Deux clubs tricolores, le PSG en Ligue des champions et l'OM en Ligue Europa, sont au rendez-vous du dernier carré des compétitions européennes.
Pour les deux ennemis jurés, le plus beau reste encore à écrire... au grand bonheur du football français.

Voir deux clubs français en demi-finales des Coupes d'Europe, cela n'a rien d'inédit. Pas plus tard qu'en 2020, lors du "Final 8" de la Ligue des champions, disputé à Lisbonne, l'OL et le PSG avaient atteint le carré final. Lyon s'était incliné face au Bayern Munich (0-3), tombeur en finale des Parisiens (1-0), qui venaient de sortir le RB Leipzig (0-3).

Dans l'histoire du football tricolore, il y a même eu encore plus fort. En 1996, trois représentants s'étaient hissés dans le dernier carré : Nantes, éliminé par la Juventus (2-0, 3-2) en demi-finales de C1 ; Bordeaux, malheureux finaliste de la Coupe UEFA (ex-Ligue Europa) contre le Bayern (2-0, 1-3) ; et Paris, vainqueur de la Coupe des coupes, aux dépens du Rapid de Vienne (1-0). Mais jamais l'OM et le PSG n'avaient joué des demi-finales européennes lors d'une même saison.

Une anomalie désormais réparée. Deux jours après la qualification du club parisien, qui a renversé le Barça (1-4) à Montjuïc en quarts de finale retour de la Ligue des champions, son ennemi phocéen l'a imité, jeudi 18 avril, en C3. Les partenaires de Pau Lopez ont terrassé Benfica (1-0, 2-2 sur l'ensemble des deux matchs) à l'issue d'une folle séance de tirs au but (4-2). Avec huit demi-finales européennes chacun, un record qu'ils co-détiennent, le PSG et l'OM s'offrent une fin de saison palpitante.

En route vers un doublé OM-PSG ?

En tête de la Ligue 1, avec 10 points et un match de retard sur Brest à six journées du terme, et qualifiée pour la finale de la Coupe de France (contre Lyon, le 25 mai), la bande de Marquinhos est toujours en course pour un triplé. Et ce n'est clairement pas l'année où on l'attendait. Alors que QSI a érigé la Ligue des champions en priorité depuis son arrivée en 2011, avec les échecs et traumatismes qu'il n'est pas nécessaire de rappeler, Luis Enrique a détendu l'atmosphère. Disant avoir de "l'ambition", il a assuré ne pas faire "une obsession" de "la Coupe aux grandes oreilles".

Une manière de retirer cette pression qui a trop souvent pesé sur le PSG les saisons précédentes. Et ça a marché jusqu'ici, puisque, pour la première fois depuis 2021, le club de la capitale va retrouver le carré final de la C1. Ce sera face au Borussia Dortmund, contre qui il a joué mais pas perdu cette saison en phase de poules (2-0, 1-1). Avant de disputer une potentielle finale, quatre ans après son unique essai, contre le vainqueur de l'autre demi-finale opposant le Real Madrid, annoncé comme le point de chute de Kylian Mbappé l'été prochain, et le Bayern Munich, son bourreau en 2020

Si Paris peut "rêver plus grand", Marseille n'est pas en reste. Six ans après leur échec sans appel en finale de la Ligue Europa contre l'Atlético de Madrid (0-3), emmené par un Griezmann étincelant, les Olympiens vont revivre le grand frisson européen. Empêtré dans une saison chaotique, qui a vu les réunions de crise avec les supporters s'enchaîner et pas moins de trois entraîneurs défiler sur son banc (Marcelino, Gennaro Gattuso et Jean-Louis Gasset), l'actuel 9ᵉ de Ligue 1 est comme transcendé en Coupe d'Europe.

"Il faut se donner comme objectif d'aller jusqu'au bout et, cette fois-ci, la gagner", a lâché Pierre-Emerick Aubameyang, en référence aux trois défaites en autant de finales de C3 (1999, 2004 et 2018). Pour faire vibrer le Vieux-Port, comme un soir de mai 1993, il faudra se défaire en demie de l'Atalanta Bergame, qui a éliminé Liverpool au tour précédent. Puis battre en finale l'AS Rome ou l'invincible Bayer Leverkusen, tout juste auréolé champion d'Allemagne pour la première fois en 120 ans d'existence. Mais n'a-t-on pas l'habitude de dire, à Marseille, qu'on craint "dégun" ?


Yohan ROBLIN

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