France-Allemagne au Mondial de handball : Nikola Karabatic, "l'Expert" réinventé

Publié le 25 janvier 2023 à 12h45, mis à jour le 25 janvier 2023 à 19h08

Source : Sujet TF1 Info

Il a tout gagné avec les Bleus. Et, à 38 ans, il a encore faim.
Doyen de l'équipe de France, Nikola Karabatic joue moins, mais son aura dépasse plus que jamais le simple terrain.
Au moment d'affronter l'Allemagne, mercredi 25 janvier (20h20, sur TFX), en quarts de finale du Mondial, "Niko" aura une fois encore son mot à dire.

Infatigable, insatiable, indémodable... Il a beau avoir tout gagné - trois fois champion olympique (2008, 2012 et 2021), quatre fois du monde (2009, 2011, 2015 et 2017) et trois fois d'Europe (2006, 2010 et 2014) -, à 38 ans, dont 21 en équipe de France, Nikola Karabatic continue d'étirer la parenthèse ouverte un 2 novembre 2002. Toujours avec la même envie, toujours avec le même plaisir. Dernier survivant de la génération des "Experts" (2009-2017), qui a martyrisé le handball européen, mondial et olympique, il vit, en Pologne et en Suède, son 25e tournoi, son 10e Championnat du monde, avec ce maillot bleu qu'il chérit tant. 

Dans ce groupe rajeuni depuis le titre olympique à Tokyo en 2021, et les retraites de Michaël Guigou et Luc Abalo, deux autres rescapés de cet âge d'or, "Kara" a hérité du titre honorifique de doyen. Il faut dire que son expérience tricolore (1277 buts en 343 sélections, soit 3,72 buts par match), à l'instar de son palmarès gargantuesque, est sans pareil dans l'effectif français. 

"Un grand frère d'exception"

"Je n'ai pas de rôle spécial", aime rappeler l'aîné des frères Karabatic, relativisant ainsi l'importance que lui confère son riche passé en équipe de France. Pourtant, lorsqu'on tend le micro dans le vestiaire français, l'apport de l'arrière gauche du PSG ne fait aucun doute. Il est "la voix du sage", juge Luka, son frère cadet, promu capitaine des Bleus à l'automne. "Pour les jeunes générations, pouvoir bénéficier de son expérience, de l'investissement qu'il met encore après avoir tout gagné et à maintes reprises, cela ne peut être que moteur." "C'est quelqu'un qui est immensément important pour ce groupe, qui depuis des années en est le guide", assure Guillaume Gille, qui fut l'un de ses coéquipiers avant de devenir son sélectionneur. 

"Par son exemplarité, son leadership, il montre très rapidement à tous les jeunes comment fonctionne la boutique. Niko est une machine exemplaire, unique dans sa capacité à se relever des blessures, à durer, à être de tous les combats", insiste-t-il, admiratif du natif de Niš, en Serbie (ex-Yougoslavie), qui "joue tous les trois jours depuis 20 ans". "Il faut se rendre compte ce que ça signifie pour un athlète qui évolue depuis plus de 20 ans dans les plus grands clubs du monde. À ce titre, c'est quelque chose d'assez phénoménal ! (...) Il apporte toute son expérience, son habitude des grands rendez-vous, sa manière de vivre les moments de compétition et de tension. Il a à la fois cette mentalité de compétiteur absolu mais aussi la capacité d'embarquer les autres avec lui. C'est en ça que cela en fait un grand frère d'exception. Il a un peu toutes les facettes du leader moderne."

Nikola Karabatic met son expérience au service de la nouvelle génération.
Nikola Karabatic met son expérience au service de la nouvelle génération. - FRANCK FIFE / AFP

Taiseux et discret en public, Nikola Karabatic incarne à merveille ce rôle de "grand frère" au contact de la nouvelle génération, symbolisée par Thibaud Briet, 23 balais à peine. "Il est là pour nous épauler, ne tire jamais la couverture à lui, a toujours les bons mots aux bons moments", selon Nedim Remili, son partenaire en Bleu et ex-coéquipier au PSG. "C'est quelqu'un de simple, qui parle peu, mais il possède une aura particulière", expliquait au Monde Aymeric Minne, blessé à une cheville et absent au Mondial. "Quand j'ai débuté, il est venu me dire de ne pas m'inquiéter, qu'il était sûr que j'allais faire un bon match, ça m'a galvanisé !" "C'est un exemple pour nous, l'aboutissement du travail acharné", indiquait Karl Konan, qui lui aussi a déclaré forfait pour le tournoi, en raison d'une fracture à un pied. "Et il a encore de beaux restes, il est toujours au-dessus."

Prêt à pousser jusqu'à Paris 2024 ?

De "beaux restes" dont il prend grand soin. "J'essaie juste déjà d'être performant sur le terrain, et plus on vieillit, plus on approche de la fin de carrière, plus c'est difficile de rester compétitif et aussi performant que les jeunes", reconnaît toutefois le vétéran. Mais s'il joue moins, afin de se préserver après des blessures à répétition, "Niko" a quelque chose en plus que les autres. Il a la gagne en lui. Grâce à son talent et son état d'esprit, il reste en mesure, à tout moment, de faire la différence. 

Une aide qu'il compte bien apporter de nouveau face à l'Allemagne en quarts de finale, mercredi 25 janvier (à 20h20, à suivre en direct sur TFX), le même adversaire qui avait lancé en 2007 l'épopée des "Experts". Et quelle que soit l'issue, il le promet, ce ne sera pas encore l'heure des "au revoir" avec les Bleus. "Ce n'est pas censé être mon dernier match en équipe de France, il y en aura d'autres", a-t-il assuré, dans des propos relayés par L'Équipe. "Que ce soit mon dernier Mondial n'est pas vraiment quelque chose d'exceptionnel parce que derrière j'ai la possibilité de participer à un Euro (en 2024, ndlr) et peut-être des JO." Des Jeux olympiques qui auront lieu chez lui, à Paris, en 2024. Pour peut-être, on l'espère, une fin en apothéose.


Yohan ROBLIN

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