un paramètre à prendre en compte. Est-ce que le staff privilégie une plage de repos pour arriver plus "frais" à ce tournoi à la possibilité de jouer un dernier amical avant le Mondial ? Ça s'interroge, mais ce choix n'est clairement pas anodin.

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En l'état, l'équipe de France demeure-t-elle la favorite à sa propre succession ?

Il va falloir être vigilant. Regardez l'Italie en 2010, l'Espagne en 2014 et l'Allemagne en 2018. Toutes ces sélections étaient auréolées du titre de championne du monde, toutes ont été sorties dès le premier tour du Mondial suivant. C'est à l'équipe de France de ne pas passer à la trappe, à son tour. Dans ce genre de compétition, tout peut aller très vite, aussi bien dans le bon que dans le mauvais. Il faut rester sur nos gardes, d'autant que tous les voyants ne sont pas au vert. On peut dire qu'on fait partie des prétendants au titre. On a ce statut légitime en tant que champion du monde, mais des nations sont plus en forme que nous. Je pense au Brésil, qui fait figure de favori numéro un. Pareil pour l'Argentine. On est juste derrière eux.


Propos recueillis par Yohan ROBLIN

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