JO 2024 : sur le spot de surf à Tahiti, le projet d'une tour de 14 mètres fait des vagues

par J.F
Publié le 30 octobre 2023 à 16h28

Source : JT 20h Semaine

À l'occasion des Jeux olympiques 2024, le comité d'organisation prévoit de construire à Tahiti, qui accueillera les épreuves de surf, une tour en aluminium de 14 mètres en plein lagon.
Mais les locaux craignent ses répercussions néfastes sur l'environnement.
"On est en train de regarder quelles sont les solutions alternatives", a déclaré ce lundi la ministre des Sports, Amélie Oudéa-Castera.

La ministre des Sports, Amélie Oudéa-Castera, s'est entretenue avec son homologue de Polynésie française à ce sujet, ce lundi 30 octobre. À moins d'un an des Jeux olympiques de Paris 2024, dont les épreuves de surf auront lieu à Tahiti, le projet de construction d'une tour dans le lagon du spot mythique de Teahupo'o fait des vagues. Les habitants s'inquiètent des conséquences néfastes pour la faune et la flore locales qu'aurait l'installation de ce surmontoir de 14 mètres de haut et trois étages, en aluminium, comprenant un local technique climatisé pour des serveurs internet alimentés par un câble sous-marin ou des toilettes avec un système d'évacuation raccordé à une canalisation ; le tout pour un coût de 4,4 millions d'euros. 

A Tahiti, les associations de défense de l'environnement et les populations locales craignent que les travaux aient des répercussions néfastes sur le corail. "Le gouvernement polynésien veut faire passer la barge de la foreuse par un endroit impossible, ça va tout péter. Ce n'est pas possible de faire ça proprement. Je leur ai dit mais ils vont le faire quand même. Ça va être une catastrophe", a réagi auprès de l'AFP Milton Parker, vice-président de l’association Atihau.

Une tour en bois qui n'est plus aux normes ?

Actuellement, pour l'épreuve de la World Surf League (WSL) organisée chaque année à Teahupo'o, une tour en bois est installée puis démontée une fois l'épreuve finie (cf photo ci-dessous). Mais le comité d'organisation des Jeux olympiques justifie son projet en avançant des raisons de sécurité, la tour en bois n'étant plus aux normes, selon lui. "Il faut  bien rappeler que si on en est aujourd'hui avec un projet d'une nouvelle tour, c'est parce que la tour actuelle des juges n'est pas conforme", a assuré son patron Tony Estanguet. Ce n'est pas l'avis du surfeur tahitien Matahi Drollet. "Même pendant le 'code rouge' en 2011, avec une série de vagues à 15 mètres, la tour a tenu", a-t-il assuré à l'AFP. "Et on n'a pas besoin de 40 personnes sur cette tour, on peut réduire. D'autant plus qu’il n’y a que cinq juges sur une compétition." 

La tour des juges actuellement installée pendant les compétitions de surf à Teahupo'o (Tahiti)
La tour des juges actuellement installée pendant les compétitions de surf à Teahupo'o (Tahiti) - Jerome Brouillet / AFP

"Il est évident qu'au moment du forage, il va y avoir du bruit et des dégagements de sable, mais tout ça va être contenu et nettoyé. Ensuite, la nature reprendra ses droits", a assuré le président de la Polynésie française Moetai Brotherson. "Ce projet, il est encore amendable pour faire en sorte de répondre encore mieux aux préoccupations de la population locale (...) On veut préserver absolument ce site", a promis Tony Estanguet. 

On regarde ce qu'on peut faire sur les fondations de l'actuelle tour des juges.
Amélie Oudéa-Castera

Ce lundi sur France 2, la ministre des Sports Amélie Oudéa-Castera s'est elle aussi voulue rassurante. "On est aujourd'hui en train de regarder quelles sont les solutions alternatives, on regarde ce qu'on peut faire dans le respect de nos engagements écologiques sur les fondations de l'actuelle tour des juges, et on regarde si des ajustements au projet peuvent être apportés de manière à rassurer les populations locales. C'est pour nous particulièrement important qu'ils se sentent bien, qu'il y ait cette adhésion à l'ensemble du projet pour les Jeux là-bas", a-t-elle déclaré.


J.F

Tout
TF1 Info