Les deux premiers quarts de finale de la compétition sont allés jusqu'à la séance fatidique de tirs au but.
La stratégie du Brésil, qui a placé Neymar en cinquième position, n'a pas porté ses fruits face à la Croatie (1-1, 2-4 t.a.b), au contraire de celle de l'Argentine (victoire contre les Pays-Bas 2-2, 4-3 t.a.b).
Alors, comment faire le meilleur choix ?

Quelques secondes qui peuvent faire basculer une compétition du bon ou du mauvais côté... Après 120 minutes de jeu, le laps de temps durant lequel les équipes choisissent l'identité des joueurs participant à une séance de tirs au but peut se révéler décisif. Encore plus lors des matchs couperets en Coupe du monde où la pression rend l'exercice particulièrement périlleux. 

Deux stratégies pour les meilleurs tireurs

Dans cette optique, l'ordre des tireurs revêt une importance toute particulière. Il existe plusieurs philosophies en la matière. Certaines équipes placent leur meilleur tireur en cinquième position, le tir supposément décisif par excellence. Un choix logique puisqu'il est souvent le plus difficile (65% de réussite en Coupe du monde selon les données du Guardian*, contre 73% pour le premier tir). C'est de ce postulat qu'est parti le Brésil vendredi, la Seleçao installant Neymar - probablement le meilleur tireur de penalty au monde à l'heure actuelle - en cinquième place. Problème, le joueur du PSG n'a pas eu l'opportunité de s'élancer face à Dominik Livakovik, ses coéquipiers manquant deux tentatives synonymes d'élimination face à la Croatie (1-1, 2-4 t.a.b). 

Au contraire, d'autres formations prennent le parti d'entamer leur séance de tirs au but avec leur meilleur artificier. L'objectif est double : libérer le reste des joueurs en cas de réussite et, dans l'idéal, faire la course en tête pour faire monter la pression sur les épaules de l'adversaire. Quelques heures après avoir suivi l'échec du Brésil, l'Argentine a ainsi opté pour cette stratégie. 

C'est l'inévitable Lionel Messi, auteur d'un match abouti (1 but et 1 passe décisive) et qui avait déjà marqué sur penalty au cours des 90 premières minutes, qui s'est élancé en premier. À succès. Dans le sillage de son capitaine, l'Albiceleste a décroché son ticket pour le dernier carré de la Coupe du monde (2-2, 4-3 t.a.b). 

Un quart des séances s'achèvent avant les 5e tireurs

Mais que disent les chiffres ? Depuis l'introduction des tirs au but en Coupe du monde, 34 séances (en comptant les quarts de finale de vendredi) ont été réalisées. Lors de la première d'entre elle, la France a vu ses rêves de finale se briser contre l'Allemagne de l'Ouest, le 8 juin 1982 à Séville (3-3, 4-5 t.a.b). Comme dit précédemment, les premiers tirs semblent plus "simples" à effectuer que les derniers, la pression augmentant au fur et à mesure : 73% pour le premier, 72% pour le deuxième, 70% pour le troisième, 64% pour le quatrième, 65% pour le cinquième. 

En parallèle, plus d'un quart des séances (9 sur 34, soit 26%) se sont achevées avant les cinquièmes tireurs des deux équipes. Ce sont même 15 équipes perdantes (toujours sur 34, soit 44%) qui n'ont pas eu l'opportunité d'effectuer leur cinquième tentative. Au Qatar, cette statistique est même encore plus importante (3 sur 4, soit 75%). De plus, une seule séance s'est déroulée sans le moindre échec avant les cinquièmes tireurs. Il faut remonter au Mondial de 1990, lors d'un Irlande-Roumanie, pour en retrouver trace.  

Au regard de ces données, une conclusion s'impose : il semble logique de placer son meilleur tireur le plus tôt possible, et notamment avant la cinquième position. Mais, comme souvent en football, il n'existe pas de solution miracle. 

*Données élaborées avec les séances de tirs au but de Brésil-Croatie et Pays-Bas-Argentine. 


Maxence GEVIN

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