Le CIO suggère le retour des Russes "à titre individuel", sans rien acter pour les JO de Paris 2024

par Y.R.
Publié le 28 mars 2023 à 17h36, mis à jour le 28 mars 2023 à 19h32

Source : Sujet TF1 Info

Le Comité international olympique (CIO) a préconisé, mardi 28 mars, la réintégration des sportifs russes et biélorusses pour les compétitions qualificatives pour les Jeux olympiques de 2024.
À condition notamment que les athlètes participent aux dites compétitions sous bannière neutre et "à titre individuel".
Une recommandation qui ne garantit pas leur présence à Paris, que l'instance olympique actera "en temps voulu et à son entière discrétion".

Des recommandations, mais pas de décision. À moins d'un an et demi des Jeux olympiques de Paris 2024, le débat n'en finit plus sur la réintégration des athlètes russes et biélorusses. Alors que l'escrime se déchire depuis l'annonce de leur retour prochain dans les tournois mondiaux, World Athletics a confirmé leur exclusion des compétitions internationales d'athlétisme dans un "futur proche", en raison de l'invasion russe en Ukraine. Dans ce contexte, le sport mondial pressait pour que le Comité international olympique (CIO) fixe une ligne directrice. 

Face à la presse, mardi 28 mars, le président du CIO, Thomas Bach, a temporisé, assurant que l'instance centenaire décidera "en temps voulu et à son entière discrétion", de l'éventuelle participation des Russes et Biélorusses aux JO 2024. Il n'a d'ailleurs pas annoncé de date butoir pour acter ou non de leur présence à la grand-messe olympique. 

Une réintégration sous conditions

Si elle joue la montre sur le sujet explosif de Paris 2024, la Commission exécutive de l'institution olympique a recommandé, en revanche, la réintégration sous conditions des sportifs russes et biélorusses aux compétitions internationales, en dépit des menaces de boycott de l'Ukraine, de la Pologne et des pays baltes. Après quatre mois de consultations avec l'ensemble de la communauté, le CIO a donc choisi de laisser aux Fédérations et organisateurs de tournois mondiaux la responsabilité première d'inviter ou pas les athlètes exclus depuis février 2022, se contentant de "recommandations" pour "harmoniser leur approche"

L'instance olympique a préconisé de limiter le retour à la compétition des sportifs "détenteurs d'un passeport russe ou biélorusse", pour peu qu'ils concourent "à titre individuel" et sous bannière neutre, qu'ils n'aient "pas activement soutenu la guerre en Ukraine" et ne soient pas sous contrat avec l'armée ou les services de sécurité des deux pays.

À peine rendu, l'avis est déjà controversé. Berlin l'a vivement regretté. "C'est une gifle aux sportifs ukrainiens", a déploré la ministre allemande des Sports, Nancy Faeser. "Le sport international doit condamner en toute clarté la guerre d'agression brutale menée par la Russie. Cela ne peut se faire qu'en excluant complètement les athlètes russes et biélorusses. (...) Les Jeux olympiques ne se déroulent pas dans le vide. Ceux qui laissent le belliciste russe utiliser des compétitions internationales pour sa propagande nuisent à l'idée olympique de paix et de compréhension entre les peuples." C'est "un jour de honte pour le CIO", a pesté Varsovie.

La Russie n'applaudit pas pour autant

Un point de vue partagé du côté de Moscou, mais pas pour les mêmes raisons. Le Comité olympique russe a dénoncé des critères "inacceptables" et "discriminatoires". "Les décisions de la Commission exécutive sont une farce. Les principes du CIO et de l'ONU sont bafoués", a accusé son président Stanislav Pozdniakov, exigeant "des conditions égales pour les athlètes de tous les pays". Sur le critère de ne pas réintégrer des sportifs "sous contrat" avec l'armée, il a jugé que cette mesure a pour "but" de "nuire au sport russe dans son ensemble" en créant "un conflit au sein de la communauté sportive". Un grand nombre d'athlètes, dont certains parmi les plus performants dans leur discipline, pourraient de fait être exclus.

Toutefois, le fait d'entrouvrir la porte à un certain nombre d'entre eux est "un aveu" du CIO, a conclu le patron du Comité russe, suite à "l'erreur" de les avoir exclus, dans la foulée du début de l'offensive en Ukraine.


Y.R.

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