Ligue 1 : peu d'équipes ont fait pire que l'OL, combien de points doit-il prendre pour se maintenir ?

Publié le 7 décembre 2023 à 16h35, mis à jour le 8 décembre 2023 à 10h27

Source : Sujet TF1 Info

Encore balayé à Marseille mercredi (3-0), l'Olympique lyonnais est plus que jamais lanterne rouge de Ligue 1.
Pire, avec 7 petits points pris en quatorze journées, les Rhodaniens sont sur les traces de certains des plus grands cancres de l'histoire du championnat.
Pour espérer se sauver, les coéquipiers d'Alexandre Lacazette vont devoir performer à un rythme exceptionnel.

L'OL continue de perdre encore et encore. Déstabilisé par une grave crise institutionnelle, en difficulté financière et entravé sur le marché des transferts l'été dernier, l'Olympique lyonnais vit aussi et surtout un début de saison cauchemardesque sur les pelouses. Le pire au XXIe siècle, sans aucun doute. Après quatorze journées de Ligue 1, et un dernier déplacement soldé sur une énième humiliation du côté de Marseille (3-0), les Rhodaniens ne comptent que 7 points. Ils occupent logiquement la 18e et dernière place du classement. 

C'est simple, depuis le mois d'août dernier, ils ne se sont imposés qu'à une seule reprise, contre Rennes, réduit à 10 pendant 85 minutes (0-1). Le septuple champion de France possède, en outre, la pire défense (27 buts encaissés) et la deuxième pire attaque (11 buts marqués) du championnat. Autre chiffre accablant, les pensionnaires du Groupama Stadium n'ont tout simplement jamais ouvert le score devant leur public. Et ils n'y ont toujours pas gagné. 

Entre la malchance, le manque de réalisme, l'absence de qualité technique et un mental au plus bas pour une formation qui n'est pas programmée pour jouer le maintien, les Gones s'enfoncent inexorablement dans la crise. Les entraîneurs ont beau se succéder - quatre depuis le début de l'exercice -, au même titre que les systèmes tactiques ou le nom des joueurs alignés sur le terrain, le résultat reste le même. Comme Saint-Etienne, Sochaux et Bordeaux - tous des clubs historiques de l'élite relégués dans les divisions inférieures - avant lui, Lyon ne trouve pas la clé pour briser la spirale négative et se retrouve en grand danger.

Dans la même cour qu'Arles-Avignon 2010-2011

Pire, la bande à Alexandre Lacazette, qui erre comme une âme en peine à la pointe de l'attaque, se trouve dans les temps de passage de certaines des pires formations de l'histoire de l'élite, à commencer par le RC Lens, qui avait achevé sa saison 1988-1989 avec 17 points, Troyes (18 points en 2015-2016) ou même le SCO d'Angers (18 unités également en 2022-2023). D'ailleurs, les Angevins totalisaient 8 points à ce stade de la saison, l'an passé. On se souvient aussi des énormes retards à l'allumage d'Istres (8 points en 14 journées) en 2004-2005, du Havre (11) en 2008-2009 ou encore d'Arles-Avignon (8) en 2010-2011. Toutes ces équipes ont fini reléguées au mois de mai suivant, souvent assez nettement. D'ailleurs, avec un total si famélique après quatorze rencontres en première division, aucun club n'a échappé à la relégation depuis Sedan en 1947-1948. 

Même si ces quatre premiers mois de compétition sont du jamais-vu entre Rhône et Saône depuis le début du XXIe siècle - les supporters sont même habitués à voir leurs protégés à jouer les premiers rôles -, l'espoir demeure du côté de la capitale des Gaules. Certes, sportivement, l'OL ressemble à un malade en mort cérébrale, mais le mercato d'hiver, lors duquel l'état-major lyonnais espère frapper un grand coup, peut rebattre les cartes. Monaco en 2018-2019, bon 19e avec seulement 12 points à la trêve hivernale (9 points après 14 journées), qui est finalement parvenu à sauver sa place, en est un bon exemple. Toujours est-il que le temps presse. Et surtout, rien ne garantit que les Lyonnais parviendront à inverser suffisamment rapidement la spirale infernale. 

Une trentaine de points à prendre en vingt journées

Avec son faible matelas de 7 points, les joueurs de Pierre Sage, qui assure l'intérim après l'éviction de Fabio Grosso, se sont largement compliqués la tâche. Pour bien comprendre l'ampleur de ce qui les attend, rappelons que le maintien se jouait généralement entre 39 et 42 points dans une Ligue 1 à vingt équipes. Lors de la dernière décennie (en dehors de la 2019-2020, tronquée par le Covid-19, et la 2022-2023 avec quatre descentes), la moyenne du premier non relégable était de 39,1 points après 38 matchs. Ramenée à 34 journées (puisque le championnat compte désormais 18 membres), cela donne environ 35 points. C'est donc, vraisemblablement, le total minimal qu'il faudra atteindre pour se trouver en dehors de la zone rouge dans le final. 

Toutefois, lors de la précédente réduction de l'élite française à 18 équipes, entre 1996 et 2002, la moyenne du premier non relégable se situait plutôt autour des 38 points. Il avait même fallu 42 unités à Marseille pour sauver sa peau en 1999-2000. 

À partir de là, en se projetant, il est raisonnable de penser que le maintien devrait se jouer cette année entre 35 et 38 points, et selon toute vraisemblance plutôt sur le bas de cette fourchette. Il reste donc 20 journées à l'OL pour récupérer entre 28 et 31 points. Cela représente en moyenne entre 1,4 et 1,55 point par match, soit presque trois fois plus que le rythme actuel du club (7 points en 14 matchs, soit 0,5 par rencontre). Pour illustrer à quel point cette performance est loin d'être acquise, le RC Lens, actuel 6e du classement, et le Stade de Reims, actuel 5e, ont respectivement empoché 22 (1,57 par confrontation) et 23 points (1,64 par partie) depuis le coup d'envoi de la saison. 

À noter tout de même qu'au vu du rythme actuel des derniers de la classe, le maintien pourrait, exceptionnellement, être acquis plus facilement. Montpellier (13e), Toulouse (14e) et Strasbourg (15e), les trois premiers non relégables actuels, n'avancent pas beaucoup plus et affichent seulement 13 points au compteur, soit 6 de plus que Lyon. S'ils maintiennent cette cadence de moins d'un point par sortie (0,92), ils termineront aux environs des 31 ou 32 points. Ce qui pourrait être une aubaine pour Jake O'Brien et compagnie. À condition, évidemment, de commencer à inscrire plus de buts que leurs adversaires. Et cela commence dès ce dimanche 10 décembre (17h) avec la réception ultra-importante de Toulouse, qui pourrait déjà décider d'une partie de l'avenir de ce géant du football hexagonal. 


Maxence GEVIN

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