Chaos au Stade de France : après le fiasco, le temps des explications... et des enquêtes

Après la finale chaotique de la Ligue des champions, faut-il s’inquiéter pour les Jeux olympiques 2024 ?

Léa COUPAU
Publié le 30 mai 2022 à 19h37
JT Perso

Source : JT 13h WE

Samedi soir, au Stade de France, de nombreux incidents ont émaillé la finale de la Ligue des champions entre le Real Madrid et Liverpool.
À deux ans de l'organisation des Jeux olympiques et paralympiques, et à un an de la Coupe du monde de rugby, est-ce inquiétant pour la France ?

Après le fiasco de la finale de la Ligue des champions, la France est-elle capable d'organiser d'autres événements sportifs de grande ampleur ? Samedi 28 mai, des centaines de supporters, faute de tickets valables, n'ont pas pu assister au match en or du football européen, créant de vifs débordements sur le parvis du Stade de France. À un an de la Coupe du monde de rugby et à deux ans des Jeux olympiques et paralympiques de Paris, où des millions de visiteurs sont attendus, faut-il redouter des failles dans l'organisation ?

Ces scènes de chaos sont "nécessairement inquiétantes", confirme, à TF1info Clément Gomez, sociologue des organisations sportives et de la gouvernance du sport à l’université Paris-Saclay. Elles ont offert "une image désastreuse de la France à l'étranger et mettent en lumière un échec organisationnel", ajoute le chercheur. 

Samedi soir, les ministres, Gérald Darmanin et Amélie Oudéa-Castéra ont très vite mis en cause "les 'supporters' britanniques, sans billet ou avec des faux billets" comme étant les véritables fauteurs de trouble. Et d'ajouter, ce lundi matin, qu'au moins "30.000 à 40.000 tickets ont été falsifiés" dans le camp de Liverpool, soit près de la moitié de la capacité du stade de France. Face à cette situation, le locataire de Beauvau s'est d'ailleurs félicité des "décisions prises par la police, sans qui, il y aurait eu des morts."

"C'est une communication sidérante", plante Clément Gomez. "Le fait de stigmatiser et de mettre la responsabilité sur un prétendu trafic de billets n'est pas la bonne marche à suivre", déplore-t-il, avant d'évoquer des incidents similaires en France. Lors du Tournoi des Six Nations, "les organisateurs avaient fermé des accès du stade pour fluidifier les entrées et ça s'était déjà très mal passé, avec des mouvements de foule", explique le sociologue qui refuse d'y voir un phénomène marginal. Pour le chercheur, les débordements ne sont que le symptôme d'une "rationalisation des moyens financiers dans la sécurité", un secteur qui peine déjà à recruter, accuse-t-il.

"On sait qu'on va avoir un risque de terrorisme aussi"

Soulignons que la finale de la Ligue des Champions devait initialement avoir lieu à Saint-Pétersbourg, en Russie, avant d'être relocalisée à Paris après le déclenchement de la guerre en Ukraine, le 24 février. La France n'a donc eu que trois petits mois pour organiser l’événement, contre quatre fois plus habituellement. Un défi pour la place Beauvau qui a dépêché 6800 policiers, gendarmes et pompiers aux abords du Stade de France et des fans zones à Paris.

"Il ne fait aucun doute que le gouvernement va tirer les conséquences de cet échec", appuie le chercheur français. D'autant que la France a déjà fait la preuve, lors de l'Euro 2016 de football, de ses compétences en matière d'organisation. "Ce qui est sûr, c'est qu'on va tout faire pour être complètement au rendez-vous. On sait qu'on va avoir des enjeux de cybersécurité et un risque de terrorisme aussi", a assuré, ce lundi matin, la porte-parole du ministère de l'Intérieur, sur France Info

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Pas question donc de verser dans la psychose : d'ici à ces grands événements sportifs, "il y aura suffisamment d'expertise et de temps pour pouvoir les accueillir correctement", estime aussi Clément Gomez.


Léa COUPAU

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