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Coupe du monde 2022 : le hors-jeu "semi-automatique", comment ça marche ?

Yohan ROBLIN
Publié le 30 septembre 2022 à 16h47
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Déjà mis en place cette saison en Ligue des champions, le système de hors-jeu automatisé va être utilisé pendant la Coupe du monde au Qatar.
Ce nouvel outil doit faciliter la détection d'un joueur en position illicite, grâce à l'utilisation de l'intelligence artificielle.
TF1info vous explique comment la SAOT fonctionne réellement.

Vous en avez certainement entendu parler. Vous l'avez peut-être même déjà vu à l'œuvre. Quatre ans après l'introduction de la VAR, l'assistance vidéo à l'arbitrage, lors du Mondial 2018 en Russie, le football poursuit sa mue technologique. Nouveauté de la rentrée, le hors-jeu semi-automatique sera à son tour utilisé durant la Coupe du monde au Qatar. Testée lors de la Coupe arabe fin 2021 puis pendant le Mondial des clubs en février dernier, cette nouvelle VAR a été déployée lors de la Supercoupe d'Europe en août, avant d'être étendue cette saison à la phase de poules de la Ligue des champions. 

L'objectif de la SAOT, l'acronyme pour le hors-jeu semi-automatisé (Semi-Automated Offside Technology), est d'en faciliter la détection, sans se substituer à l'appréciation du corps arbitral. Et, jusqu'à présent, les premières remontées sont plutôt encourageantes, puisque ce dispositif a l'avantage de rendre un verdict rapide et explicite. On a ainsi pu le voir en action, pour la première fois en Coupe d'Europe, lors du match Dortmund-Copenhague (3-0), le 6 septembre dernier. L'attaquant danois Rasmus Falk s'est vu refuser un but, son genou gauche dépassant légèrement la ligne imaginaire, pointant le dernier défenseur allemand. Un hors-jeu, difficilement visible à l'œil nu, modélisé en 3D, à la fois en plan large, en diagonal et en plan rapproché à hauteur de pelouse. 

Ce nouvel outil fonctionne au millimètre près. Le lendemain, le 7 septembre, le Bayer Leverkusen en a fait l'expérience à ses dépens. Alors qu'ils pensaient avoir égalisé contre Bruges (1-0), grâce à Patrick Schick, les Allemands ont eu la mauvaise surprise de voir la SAOT sanctionner un hors-jeu préalable de Jonathan Tah... pour un bout de crampon. 

Le hors-jeu (au millimètre près) de Jonathan Tah. - DR

Mais comment cette innovation marche-t-elle ? Douze caméras, situées sous le toit du stade, contrôle "jusqu'à 29 points de données" par joueur (les mains, la tête, les pieds...) "50 fois par seconde". Dans le même temps, un capteur, placé dans le ballon, envoie des données "500 fois par seconde" aux assistants VAR, permettant de déterminer le moment où il est joué bien plus précisément que ne pourrait le faire l'œil humain. Les arbitres en charge de l'assistance vidéo reçoivent une alerte "à chaque fois que le ballon est reçu par un attaquant qui se trouve en position de hors-jeu" au moment de la passe. Il leur revient alors de vérifier s'il y a bien hors-jeu, d'où la mention semi-automatique, avant d'en référer à l'arbitre central. 

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"Toutes les évolutions technologiques sont très positives pour nous", a assuré à L'Équipe Stéphanie Frappart, retenue pour officier à la Coupe du monde, avec cinq autres arbitres français. "Avec celle-ci, on attend moins les décisions et on gagne donc du temps pour le jeu." "Ça donne de la fluidité au jeu et c'est donc beaucoup mieux", a confirmé l'assistant Cyril Gringore, qui a pu expérimenter la SAOT, notamment à l'occasion de la Coupe du monde des clubs et du match de Ligue des champions Inter Milan-Bayer Munich (0-2), le 7 septembre. "Ce gain en précision et en efficacité est important pour nous, mais surtout pour les équipes. Car on va vers encore davantage de justice sportive", s'est satisfait Clément Turpin, l'arbitre numéro un français. Dans le stade ou devant leur télévision, les supporters pourront aussi mieux comprendre pourquoi un hors-jeu est sifflé ou non.


Yohan ROBLIN

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