Des JO d'hiver de Pékin sous le signe du Covid

Moustache à la Mario, engagement caritatif... Matt Hamilton, le curleur star des JO de Pékin

Publié le 10 février 2022 à 19h02
Avec son style atypique, Matt Hamilton détonne sur la glace de Pékin, le 10 février 2022.

Avec son style atypique, Matt Hamilton détonne sur la glace de Pékin, le 10 février 2022.

Source : LILLIAN SUWANRUMPHA / AFP

Avec son look détonnant et sa personnalité extravagante, Matt Hamilton est l'attraction des JO d'hiver.
Sur la patinoire de Pékin, le style de l'Américain ne laisse personne de glace.
Une originalité que le champion olympique en titre de curling cultive pour la bonne cause.

Il a une bouille que l'on retient au premier coup d'œil. Vous l'avez d'ailleurs sûrement déjà aperçue à la télévision ou sur les réseaux sociaux. Et il n'a pas pu vous laisser de glace. Avec ses dernières Nike à la mode, adaptées à la pratique du curling, ses tatouages colorés, sa longue chevelure, sa moustache signature et sa casquette "USA" vissée sur la tête, Matt Hamilton amuse par son apparence atypique. L'Américain de 32 ans (bientôt 33, le 19 février), qui se décrit comme "un enthousiaste de la moustache" sur Twitter, déchaîne les passions depuis qu'il a glissé sur la glace du National Aquatics Center de Pékin, lors de la défaite des États-Unis face à la Suède (7-4), en match de tour préliminaire, jeudi 10 février. 

Un style rétro qui était encore en construction à Pyeongchang, il y a quatre ans. En Corée du Sud, le curleur du Wisconsin portait déjà une moustache à la Mario Bros. Son look décalé, parfois moqué sur les réseaux sociaux, l'a propulsé au rang de star des Jeux d'hiver. La médaille d'or obtenue pendant la quinzaine olympique, la première pour Team USA en curling, la deuxième de tous les temps pour les États-Unis, lui a conféré le statut d'icône au pays de l'Oncle Sam. Tellement célèbre outre-Atlantique qu'il a même eu droit à une figurine à son effigie, la première jamais produite pour un joueur de curling. 

Une notoriété au service de nobles causes

Une notoriété qui s'accompagne d'excès. Depuis son titre olympique, Matt Hamilton, qui s'est laissé pousser les cheveux et fait tatouer le bras gauche, est régulièrement victime de ce que ESPN appelle les "Wikivandals". Ainsi, sur Wikipédia, l'encyclopédie en ligne fréquentée par 500 millions de personnes et nourrie des contributeurs anonymes, le natif de Madison a été présenté, à un moment ou à un autre, comme un parent perdu de Mario, un chasseur de cougars ou étant marié à sa propre sœur, Becca, avec qui il a participé à l'épreuve de curling en double mixte lors des derniers Jeux d'hiver. 

Ce vandalisme électronique divertit le quintuple champion du monde, qui ne manque pas d'humour. Ainsi, c'est avec un air détaché qu'il regarde tout ce qu'il se dit et s'écrit sur lui. Même lorsque d'aucuns affirment (faussement) qu'il serait "très impliqué dans son association caritative pour soigner le syndrome du côlon irritable, car il en souffre également." "N'importe qui peut y aller et bricoler. C'est Internet, où on peut dire n'importe quoi, donc la seule façon de battre le système est de l'ignorer", explique-t-il. Ou, comme lui, de s'en servir à bon escient. "Je ne suis même pas la personne du Wisconsin la plus célèbre avec une superbe moustache, mais j'adore être au centre de la conversation, même quand cela n'est pas pour apporter une vraie information."

Lire aussi

Que l'on parle de lui en bien ou en mal, peu lui importe. Le médaillé de bronze aux Mondiaux 2016 a compris que l'essentiel, c'est qu'on parle de lui. De cette manière, en captant l'attention médiatique, il bénéficie d'une tribune pour dépoussiérer l'image de son sport, le curling. "J'espère que dans quelques années, quand j'aurai fini de jouer au curling, vous verrez certains jeunes qui ont regardé les Jeux olympiques dire : 'Si ce type bizarre avec la moustache peut le faire, moi aussi'", confie le passionné de golf et de pêche, qui revendique de cultiver son originalité. "Démarquez-vous, soyez unique", clame-t-il. 

Philanthrope, ce fervent défenseur du mouvement Black Lives Matter voit aussi dans la fenêtre olympique une occasion unique d'exposer les causes qui lui tiennent à cœur, comme la lutte contre le cancer. Très investi, il prévoit d'ailleurs de se faire raser sa longue tignasse pour récolter des fonds pour la recherche. "Comme tout le monde le sait, mes cheveux, en plus d'être géniaux, vont être coupés pour une œuvre de charité", a-t-il annoncé. Qui a dit que les curleurs avaient un cœur de glace ?


Yohan ROBLIN

Tout
TF1 Info