Hulk, Poutine, racisme... ces choses à savoir sur le Zenit Saint-Pétersbourg

Jérémy Satis
Publié le 19 octobre 2015 à 18h55
Hulk, Poutine, racisme... ces choses à savoir sur le Zenit Saint-Pétersbourg

LIGUE DES CHAMPIONS – L'Olympique Lyonnais se déplace à Saint-Petersbourg, mardi, pour affronter l'actuel leader du groupe H. Si le Zenit a déjà remporté une petite Coupe d'Europe en 2008, le club demeure peu connu du grand public. L'occasion de s'arrêter sur les spécificités d'un club pas tout à fait comme les autres.

Son meilleur joueur s'appelle Hulk !
A l'image de Lionel Messi ou George Best, il y a des sportifs qui portent bien leurs noms... et Hulk en fait partie. L'attaquant brésilien du Zenit, véritable star de l'équipe, est tellement athlétique qui l'en ferait presque rougir son homonyme vert. Si son adresse face au but est reconnue dans le monde entier, c'est sa frappe de mule qui a construit sa légende. A tel point que son club a décidé de créer une vidéo, évidemment truquée, dans laquelle l'ancien joueur de Porto troue les filets et fait littéralement exploser le ballon dans lequel il frappe. Transféré pour un montant avoisinant les 50 millions d'euros en 2012, l'international auriverde a disputé plus de 120 matchs avec son club et marque en moyenne une fois toutes les deux rencontres.


 Un club apprécié par Poutine et Medvedev
On dit souvent que pour réussir en Russie, il vaut mieux avoir le soutien de la haute autorité. De ce côté-là, le Zenit Saint-Pétersbourg est plutôt chanceux. Vladimir Poutine, le chef de l'état, et Dmitri Medvedev, son premier ministre, sont des sympathisants. Ils auraient même aider le club à grandir : en 2005, Gazprom, une entreprise de transport de gaz naturel décide de racheter Softnet, un concurrent alors partenaire du CSKA Moscou. Immédiatement, le groupe racheté met fin à sa collaboration avec le club moscovite, pourtant dominateur à l'échelle nationale (champion de Russie en 2003 et 2005). Dans la foulée, Gazprom parvient à acquérir le Zénit et affiche son ambition de vouloir l'installer parmi les tous meilleurs clubs en Europe. Et selon les médias russes, Vladimir Poutine, natif de Saint-Péterbourg, aurait même influencé (c'est un euphémisme) la décision de rachat par Gazprom. Le bras droit de Poutine, Dmitri Medvedev, né à Leningrad (anciennement St Petersbourg), est lui aussi un supporter du Zenit, assistant à l'occasion aux rencontres avec l'écharpe du club autour du cou. Depuis le rachat par Gazprom, le Zenit a remporté ses quatre premiers championnats nationaux (2007, 2010, 2012 et 2015) et la Coupe UEFA (l'équivalent de la Ligue Europa) en 2008.

Dmitry Medvedev le président russe et Alexei Miller, le big boss de Gazprom et accessoirement vice-président de la fédération russe.   - Dmitry Astakhov/AP/SIPA

Des supporters connus pour leur racisme
Le Zenit Saint-Pétersbourg est aussi funestement connu pour les injures racistes lancées par certains de ses supporters. En 2008, la France découvre le phénomène lorsque Marseille s'y déplace en Ligue Europa. Les joueurs olympiens de couleur sont alors chahutés par des supporters du Zenit déguisés en membres du Ku Klux Klan. En 2012, ils vont encore plus loin. Le groupe d'ultras Landscrona demande publiquement aux dirigeants de ne pas faire signer de joueurs "non-blancs" via un manifeste dans lequel il était écrit notamment: "Nous ne sommes pas racistes mais, pour nous, l'absence de joueurs noirs au Zenit est simplement une tradition qui maintient l'identité du club". Métis, Hulk, pourtant la vedette de la formation russe, n'est pas épargné. Le 27 septembre encore, il en était une nouvelle fois victime. 

Déjà décroché en Championnat...
Si les Lyonnais n'ont pu ramener qu'un match nul de Monaco en Ligue 1 vendredi, leur prochain adversaire reste lui aussi sur une performance moyenne en Premier League russe. Le Zenit a en effet été tenu en échec contre le Kouban Krasnodar (2-2) ce week-end. Pire, les joueurs de Villas-Boas sont même déjà décrochés en Championnat,pointant à la 3e place du classement après 12 journées. Ils accusent déjà dix points de retard sur le CSKA Moscou, solide leader après douze journées.
 


Jérémy Satis

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