Par le biais de son président, la Fédération palestinienne de football a demandé, vendredi 17 mai, la suspension "immédiate" d'Israël de la Fifa.
Une "tentative cynique" de "nuire au football israélien", a aussitôt réagi son homologue israélienne.
La Fifa, elle, a joué la montre en repoussant à une date ultérieure un vote sur la proposition palestinienne.

Le football à l'ombre de la guerre à Gaza. Alors que le conflit opposant Israël au Hamas est entré dans son 8ᵉ mois, l'État hébreu a dit mener depuis une dizaine de jours des opérations "ciblées" au sol à Rafah, accompagnées de bombardements, avec l'objectif affiché d'y anéantir les derniers bataillons du mouvement islamiste palestinien. Le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a qualifié de "décisive", jeudi 16 mai, la bataille dans cette ville du sud de la bande de Gaza en dépit des craintes internationales.

Tandis que le spectre d'une attaque d'ampleur plane sur Rafah, la Fédération palestinienne de football a demandé, vendredi 17 mai, la suspension "immédiate" d'Israël. "La balle est dans votre camp", a lancé Jibril Rajoub, président de la Fédération palestinienne (PFA), à Gianni Infantino, son homologue de la Fifa, à l'ouverture du 74ᵉ Congrès de l'instance dirigeante à Bangkok, mégalopole thaïlandaise transformée en capitale mondiale du ballon rond. 

Dans un courrier de sept pages envoyé mi-mars, la PFA énumérait les conséquences directes des bombardements à Gaza - "au moins 92 footballeurs tués" et toutes les infrastructures sportives détruites -, tout en soulignant l'absence de lutte contre "la discrimination et le racisme" anti-palestiniens, revendiqués par une partie des supporters du Beitar Jérusalem, ainsi que des publications de dirigeants sur les réseaux sociaux soutenant "le génocide à Gaza".

La Fifa joue la montre

Une requête qualifiée de "tentative cynique" de "nuire au football israélien", a répliqué la Fédération israélienne (IFA). La proposition soumise, en relation avec la guerre à Gaza, "n'a rien à voir avec l'IFA et ses activités", a dénoncé le président de l'instance israélienne, Shino Moshe Zuares. 

"Il s'agit d'une situation politique extrêmement compliquée. Je ne souhaite à personne de vivre ce genre de tragédie", a-t-il dit, assurant vouloir "tendre la main" et "envisager des matchs amicaux" lorsque "l'atmosphère sera redevenue plus calme". "Pour tendre la main, il faut qu'il y ait en face des gens vivants et libres", a répliqué le directeur juridique de la Fédération palestinienne depuis l'assistance.

La Fifa a repoussé la revendication palestinienne de tenir, dès vendredi, un vote sur une éventuelle suspension de la Fédération israélienne. Gianni Infantino a toutefois promis une décision d'ici le 20 juillet, date à laquelle le Conseil de la Fifa se réunira de manière extraordinaire "pour prendre les décisions qui sont appropriées". Dans l'intervalle, "la Fifa enverra des experts juridiques indépendants afin d'analyser" les arguments de la PFA, qui accuse l'IFA d'une série de violations des statuts de l'instance mondiale du football, dans la bande de Gaza comme en Cisjordanie.


Yohan ROBLIN

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