Tokyo 2021 : des JO sous le signe du Covid

JO de Tokyo : la grande revanche de Clarisse Agbégnénou, enfin médaillée d'or

Yohan ROBLIN
Publié le 27 juillet 2021 à 12h17
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Source : JT 20h Semaine

GNAQUE - Clarisse Agbégnénou est enfin championne olympique. Au terme d'un combat acharné contre Tina Trstenjak, qui l'avait battue en finale à Rio en 2016, la combattante tricolore la plus titrée de l'histoire a apporté à la France sa deuxième médaille d'or, mardi 27 juillet.

La blessure de Rio est refermée. Il y a cinq ans, à Rio, Clarisse Agbégnénou avait été piégée en finale par la Slovène Tina Trstenjak. "Ce n'est pas la bonne médaille", avait-elle fulminé, désabusée, car obligée de se contenter de l'argent. À Tokyo, la porte-drapeau de la délégation tricolore avait fait de l'or olympique sa mission première. Après trois combats solides et maîtrisés, la judokate licenciée du Red Star Club de Champigny-sur-Marne s'était offerte le droit à une revanche face à Trstenjak, qui l'avait battue au Brésil en 2016. La numéro 1 mondiale n'a pas laissé passer sa chance une deuxième fois. 

Les dents plus longues que son adversaire, Agbégnénou est allée chercher le seul titre qui manquait à son époustouflant palmarès (quintuple championne du monde et d'Europe). Elle a battu sur waza-ari dans le golden score celle qui l'avait déjà privée de l'or en 2015 aux Championnats du monde. À l'initiative dès le début du combat, la Française a empêché Trstenjak de placer ses mouvements. Physiquement au point, le regard perçant telle une tigresse, elle a bondi pour aller chercher le Graal suprême.

"Enfin ! C'était la dure mentalement, mais finalement, c'était la plus simple. Je n'y crois pas", a-t-elle déclaré, en larmes, au micro de France 2, à la sortie du tatami. "J'étais en mission pour aller chercher cette médaille d'or. Ça n'a pas été simple, je n'ai pas les mots. C'est incroyable. Prendre ma revanche, cinq ans après, je n'aurais pas pu rêver mieux." Elle offre au judo sa quatrième médaille en quatre jours et à la France sa sixième médaille, la deuxième en or après l'épéiste Romain Cannone dimanche 25 juillet.

À 28 ans, celle que l'on surnomme affectueusement "Gnougnou" conforte un peu plus, avec cette médaille d'or aux JO, son titre honorifique de judokate française la plus titrée de l'histoire, devant ses prédécesseuses Lucie Décosse, Gévrise Emane et Brigitte Deydier. Seul Teddy Riner, le roi des tatamis, a un tableau de chasse plus fourni dans son sport : deux titres olympiques (et peut-être un troisième à venir, vendredi 30 juillet), dix titres de champion du monde et cinq médailles d'or européennes.

Clarisse Agbegnenou, la judokate française la plus titréeSource : JT 13h Semaine
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Elle a failli tout arrêter après le report des Jeux

Un obstacle a toutefois failli faire vaciller sur le chemin qui devait la mener vers le titre olympique : l'irruption du Covid-19. La native de Rennes, qui s'est emparée de quatre titres mondiaux et trois médailles d'or européennes sur la dernière olympiade, a failli tout ranger son judogi au placard, après l'annonce du report des Jeux d'un an, l'été dernier. "Ça a été très difficile, très, très dur. Je n'aurais jamais pensé être aussi bas, dans ma vie, dans ma carrière. Je voulais presque tout arrêter, j'en étais là", avait-elle révélé en juin dernier à Budapest, juste après avoir glané son cinquième titre mondial chez les -63 kg qui l'a rassurée.

Une médaille qui a ravivé sa faim de louve. Dans la mythique salle du Nippon Budokan, Clarisse Agbégnénou a récité son judo dans une catégorie qu'elle a dominée de la tête et des épaules ces cinq dernières années. "Le chemin a été dur et long. Je suis tellement contente de ramener cette médaille d'or", a ajouté la nouvelle championne olympique. Après avoir porté haut le drapeau tricolore lors de la cérémonie d'ouverture, elle s'est offert l'autre plus grand honneur des JO. Au pays du judo, tout un symbole. 


Yohan ROBLIN

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