Euro féminin de football UEFA 2022

Euro 2022 : Italie, Belgique, Islande... que valent les adversaires des Bleues ?

Yohan ROBLIN
Publié le 7 juillet 2022 à 19h06
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

L'Euro va enfin démarrer pour l'équipe de France.
Les Bleues de Corinne Diacre, prétendantes assumées à la victoire finale, ont hérité d'une poule à leur portée.
Au-dessus de leurs trois adversaires, elles ne devront toutefois pas se voir trop belles trop vite.

"On n'a pas à être contente ou pas contente." En octobre dernier, Corinne Diacre analysait froidement le tirage au sort de la phase de poules de l'Euro, focalisée sur son unique objectif : "faire la finale". Pour être au rendez-vous, le 31 juillet, dans un Wembley qui affichera comble (84.000 spectateurs attendus, effaçant le record d'affluence réalisé lors du match d'ouverture), et peut-être soulever le premier trophée majeur de leur histoire, les Bleues devront enchaîner cinq fois 90 minutes au minimum. À commencer par leurs trois matchs de groupe face à l'Italie (le 10 juillet), la Belgique (le 14) et l'Islande (le 18).

Trois nations que la sélectionneuse tricolore ne veut surtout pas sous-estimer. "Aucun de ces trois adversaires ne devra être ni ne sera pris à la légère", a prévenu l'ancienne défenseure de l'AS Soyaux, interrogée sur le site de la FFF à quelques heures de l'entrée en lice de l'équipe de France. "Il faudra démarrer fort face à l'Italie qui est sur une pente ascendante depuis 2019, confirmer face à une Belgique forte de certaines individualités comme Janice Cayman et conclure contre l'Islande, au profil athlétique et qui a fait nul face aux vice-championnes olympiques suédoises lors des qualifications."

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Pourtant, avec tout le respect qui est dû à l'Italie, la Belgique et l'Islande, ne pas voir la France sortir de sa poule, ce qu'elle a toujours fait à l'Euro depuis 2009, serait un échec cuisant. "La France est favorite, il n'y a rien à dire. Elles doivent sortir premières de ce groupe", assure à TF1info l'ex-internationale tricolore Camille Abily (183 sélections), consultante pour TF1 durant la compétition. "Si la France est à son niveau, je ne me fais pas trop de souci. Mais je ne dis pas que ça ne va pas être facile, car ce sont quand même des concurrentes qui commencent à prendre de l'expérience et qui n'ont rien à perdre."

L'Italie, le 10 juillet à 21h sur TF1

Des trois adversaires auxquelles vont se frotter les Bleues, c'est l'Italie, l'équipe la plus abordable du chapeau 2, qui suscite le plus la méfiance de l'ancienne numéro 10. "Même si il n'y a pas photo avec les Bleues, c'est l'équipe la plus redoutable", nous avertit-elle. "Il y a des joueuses très intéressantes, on a pu en voir certaines avec la Juventus en Ligue des championnes", souligne l'entraîneure-adjointe de l'Olympique lyonnais, qui a justement éliminé la "Vieille Dame", principal pourvoyeur des Azzurre (9 sur 23), en quarts de finale de la C1 (1-2, 3-1) cette saison. "C'est un collectif qui grandit, pas à pas."

Quatorzième nation au classement Fifa, l'Italie renoue avec sa gloire passée. Cette ancienne place forte européenne du football féminin (un quart de finale au Mondial 1991, deux finales aux Euros 1993 et 1997) est redevenue une nation ambitieuse, sous la houlette de Milena Bertolini. En 2019, après 20 ans d'absence en Coupe du monde, les coéquipières de Barbara Bonansea ont fait sensation en atteignant les quarts de finale, seulement défaites par les Pays-Bas (2-0). "Ça nous a donnés beaucoup de confiance et nous a permis de connaître nos forces", a expliqué l'attaquante Cristiana Girelli. 

L'attaquante Barbara Bonansea est l'arme fatale des Azzurre. - JORGE GUERRERO / AFP

Depuis, les Transalpines n'ont goûté qu'une seule fois à la défaite (en 23 matchs) face au Danemark (3-1, le 27 octobre 2020). Ultime preuve que les Bleues devront se méfier d'elles : juste avant l'Euro, elles ont tenu tête à l'Espagne (1-1), prétendante au sacre final. Ce n'est pas pour rien que les Azzurre visent une place dans le dernier carré pour la première fois en 25 ans.

La Belgique, le 14 juillet à 21h sur TF1

De l'avis de Camille Abily, "c'est une équipe qui n'a rien à perdre". Du coup, on pourrait dire qu'elle a tout à gagner. Sans doute parce que, sur le papier, la Belgique est la nation du Groupe D avec le moins de références internationales. Les Red Flames ne disputent que le deuxième Euro de leur histoire, cinq ans après une première participation écourtée par une élimination au premier tour avant de manquer la Coupe du monde en France deux ans plus tard, sorties en barrage par la Suisse. 

Les Red Flames, l'adversaire le moins expérimenté des Bleues. - DAVID CATRY / BELGA / AFP

En Angleterre, les joueuses d'Ives Serneels (4 victoires et 2 défaites contre l'Angleterre et l'Autriche en 2022) joueront crânement leurs chances. Portées par la Lyonnaise Janice Cayman, associée en attaque à Tine de Caigny et Tessa Wullaert (auteures, à elles deux, de 21 des 35 buts de la Belgique lors des qualifications), elles chercheront à déjouer les pronostics. 

"Nous savons que si nous battons l'Islande, nous serons bien parties. Mais les trois matchs seront importants", a affirmé la portière de la 19e nation mondiale, Nicky Evrard. "Nous devrons d'abord nous focaliser sur l'Islande puis rester compactes et concentrées contre la France". Pour pourquoi pas atteindre les quarts de finale de la compétition pour la toute première fois.

L'Islande, le 18 juillet à 21h sur TF1

"L'Islande peut donner du fil à retordre. Ça va batailler fort", nous prédit Camille Abily. L'ancienne meneuse de jeu sait mieux que quiconque de quoi elle parle. Lorsqu'elle portait encore le maillot tricolore, elle a croisé le fer avec les Islandaises en poules à l'Euro 2017. Les Bleues, en manque de réussite, avaient été longtemps malmenées par une Islande compacte et agressive. Elles s'en étaient finalement sorties avec une victoire à l'arrachée (1-0), sur un penalty à la dernière minute.

Le match qui attend les joueuses de Corinne Diacre risque d'être du même acabit, avec une combattivité accrue dans les duels. Car si la sélection coachée par Thorsteinn Halldorsson, 17e au classement Fifa, n'est pas ce qu'on appelle un "grand" d'Europe, elle n'en reste pas moins une nation qui a de solides références sur le continent. Qualifiées pour tous les Euros depuis 2009, les Islandaises ont atteint par deux fois les quarts de finale de l'Euro, en 1995 et 2013, leurs meilleurs résultats. Les coéquipières de Sara Björk Gunnarsdottir (4 victoires, 1 nul et 2 défaites en 2022) ont réussi des coups d'éclat, à l'image de leur match nul contre la Suède (1-1, le 22 septembre 2020). Raison de plus pour ne de les prendre par-dessus la jambe. 


Yohan ROBLIN

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