Profitant du faux pas de Monaco sur la pelouse de Lyon (3-2), ce dimanche, le Paris Saint-Germain a scellé dans le marbre son douzième titre de champion de France.
Toujours en lice en Ligue des champions, le club de la capitale va donc pouvoir aborder les dernières journées du championnat avec le sentiment du devoir accompli.
Cerise sur le gâteau, ce nouveau trophée à une saveur particulière...

Le Paris Saint-Germain version qatari continue de tout rafler... même sans jouer. Pour la neuvième fois lors des onze dernières saisons, le PSG vient de terminer à la première place du championnat de France. Son dauphin, l'AS Monaco, défait sur la pelouse de l'Olympique Lyonnais ce dimanche (3-2), ne peut officiellement plus le rattraper. De quoi soulever le douzième "hexagoal" de son histoire, un record. Et comme souvent ces dernières années, le club de la capitale y est parvenu en ayant beaucoup de marge, parvenant à plier l'affaire mathématiquement dès la 31ᵉ journée, soit trois matchs avant la fin de la compétition.

Dans ce qui devait être une saison de transition, après les départs de Lionel Messi et Neymar, il n'a laissé que des miettes à ses concurrents sur la scène nationale. "Peu importe quand on gagnera le championnat, on le mérite depuis longtemps. L'important est comment on le gagne", s'était d'ailleurs félicité Luis Enrique quelques jours plus tôt. Et alors que l'entraîneur et ses joueurs ont en ligne de mire un potentiel triplé historique, les supporters parisiens ont, eux, toutes les raisons de savourer un trophée remporté avec la manière. 

Invaincu depuis la mi-septembre

Sur le strict plan des résultats, ce titre est à retenir. Avec 70 points en 31 journées, le PSG est sur un rythme de croisière de 2,26 points par match, soit dans la moyenne des champions de ces dernières années (2,24 en 2022-23, 2,26 en 2021-22, 2,18 en 2020-21 ou encore 2,4 en 2018-19).

Surtout, malgré un début de saison délicat marqué par la mise à l'écart de Kylian Mbappé, il n'a perdu qu'une seule rencontre, le 15 septembre dernier contre Nice (2-3). Autrement dit, les coéquipiers de Marquinhos n'ont mordu la poussière qu'à une seule reprise, et c'était il y a plus de sept mois ! Mieux, au cœur de l'automne, ils ont aligné huit succès de rang, une marque qu'aucune autre équipe n'a ne serait-ce qu'approchée lors de cet exercice. 

Si tout n'a pas été parfait, c'est dans la manière que l'impression de domination des Parisiens s'est le plus fait ressentir. Ils n'ont été menés qu'à... une seule reprise, contre Nice, au cours des 20 premières journées. Ce qui traduit tout à la fois la solidité et les progrès mentaux d'un effectif longtemps critiqué pour ses coups de mou intempestifs (même s'ils intervenaient plus souvent sur la scène continentale).

De même, contrairement à certaines autres saisons, les pensionnaires du Parc des Princes se sont montrés particulièrement consistants dans les gros matchs (4-0 puis 2-0 contre l'OM, 4-1 à deux reprises contre l'OL, 3-1 puis 1-1 contre Rennes, 3-1 puis 2-0 contre Lens, 3-2 puis 2-2 contre Brest, 1-1 puis 3-1 contre Lille, 5-2 puis 0-0 contre Monaco). Le seul faux pas en matière est survenu contre les Aiglons.

L'empilement d'individualité a laissé la place à un collectif

Surtout, ce que retiendront les suiveurs, c'est la belle copie rendue sur le plan collectif et la bonne impression laissée. "Les joueurs ont assimilé mes concepts et je suis content de ce que je vois", s'est félicité Luis Enrique. Arrivé l'été dernier avec l'étiquette d'un tacticien misant sur la possession, quitte à ce qu'elle en devienne stérile, l'entraîneur espagnol a mis en place un collectif huilé, soudé et dans lequel les individualités se fondent facilement. 

En dehors de Kylian Mbappé, qui le fait par séquences, mais de manière bien trop irrégulière, tous les joueurs sont impliqués à la perte du ballon et le contre-pressing est aussi étouffant qu'efficace. Au fur et à mesure de l'avancée de la saison, les joueurs sont, en plus, devenus plus à l'aise dans leurs rôles respectifs et au niveau des zones à occuper, y compris lorsqu'il faut compenser la montée ou le dézonage d'un autre élément.

Le PSG n'a perdu qu'un match depuis septembre : le quart de finale aller de Ligue des champions contre le FC Barcelone.
Le PSG n'a perdu qu'un match depuis septembre : le quart de finale aller de Ligue des champions contre le FC Barcelone. - Franck FIFE / AFP

Les statistiques traduisent parfaitement l'aspect abouti de ce travail. Sans surprise, le PSG a monopolisé le ballon plus de 65% du temps. C'est près de 10 points de plus que Lille, qui est la deuxième meilleure équipe en la matière. Il est aussi en tête des du nombre de touches de balle et de passes, selon le site spécialisé FBref

Mais loin d'être stérile, cette stratégie se révèle extrêmement payante sur le plan offensif : le club de la capitale compte le plus de passes progressives (vers le camp adverse), le plus de dribbles tentés, le plus de progression vers l'avant balle au pied, le plus de touches dans le dernier tiers du terrain et le plus de touches dans la surface de réparation adverse. Il est en revanche bon dernier au nombre de centres tentés, le signe d'une volonté de privilégier le jeu au sol et la recherche patiente de décalages.

Tout cela se traduit par la création d'un grand nombre d'occasions, avec 2,05 "expected goals" ("buts attendus", en français) par 90 minutes en moyenne, de très loin la meilleure marque du championnat. De quoi expliquer pourquoi Dembélé et compagnie possèdent la meilleure attaque depuis le début de la saison.

De larges rotations, la jeunesse à l'honneur

Autre indicateur de ce collectif au-dessus de la moyenne, l'ancien coach du FC Barcelone n'a pas hésité à procéder à de larges revues d'effectifs. Une manière d'impliquer tout le monde, de ménager les organismes et d'envoyer le message que l'équipe est plus importante que la situation d'un tel ou un tel. Conséquence directe, 29 joueurs ont foulé la pelouse avec le maillot bleu et rouge. Dix-neuf d'entre eux totalisent même au moins 500 minutes de jeu. Dans le même ordre d'idée, Kylian Mbappé a régulièrement débuté sur le banc ou été remplacé de manière précoce (il n'a disputé qu'une seule fois 90 minutes depuis la 21e journée). 

Ces rotations ont permis à de jeunes joueurs - Bradley Barcola (21 ans), Lucas Beraldo (20 ans), Warren Zaïre-Emery (18 ans), Senny Mayulu (17 ans), Arnau Tenas (22 ans), Gonçalo Ramos (22 ans) ou encore Kang-in-Lee (23 ans) - de pouvoir s'exprimer, certains s'imposant même comme des pièces indispensables du XI de départ. Le Portugais Vitinha (24 ans) a, lui, enfin exprimé son potentiel, lui qui était arrivé du FC Porto à l'été 2022 avec l'étiquette du successeur désigné de Marco Verratti. Autant de chouchous du public qui ont, à leur façon, rendu spécial ce cru 2023-24. 


Maxence GEVIN

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