Euro féminin de football UEFA 2022

Euro 2022 : les quarts de finale, le plafond de verre que les Bleues doivent faire sauter

Yohan ROBLIN
Publié le 21 juillet 2022 à 17h36, mis à jour le 22 juillet 2022 à 17h29
JT Perso

Depuis 2013, l'équipe de France a joué cinq tournois consécutifs (Coupe du monde, Euro et Jeux olympiques compris) pour autant d'éliminations en quarts de finale.
Dans l'histoire de l'Euro, les Bleues n'ont même jamais réussi à atteindre le dernier carré de la compétition.
Opposées aux Pays-Bas, les joueuses de Corinne Diacre ont l'ambition de faire enfin tomber cette barrière.

"Ça fait des années que vous nous le rabâchez : on s'arrête aux quarts, on s'arrête aux quarts..." L'agacement de la capitaine tricolore Wendie Renard témoigne de la sensibilité du sujet. Sortie première de sa poule, avec deux victoires face à l'Italie (5-1) et la Belgique (2-1) et un nul contre l'Islande (1-1), l'équipe de France a atteint son premier objectif dans cet Euro. En réalisant un parcours quasi sans faute, les Bleues ont assuré leur place parmi les huit meilleures nations d'Europe. Une satisfaction de courte durée, puisqu'elles doivent déjà repartir au combat, avec un quart de finale les opposant aux Pays-Bas, championnes d'Europe et vice-championnes du monde en titre, samedi 23 juillet (à 21h, en direct sur TF1 et en live commenté sur TF1info).

Sauf que, cette fois, contrairement à la phase de groupes, toute erreur pourrait leur valoir un billet retour direct pour la France. Avec la phase à élimination directe, c'est une autre compétition qui s'ouvre pour les joueuses de Corinne Diacre. Et, qu'on se le dise, elles sont loin d'exceller dans ce format, puisqu'elles sont tombées à ce stade de la compétition à chaque fois, lors des JO 2016, des Coupes du monde 2015 et 2019 et, surtout, lors des trois dernières éditions de l'Euro (2009, 2013 et 2017).

Cinq d'éliminations de suite

À l'inverse du Mondial et des JO, où elle a atteint les demies en 2011 et 2012, le championnat d'Europe ne réussit, historiquement, pas à l'équipe de France. Jamais sorties des poules en 1997 et 2001, les Tricolores se sont hissées pour la première fois en quarts en 2009. Leur route s'est arrêtée contre les Pays-Bas (0-0), défaites aux tirs au but (5 à 4). Rebelote, quatre ans plus tard, en 2013. Face au Danemark, repêché de son groupe par le biais d'un tirage au sort, les coéquipières de Louisa Necib ont perdu de nouveau à la loterie des tirs aux buts (1-1, 4 à 2). Une énième désillusion, mais pas la dernière. En 2017, opposée à l'Angleterre, la France a déjoué (0-1), butant sur les quarts de finale pour la troisième fois d'affilée. 

"Sincèrement, ce n'est pas mental", assure à TF1info l'ex-internationale tricolore Camille Abily (183 sélections), consultante pour TF1 durant la compétition. "On a été deux fois en demi-finale, aussi bien à la Coupe du monde 2011 (défaite contre l'Allemagne aux tirs au but, ndlr) qu'aux Jeux olympiques 2012 (défaite face au Japon). Quand j'étais joueuse, je ne pensais pas à la barrière des quarts de finale. Ce n'est que lorsque les médias ont dit qu'on n'arrivait pas à les franchir qu'on s'est dit : 'Ah oui, c'est vrai'. Mais c'est tout." Pourtant, depuis 2013, ce blocage spécifique à l'Euro s'est étendu à toutes les autres compétitions. Lors de leurs cinq derniers tournois, les Françaises n'ont jamais rallié le dernier carré.

Cette barrière des quarts, il faut qu'on l'occulte

Corinne Diacre, sélectionneuse de l'équipe de France

"Aujourd'hui, on se plaint de ne faire que des quarts de finale, mais il y a quand même des quarts de finale", s'était défendue Corinne Diacre, à l'issue du tirage au sort de la phase de poules, affichant son ambition de faire exploser ce plafond de verre. "(Viser plus loin), c'est ce qu'on fait à chaque compétition. Cette barrière des quarts de finale, il faut qu'on l'occulte. Nous, notre objectif c'est clairement, avec cette équipe et ce groupe (de joueuses), d'aller au moins en finale. On ne s'en cache pas. On a le mérite et le courage de l'afficher. (...) Et on va se donner les moyens pour y arriver", avait promis la sélectionneuse tricolore, en poste depuis 2017.

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Ne visait-elle pas trop haut, trop vite, en parlant de finale si tôt ? "Je suis d'accord avec Corinne", nous confie Camille Abily, qui rêve de voir les Bleues remporter leur premier titre international. "Il y a de la vraie qualité dans cet effectif. Même si une compétition, c'est long et qu'il peut se passer plein de choses, ce groupe, ces joueuses ont les qualités pour aller en finale, même pour la gagner. Il y a vraiment quelque chose à aller chercher."


Yohan ROBLIN

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