Plusieurs joueurs de Ligue 1 et Ligue 2 ont refusé, le week-end dernier, de jouer avec un maillot floqué aux couleurs LGBTQ+.
Ils n'ont pas souhaité s'associer à la campagne, pilotée par la LFP, pour lutter contre l'homophobie et toutes autres formes de discrimination.
La ministre des Sports, Amélie Oudéa-Castéra, s'est déclarée favorable à des sanctions de la part des clubs envers leurs joueurs.

Ce devait être un week-end sous le signe de la tolérance. Chaque saison, depuis 2019, à l'approche du 17 mai, journée mondiale contre l'homophobie, les 40 équipes de Ligue 1 et Ligue 2 arborent un flocage arc-en-ciel, "message de diversité, d'espoir et d'amour". Un an après la polémique soulevée par Idrissa Gueye, qui avait déclaré forfait en dernière minute, car il ne voulait pas porter le maillot du PSG aux couleurs LGBTQ+, l'édition 2023 de cette campagne annuelle, annoncée par le slogan "Homo ou hétéro, on porte tous le même maillot", a été de nouveau troublée. 

Plusieurs joueurs de Toulouse, Nantes ou Guingamp ont refusé de jouer avec cette tenue spéciale, destinée à mettre en avant les droits des individus, victimes de d'homophobie et de toutes autres formes de discrimination, que ce soit dans le football ou la société en général. 

C'est notamment le cas de l'international marocain Zakaria Aboukhlal, qui a justifié son choix de ne pas prendre part au match Toulouse-Nantes (0-0), dimanche 14 mai, en raison de "ses croyances personnelles". Un match auquel n'a pas participé non plus l'attaquant égyptien Mostafa Mohamed. S'il a affirmé "respecter toutes les différences", il a expliqué qu'il lui était impossible "de participer à cette campagne vu (ses) racines, (sa) culture, l'importance de (ses) convictions et croyances". 

Il est de la responsabilité des clubs de prendre des sanctions
Amélie Oudéa-Castéra, ministre des Sports

"Je regrette vivement qu'on n'ait pas 100% des joueurs en France qui se retrouvent dans ce message de non discrimination", a déploré sur France 2 la ministre des Sports, Amélie Oudéa-Castéra, saluant au passage "l'action de la LFP". "C'est essentiel ! On est dans un pays qui a toujours promu le respect des autres, des droits de l'Homme. C'est essentiel qu'on puisse tous se retrouver dans un message aussi basique de vivre ensemble." "Je pense qu'il est de la responsabilité des clubs, avec un dialogue avec leurs joueurs, de prendre des sanctions", a-t-elle estimé. Un appel entendu par les dirigeants nantais, qui ont décidé de sanctionner "financièrement, mais pas sportivement" Mostafa Mohamed, rapportent l'AFP et Ouest-France

"En France, quand on a une opération qui est cadrée de cette façon, qui embarque tous les clubs sur un sujet basique de non-discrimination, il faut être là", a insisté la ministre. "C'est nécessaire." La très grande majorité des joueurs de Ligue 1 et Ligue 2 a d'ailleurs accepté de jouer le jeu, en s'affichant avec leurs numéros aux couleurs du drapeau des fiertés LGBTQ+. "Il ne faut pas donner trop d'importance à ces choix individuels et ne pas oublier que plus de 400 joueurs ont joué le jeu sans aucun problème", a insisté auprès l'AFP Bertrand Lambert, membre du Panamboyz and Girlz United, qui collabore avec la Ligue tout au long de l'année. "C'est une réaction ultra-minoritaire." 

Même s'il reste quelques récalcitrants à cette opération, "on sent quand même que les choses petit à petit ont évolué" dans le bon sens, a assuré le responsable d'association. Preuve en est, face à Lorient (1-1), le club de Montpellier a inséré l'arc-en-ciel dans son écusson, en lieu et place de ses traditionnelles bandes bleues et blanches. "Avant on était un peu seuls à tirer le signal d'alarme, jusqu'au jour où des matchs ont été arrêtés, le problème qui était mis sous le tapis est devenu public". "La 'planète foot' a quand même bien évolué", a-t-il loué. "Avant c'était anormal d'en parler, aujourd'hui c'est anormal de ne pas porter ce maillot."

Dans une lettre ouverte aux joueurs consultée par Le Monde, le conseil de l'éthique de la FFF a "regretté" les "comportements des quelques joueurs qui ont refusé de porter le maillot" et qui "se rendent complices de comportements homophobes", tout en affirmant qu'il "ne saisira pas la commission de discipline" de l’instance dirigeante du football français. 


Yohan ROBLIN

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