Ligue des champions : le parcours du PSG de Messi, Neymar et Mbappé

Bayern-PSG : l'absence de Lewandowski est-elle un si bon signe pour Paris ?

Yohan ROBLIN
Publié le 7 avril 2021 à 18h22, mis à jour le 7 avril 2021 à 19h20
Robert Lewandowski au duel avec Presnel Kimpembe lors de la finale de la C1 à Lisbonne, le 23 août 2020.

Robert Lewandowski au duel avec Presnel Kimpembe lors de la finale de la C1 à Lisbonne, le 23 août 2020.

Source : LLUIS GENE / POOL / AFP

SENTIMENTS MÊLÉS - Pour son quart de finale aller contre le PSG, mercredi, le Bayern Munich sera privé de Robert Lewandowski, touché au genou droit avec sa sélection. L'absence du Polonais, machine à marquer, pèsera lourd pour les Bavarois, mais elle soulève aussi quelques inconnues pour les Parisiens.

"On ne va pas faire la fine bouche." Oui, Kylian Mbappé a raison : l'absence de Robert Lewandowski est une "bonne nouvelle" pour le PSG. Touché au genou droit avec la Pologne, le 28 mars dernier, la machine à buts bavaroise va rater a minima le quart de finale aller de Ligue des champions, mercredi 7 avril (à 21h, en live commenté sur LCI), à Munich. Pour le Bayern, le forfait de "Lewy" est à n'en pas douter une énorme perte. Auteur de 42 réalisations, dont 35 en 25 matchs de Bundesliga, à cinq longueurs du record de Gerd Müller (40 en 1971-1972), il pèse pour plus d'un tiers des buts du club allemand cette saison. 

"Son absence est préjudiciable. Quand il n'est pas là, son équipe est en position déficitaire", assure à LCI Ludovic Obraniak, qui a alimenté en ballons le troisième meilleur artificier de la compétition (73 buts) en sélection polonaise. Au-delà de ses statistiques ébouriffantes, qui le classent juste derrière Cristiano Ronaldo et Lionel Messi, Lewandowski laisse l'impression qu'il y a deux Bayern : l'un avec et l'autre sans lui. Outre son côté finisseur à sang-froid, "RL9" se relève un rouage essentiel du collectif bavarois. Le jeu direct vers le Polonais est d'ailleurs le circuit préférentiel des hommes de Hans-Dieter Flick. 

Il est le bras armé de l'animation offensive

Ludovic Obraniak, consultant pour la chaîne L'Équipe

"Il est le bras armé de l'animation offensive. Lorsqu'il est là, il attire les deux centraux adverses et libère de l'espace pour les deux ailiers, que sont Kingsley Coman et Leroy Sané. Son travail en pivot leur permet de s'épanouir", souligne le champion de France 2011 avec le LOSC, désormais consultant pour la chaîne L'Équipe. Un apport dos au but qu'il a mis, avec la sagesse des années, au service de ses coéquipiers. "Il a su transformer son jeu. À l'époque, quand je jouais avec lui, il était un peu avare. Il ne pensait qu'à la cage, il ne pensait qu'à ses stats, qu'à marquer", se souvient son ancien partenaire chez "les Aigles blancs" (le surnom de l'équipe de Pologne). "Il s'est rendu compte que, pour recevoir, il faut aussi savoir donner, de temps en temps. Sa relation avec les autres joueurs au Bayern s'est justement construite sur ce principe."

Il est tellement prépondérant dans le jeu, que les champions d'Allemagne ne lui ont pas d'alternative comparable. Au Bayern, tous les postes sont doublés, voire triplés avec des joueurs de niveau égal ou presque. À l'exception du sien, où son profil reste unique. "Le poste de numéro 9 est assez spécifique, c'est comme pour le gardien de but. Il faut de la confiance et une hiérarchie bien établie. Quand on a un Lewandowski, je ne vois pas l'intérêt aujourd'hui d'acheter un joueur qui serait son équivalent, outre le fait que c'est très dur à trouver", tempère l'ancien footballeur. "Je ne sais pas si l'émulation serait si bonne que ça."

Lewandowski forfait contre le PSG, Eric Maxim Choupo-Moting devrait à nouveau le suppléer. - ANDREAS GEBERT / POOL / AFP

Cette saison, les quelques fois où "Lewy" a été absent (cela se compte sur les doigts d'une main), c'est Eric Maxim Choupo-Moting, recruté dans un rôle de super-sub destiné à demeurer dans son ombre, qui a pris sa place. En son absence, mercredi à l'Allianz Arena, l'option menant à l'ancien Parisien, encore éprouvée contre Leipzig (1-0) le week-end dernier, devrait être retenue par Hansi Flick. D'autant que la piste Serge Gnabry n'est plus d'actualité, après le test positif au Covid de l'international allemand, forfait pour la double confrontation face au PSG. "J'imagine un 4-2-3-1 avec Müller entre les lignes en 10, Sané et Coman sur les côtés et Choupo-Moting devant", couche sur le papier Ludovic Obraniak, qui espère que "la loi des séries", selon laquelle les ex du PSG marquent contre le club de la capitale, ne se vérifiera "pas ce coup-ci."

S'il pense qu'il est apte à jouer (le retour), il jouera

Ludovic Obraniak, consultant pour la chaîne L'Équipe

"Que (Lewandowski) soit là ou pas, cela ne va pas changer grand-chose", a d'ailleurs prévenu Presnel Kimpembe, préférant ajuster la focale sur le collectif munichois. "Cela reste une grande équipe du Bayern", a rappelé le Parisien au micro de Téléfoot, conscient que les Bavarois sont suffisamment armés, même sans leur meilleur buteur. Les coéquipiers de Manuel Neuer seront potentiellement plus imprévisibles dans les mobilités et la recherche de la profondeur. "C'est vrai que le danger peut venir de partout", abonde l'ancien Lillois. "La force du collectif allemand peut leur permettre de mieux compenser la perte d'une individualité forte, contrairement au PSG, par exemple, qui jouera sans Marco Verratti", positif au Covid.  

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S'il croise les doigts pour que ses partenaires ne ressentent pas trop son absence, Robert Lewandowski n'entend pas rester spectateur de ces quarts de finale. Le Polonais s'est fixé l'objectif d'être remis sur pied pour le match retour au Parc des Princes, le 13 avril. Selon Kicker, il aimerait hâter son processus de rétablissement pour réduire de quatre à deux semaines son indisponibilité. 

Ce fol espoir d'un retour accéléré ne surprend pas Ludovic Obraniak. "Lewy est un garçon intelligent. Il a compris, et ce qui fait qu'il est aujourd'hui incontournable dans le Top 5 mondial, que son corps est son outil de travail. Il en prend soin, il le peaufine, il est à l'écoute de ce qu'il ressent", nous explique-t-il. "S'il pense qu'il est apte, si le staff médical du Bayern lui donne le feu vert, il jouera. Ce n'est pas un garçon qui triche ou qui est dans l'anticipation, lui il ne voit que le match d'après. Il veut aller chercher une deuxième Ligue des champions de suite, et il veut jouer un rôle majeur dans cette épopée."

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