Argentine-France : les bancs peuvent-ils faire basculer la finale ?

Publié le 17 décembre 2022 à 15h07

Source : TF1 Info

Après un début de compétition en demi-teinte, les remplaçants de l'équipe de France ont haussé le ton contre le Maroc (2-0).
Mieux, à l'image d'un Randal Kolo Muani décisif sur son premier ballon, ils ont fait basculer la demi-finale du bon côté.
Contre l'Argentine en finale, c'est encore du banc que pourrait venir la lumière.

Une finale, ça ne se joue pas, ça se gagne. Et parfois, souvent, ce sont les détails qui font la différence. Après plus de trois semaines de compétition, seules la France et l'Argentine peuvent encore rêver de soulever le trophée dans cette Coupe du monde 2022. Les Bleus défendront donc leur titre jusqu'à la fin et peuvent toujours accomplir un doublé plus réalisé depuis 60 ans. L'Albiceleste, de son côté, est en mission. Pour retrouver les hauteurs de la scène internationale 36 ans après. Pour offrir aussi une étoile - et le seul titre manquant à son palmarès - à Lionel Messi.

Ce duel, qui ressemble à la finale idéale ou presque, est particulièrement indécis sur le papier. S'ils s'appuient sur des qualités totalement différentes, les deux collectifs ont démontré leur solidité tout au long de cette compétition. Chacun est, en plus, bonifié par une individualité d'exception : Lionel Messi dans une forme éblouissante (5 buts, 3 passes décisives) d'un côté, Kylian Mbappé qui n'en finit plus d'affoler les compteurs (5 buts, 2 passes décisives) de l'autre. 

L'Argentine armée devant...

Dans cette optique, alors que la tension inhérente à la finale va s'ajouter au cocktail, ce sont les remplaçants qui pourraient faire la différence. L'Argentine a d'ailleurs plusieurs options intéressantes. Le défenseur de Manchester United Lisandro Martinez ou celui de Villareal, Juan Foyth, donnent de bonnes garanties derrière. Mais c'est surtout un cran plus haut sur le terrain que Lionel Scaloni dispose du réservoir pour faire mal à son adversaire : Angel Di Maria, Paulo Dybala, Angel Correa ou encore Lautaro Martinez, titulaire lors de la phase de poules, ont le profil pour dynamiter, chacun à leur manière, un match fermé. 

Le technicien argentin n'hésite d'ailleurs pas à utiliser la profondeur de son effectif. C'est simple, il a, à chaque fois, utilisé l'ensemble de ses changements depuis le début de la phase finale (5 dans le temps réglementaire, un sixième en prolongation). Avec plus ou moins de réussite : si les "coiffeurs" ont régulièrement assuré, les entrées de Leandro Paredes contre les Pays-Bas ou de Lautaro Martinez contre l'Australie ont été plus que délicates. 

Des remplaçants tricolores de plus en plus efficaces...

Côté bleus, l'équation est plus difficile à résoudre. Catastrophique en début de Mondial, avec en point d'orgue ce match complètement raté contre la Tunisie (0-1), le banc tricolore est monté en puissance au fil des rencontres, se montrant de plus en plus importants au fil des matchs couperets. Le fils de Lilian, Marcus Thuram s'impose comme un "supersub" efficace, capable d'apporter vitesse, percussion et intensité dans une fin de rencontre. Il s'est d'ailleurs fendu d'une passe décisive pour Kylian Mbappé contre la Pologne (3-1)

Youssouf Fofana donne également des minutes intéressantes pour faire souffler l'indéboulonnable trio du milieu de terrain Adrien Rabiot-Aurélien Tchouaméni-Antoine Griezmann. Le joueur de l'AS Monaco, propulsé titulaire en demi-finale contre le Maroc (2-0), a fait un match correct et prouvé que Didier Deschamps pouvait compter sur lui dans le dernier virage de ce tournoi. "Même s'il a eu un match compliqué contre la Tunisie, je sais ce qu'il est capable de faire", a d'ailleurs salué le sélectionneur tricolore après le coup de sifflet final. 

Kolo Muani est un bon exemple pour les autres joueurs du groupe
Didier Deschamps

Troisième homme de la charnière centrale, Ibrahima Konaté a livré une prestation monstrueuse contre les Lions de l'Atlas, de quoi rassurer le public français en cas de tuile derrière.

Mais c'est surtout Randal Kolo Muani, jusque-là peu utilisé, qui a marqué les esprits. Parmi les seuls à tirer leur épingle du jeu contre la Tunisie, l'attaquant du FC Nantes s'est montré décisif dès son entrée en jeu en demi-finale. Sur son premier ballon, il a su se trouver au bon endroit et au bon moment pour, en profitant d'un énorme travail de Kylian Mbappé, inscrire le but du break contre le Maroc (2-0). Un but salvateur qui a définitivement fait basculer une rencontre jusque-là indécise. "Kolo Muani ça n’est pas par hasard", a souligné "DD". "C’est un bon exemple pour les autres joueurs du groupe qui n’ont pas été concernés : il rentre et est décisif.  Ça me rappelle un mauvais souvenir, un joueur portugais qui n’avait pas joué une seconde et qui rentre en finale et marque", plaisante-t-il encore.

... mais assez peu utilisés

Malgré tout, à l'échelle de la compétition, la France fait relativement peu confiance à son banc. Un phénomène qui s'est encore accentué dans les rencontres à élimination directe (huitièmes, quarts et demi-finales). Depuis le loupé tunisien, elle est l'équipe du dernier carré qui accorde le moins de temps par match à ses remplaçants (34 minutes en moyenne). Seul Youssouf Fofana a joué plus d'un quart d'heure, à deux reprises, lors de ces rencontres. En outre, le staff tricolore n'a procédé qu'à 2,3 changements, en moyenne, dans ce laps de temps, sur les cinq autorisés. Contre l'Angleterre, il n'y a même que Kingsley Coman qui est entré en cours de partie.

Toutefois, contre l'Argentine, les habituels 12e, 13e ou 14e hommes auront un rôle d'autant plus important que le flou persiste à vingt-quatre heures de la finale. Le mystérieux virus, qui avait mis sur la touche Adrien Rabiot et Dayot Upamecano au tour précédent, continue de sévir. À cela s'ajoutent les pépins physiques et l'usure inhérente à l'enchaînement des matchs. Résultat des courses, Ibrahima Konaté, Raphaël Varane, Aurélien Tchouaméni, Kingsley Coman et Théo Hernandez ont été ménagés vendredi et demeurent incertains pour dimanche (même s'ils se sont entraînés normalement samedi). D'où l'importance de pouvoir compter sur un groupe, dans son ensemble, compétitif et pleinement concerné. "Quand j'ai la possibilité de choisir entre qualité et qualité, ça me va", résume Didier Deschamps. Reste à effectuer (encore) les choix avisés... 


Maxence GEVIN

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