Plus qu'un an d'attente : le 26 juillet 2024, Paris accueillera la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques.
Un événement d'ampleur toujours en chantier à 12 mois du coup d'envoi des épreuves.
La ville sera-t-elle prête ? Pierre Rabadan, adjoint à la mairie de Paris en charge des Jeux olympiques, répond à TF1info.

Paris au centre de la planète olympique. Dans un an, le 26 juillet 2024, 200 délégations venues du monde entier défileront sur la Seine à l'occasion de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Paris. Le début du plus grand événement sportif, qui suscite encore aujourd'hui de multiples inquiétudes. Les chantiers seront-ils livrés à temps ? Combien de touristes débarqueront dans la capitale durant les Jeux ? Quid de la controversée billetterie ? À un an du coup d'envoi, Pierre Rabadan, adjoint à la maire de Paris en charge du sport, des Jeux olympiques et paralympiques et de la Seine, fait le point pour TF1info. Entretien.

Dans un an, Paris accueillera la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques 2024. La ville est-elle déjà prête ?

Pierre Rabadan : La ville est là où elle voulait être à un an des Jeux et sera prête le jour J. Depuis 2015 et l'officialisation de la candidature, nous n'avons ni réduit notre ambition sur la cérémonie d'ouverture, ni sur le concept des Jeux, très innovant, avec de nombreuses infrastructures au cœur de la ville. Nous franchissons peu à peu les étapes. Et ce, malgré les difficultés conjoncturelles, comme le Covid-19 ou la guerre en Ukraine et ses conséquences.

Nous ne pouvons pas livrer le plus grand événement du monde sans difficultés ponctuelles
Pierre Rabadan

Ces difficultés ont-elles entraîné des retards sur les chantiers des infrastructures ? Seront-elles toutes livrées à temps ?

Le contexte n'a pas toujours été favorable, mais nous n'avons aucune alerte sur les infrastructures en construction ou en rénovation, à l'exception d'un site d'entraînement. Nous aurons la capacité de livrer les 62 ouvrages, parfois même en avance, ce qui est particulièrement rare. Et lorsqu'il y a un retard, cela se compte en semaines, ce qui ne remet pas du tout en cause le bon déroulement des Jeux. Lors des précédents JO, les retards de chantiers ont coûté extrêmement chers en raison de la nécessaire accélération des travaux à l'approche de l'échéance. En France, ce ne sera pas le cas.

JO 2024 : combien vont-ils nous coûter et nous rapporter ?Source : JT 20h WE

Le président de Paris 2024, Tony Estanguet, évoque une dernière année de préparation "décisive", mais "difficile". C'est-à-dire ?

Nous allons arriver dans la phase de livraison opérationnelle qui suscite des interrogations et des problématiques, c'est tout à fait normal. Nous ne pouvons pas livrer le plus grand événement du monde sans difficultés ponctuelles. L'organisation des sites de compétition, leur prise en main, l'arrivée des volontaires, leur formation, les derniers travaux, la signalétique... La concrétisation de tout ce que nous avons anticipé va se présenter à nous dans les prochains mois. Cette phase est délicate, mais nous l'avons bien préparée.

La sécurité est le critère numéro 1
Pierre Rabadan

Plusieurs centaines de milliers de personnes sont attendues pour la cérémonie d'ouverture sur la Seine. Du jamais-vu, ce qui pose de nombreuses questions autour de la sécurité. Est-ce un défi risqué ?

C'est un défi, c'est certain : pour la première fois, la cérémonie d'ouverture se tiendra hors d'un stade. Nous finalisons actuellement les jauges, mais plusieurs centaines de milliers de personnes assisteront à la cérémonie ou seront dans la ville à cet instant. Cela représente forcément un défi organisationnel, y compris sécuritaire, mais je suis extrêmement clair : pour tout organisateur d'événement, la sécurité est le critère numéro un. Il y aura plus de 200 délégations, la planète entière va regarder Paris. Cela ne peut se faire que dans des conditions de sécurité parfaitement définies et respectées. Nous travaillons avec le ministère de l'Intérieur et la préfecture de police de Paris, et tout est pris en compte avec énormément de minutie.

Combien de touristes sont attendus à Paris pendant les Jeux ?

Paris a l'habitude d'accueillir du monde, notamment l'été : sur une durée équivalente aux Jeux, la population est d'un peu plus de 12 millions de personnes. Nous estimons que durant les JO, il y en aura 15,6 millions. C'est une augmentation importante, mais nous ne partons pas de rien. Il y a une mobilisation majeure des services de la ville et de toutes les infrastructures d'accueil comme les aéroports et les gares pour accueillir tout le monde. Nous travaillons également avec l'office du tourisme pour proposer une expérience touristique, y compris en dehors des sites olympiques. Et nous allons développer une offre avec 23 sites de festivités, accessibles gratuitement, qui permettront aux Parisiens et aux touristes qui n'ont pas de billet de vivre les Jeux de manière différente.

Les prix élevés des billets permettent d'avoir moins recours aux dépenses publiques
Pierre Rabadan

Justement, de nombreux Français n'ont pas de billet, parfois refroidis par les tarifs pour assister aux épreuves de Jeux olympiques qui se veulent pourtant "populaires". Comprenez-vous cette déception ?

Oui, la déception est une réalité. À titre personnel, j'ai aussi été frustré de ne pas pouvoir trouver exactement ce que je voulais. Mais c'est un événement qui arrive une fois par siècle, pour lequel il est impossible de satisfaire tout le monde. Et il y a des faits : sur les 10 millions de billets, 10% ont été préemptés par les pouvoirs publics pour les offrir à des publics qui ne peuvent pas en acheter. C'est une première pour un tel volume. Ensuite, cinq millions de billets sont vendus à 50 euros ou moins.

Mais pour les sessions les plus attractives, les prix approchent parfois le millier d'euros...

C'est très cher, mais cela répond aux besoins du Comité d'organisation de présenter un budget équilibré et qui s'appuie à 96% sur de l'argent privé. Ces prix permettent d'avoir moins recours aux dépenses publiques, orientées vers les Jeux paralympiques. En outre, notre concept de Jeux nous emmène dans des sites iconiques : Grand Palais, Grand Palais éphémère, Concorde, Tour Eiffel... Les jauges y sont moins importantes que les structures traditionnelles, ce qui raréfie notre offre. Construire des enceintes de 20.000 places aurait permis de proposer des billets moins chers, mais aurait-ce été utile pour l'après-Jeux ? Notre modèle vise aussi à réussir l'héritage des JO.


Idèr NABILI

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