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Euro 2022 - Islande-France sur TF1 : 3 bonnes raisons de regarder "la répétition du quart" des Bleues

Propos recueillis par Yohan ROBLIN
Publié le 17 juillet 2022 à 12h00, mis à jour le 18 juillet 2022 à 16h41
JT Perso

Source : Sujet TF1 Info

Déjà qualifiée et assurée de finir en tête de sa poule, l'équipe de France referme le premier chapitre de son Euro, face à l'Islande, lundi 18 juillet (à 21h, à suivre sur TF1).
Un match d'apparence sans enjeu mais qui pourrait s'avérer essentiel pour la suite de la compétition.
Consultante pour TF1, Camille Abily juge qu'il doit servir aux Bleues à préparer leur futur quart de finale.

Un match pour rien ? Surtout pas. Qualifiée pour les quarts de finale, avec deux victoires en deux matchs (une démonstration 5-1 face à l'Italie puis une partie accrochée 2-1 contre la Belgique), l'équipe de France est même assurée de finir en tête de sa poule, avant son dernier match contre l'Islande, lundi 18 juillet (dès 20h50, en direct sur TF1 et en live commenté sur TF1info). Au New York Stadium de Rotherham, là où les joueuses de Corinne Diacre ont désormais leurs habitudes, il serait tentant de dire qu'il s'agit d'un match sans enjeu. Si ce n'est pas tout à fait faux, ce n'est pas tout à faire juste non plus. 

Cette rencontre, la dernière avant la phase à élimination directe, doit enfin permettre de situer le vrai niveau des Bleues, quelque part entre les 45 premières minutes flamboyantes face aux Azzurre, ponctuées de cinq buts, et les 135 autres minutes restantes. Désormais orphelines de Marie-Antoinette Katoto, forfait pour le reste du tournoi, la bande à Kadidiatou Diani va devoir se servir de ce match contre les Islandaises pour préparer au mieux son quart, le 23 juillet, contre l'équipe qui a terminé deuxième du Groupe C, à savoir les Pays-Bas, titrées en 2017. Une vision que défend l'ex-internationale tricolore Camille Abily (183 sélections), consultante pour TF1 pendant la compétition. À quelques heures de Islande-France, l'ancienne meneuse de jeu des Bleues donne à TF1info trois bonnes raisons de ne pas zapper au coup d'envoi.

L'ENJEU

"Si le match contre la Belgique avait été abouti, comme notre première période face à l'Italie, ce match aurait servi à faire souffler les organismes et à mobiliser d'autres joueuses, qui n'ont pas eu de temps de jeu. Je ne sais pas ce que va décider Corinne Diacre. Va-t-elle être tentée, pour recréer des automatismes, de relancer une équipe type, à deux-trois éléments près ? C'est la question que je me pose, car le fait est qu'on reste sur notre faim après ce deuxième match. S'il y a des bobos dans l'effectif, il ne faut pas prendre le moindre risque. Sinon, en tant que coach et ex-joueuse, j'essaierais d'aligner l'équipe la plus proche de celle qui débutera le quart de finale. Au moins sur la première période, voire la première heure."

"Il faut être réaliste. Certaines filles savaient que ça allait être difficile d'avoir du temps de jeu. On a un groupe de 23 joueuses qui n'est pas forcément homogène, sans que ça soit péjoratif. C'est juste faire preuve d'objectivité. Pour elles, rien que le fait de regarder, de s'entraîner et d'avoir quelques minutes, c'est déjà une chance. Je comprends qu'on veuille gérer l'effectif, mais il faut que les titulaires aient du temps de jeu ensemble avant les quarts. Ces joueuses-là n'ont pas toutes disputé les deux fois 90 minutes. Elles ont l'habitude, pour la plupart, d'enchaîner les matchs, donc je ne me fais pas de souci pour la récupération. Il faut utiliser ce match face à l'Islande pour travailler nos automatismes, pas sur les 90 minutes, bien sûr, mais peut-être une bonne heure. On a la chance de pouvoir faire cinq changements. Au bout d'une heure, on pourra sortir celles qui ont vraiment besoin de souffler. L'important, c'est d'avoir du vécu en commun avant les quarts."

L'ADVERSAIRE

"L'Islande joue sa qualification. Forcément, au vu de l'enjeu, il va falloir s'attendre à beaucoup d'agressivité et d'engagement. Pour bien connaître la capitaine Sara Björk Gunnarsdottir, qui a joué à l'OL, je sais qu'elle va surmotiver ses partenaires. C'est une joueuse qui a de l'énergie et de l'envie. Elle n'hésite pas à mettre de l'impact. Ce sera un bloc difficile à bouger, qui ne prendra pas de risque non plus. Un nul pourrait leur suffire à se qualifier, en fonction du résultat d'Italie-Belgique. Elles ne vont pas se découvrir, il risque d'y avoir peu d'espaces, mais ça peut être aussi l'occasion de se préparer. C'est un peu une répétition avant notre quart de finale."

"C'est pour ça, je me répète, qu'il faudrait sur 45, voire 60 minutes, qu'on aligne l'équipe qui va jouer le quart. Bien sûr, il y a un risque de blessure, on ne peut pas l'exclure. On sait que ça peut arriver à tout moment, mais il ne faut pas penser à ça. Si les filles sont en forme, il n'y a pas de raison de ne pas les faire jouer. Après, évidemment, les choix de Corinne Diacre seront décortiqués. Si elle met son équipe type et que l'une des joueuses se blesse, on lui reprochera de l'avoir fait jouer. À l'inverse, si elle choisit de ne pas aligner ce qu'elle pense être sa meilleure équipe et que la France sort en quarts, on dira que ça manquait d'automatismes."

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LA JOUEUSE À SUIVRE

"Sandie Toletti amène du liant dans l'équipe. Ça a manqué aux Bleues contre la Belgique. Je suis d'accord que Clara (Matéo) a fait des choses intéressantes, mais ce n'est pas son poste de prédilection. Elle a eu beaucoup de volume et d'énergie, elle a mis des bons ballons, mais je trouve qu'il lui manquait le bon positionnement. Elle s'est trop souvent excentrée. On a besoin d'une joueuse au cœur du jeu, capable de faire jouer les autres. II faut une créative. Sandie a justement cette intelligence de savoir bien se positionner entre les lignes. Et puis, quand elle joue, Grace (Geyoro) est meilleure. Elle est comme libérée."

Mon rêve Bleu - À la rencontre de Sandie TolettiSource : Football - Euro Féminin
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"Sandie a aussi la capacité, quand elle est sur le terrain, de faire des courses qui permettent de maintenir l'équilibre de l'équipe. Elle n'a joué qu'une trentaine de minutes face à la Belgique. Il faudrait lui donner du temps de jeu contre l'Islande. Combien de temps ?  Il faut voir, mais comme je l'ai dit, il faut préparer les joueuses qui vont débuter le quart. Pour moi, Sandie doit jouer."


Propos recueillis par Yohan ROBLIN

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