En difficulté en Ukraine, Poutine choisit l'escalade

Jeux Paralympiques de Pékin : trois choses à retenir de cette 13e édition

Maxence GEVIN
Publié le 13 mars 2022 à 17h35
JT Perso

Source : JT 13h WE

La 13e édition des Jeux Paralympiques s'est achevée ce dimanche à Pékin (Chine).
La compétition s'est disputée dans un contexte international très tendu, avec l'invasion russe de l'Ukraine.
La moisson d'Arthur Bauchet, les Jeux historiques de la délégation ukrainienne ou encore le retour de la censure à la télévision chinoise : voici ce qu'il faut en retenir.

Rideau sur les Jeux Paralympiques d'hiver 2022. Disputée dans un contexte international très difficile, avec en toile de fond l'invasion de l'Ukraine par Moscou - et l'exclusion des délégations russes et biélorusses -, la compétition a sacré la Chine. Nouvelle superpuissance du paralympisme, le pays hôte a glané 61 médailles, dont 18 en or. Le géant asiatique n'avait remporté sa première médaille en la matière... qu'à Pyeongchang (2018) avec l'or du curling. Le tout alors que seulement 6 disciplines figuraient au programme de ces Jeux - contre 15 lors des derniers JO d’hiver -  : le ski alpin, le snowboard, le curling, le hockey ainsi que le ski nordique (biathlon et ski de fond). 

Des Jeux historiques pour l'Ukraine

Cela restera sans aucun doute le fait majeur de cette édition des Paralympiques. En marge du conflit qui déchire actuellement leur pays, les athlètes ukrainiens ont réalisé une performance de très haut niveau. Énorme d'abnégation, et visiblement transcendée par une cause qui dépasse le simple cadre du sport, la délégation bleue et jaune - arrivée in extremis à Pékin après un périple dantesque en bus à travers l'Europe -  a terminé à la deuxième place du classement des médailles, remportant 29 breloques, dont 11 en or.

Tout au long des 10 jours, ils ont su confirmer leur superbe première journée durant laquelle ils avaient décroché 7 médailles (3 titres). Une performance magnifiée par un triplé réalisé sur le sprint masculin (7,5 kms), dans la catégorie malvoyant, en para-biathlon. "Nous souhaitons protéger l'honneur de notre pays. C'est peut-être ce qui nous motive à rester concentrés et à faire du mieux possible. C'est peut-être ça le secret", a confié à l'AFP la biathlète Oksana Shyshkova (5 médailles dont 3 d'or en catégorie malvoyant). 

Durant les Jeux, une sportive ukrainienne a appris que son père, soldat, avait été fait prisonnier par les Russes. Une autre a remporté une médaille d'or quelques jours après avoir découvert que son logement à Kharkiv avait été bombardé. "Concourir ici à un tel niveau, tout en sachant que sa famille et son pays sont attaqués, c'est tout simplement incroyable", a salué samedi Andrew Parsons, président du Comité international paralympique. "C'est l'une des plus incroyables démonstrations de résilience que j'ai pu voir dans ma vie. Dans le sport et en dehors", martèle-t-il. 

À plusieurs reprises, les sportifs ukrainiens ont profité de la plateforme médiatique que leur conférait cette compétition internationale pour multiplier les messages de protestation contre la guerre dans leur pays. À trois jours de la cérémonie de clôture, ils ont par exemple posé - en levant le poing - devant une banderole frappée du message "La paix pour tous". Ils ont également observé une minute de silence pour les soldats tombés.

Arthur Bauchet porte la délégation française

Les athlètes tricolores ont terminé 4e de ces Jeux Paralympiques 2022 (12 médailles, dont 7 en or), derrière le Canada (25 médailles, dont 8 titres). Ils échouent donc au pied du podium du classement des médailles, objectif annoncé. Malgré une relative déception, donc, les Bleus ont pu compter sur un exceptionnel Arthur Bauchet. Le skieur français, qui souffre de paraparésie spastique - une maladie génétique rare qui érode les capacités physiques - a récolté quatre médailles, dont trois en or (slalom ce dimanche, descente et supercombiné) et une en bronze (slalom géant). "À un moment, je me suis retrouvé en face d'un choix. Soit je restais allongé à subir la maladie qui m'empêche de bouger, soit je la combattais. Je ne regrette rien, car elle est là mais je lui montre que je suis plus fort qu'elle", a-t-il témoigné au micro de TF1.

Après avoir autant brillé qu'ému, le jeune homme de 21 ans a été désigné porte-drapeau tricolore lors de la cérémonie de clôture. "Je vais peut-être prendre conscience de ce que j'ai fait en arrivant en France. En tout cas, c'était fou. Je suis tellement fier de finir ces Jeux sur une médaille d'or", s'est-il félicité, lui qui a su terminer sur une bonne note au bout de l'effort.

Autre moment fort de la compétition, le sacre de la vétérante Cécile Hernandez (47 ans). Déjà médaillée d'or à Lillehammer en début d'année, elle est enfin récompensée par un titre en snowboard paralympique après des médailles d'argent (2014) et de bronze (2018) lors des précédentes éditions. Benjamin Daviet, le porte-drapeau de la délégation, a, lui, complété son palmarès en remportant deux médailles d'or à Pékin (5e titre paralympique pour lui en carrière) et deux breloques en argent. 

Le retour de la censure dans les médias chinois

Lors de ces Jeux Paralympiques, la censure a fait son retour à la télévision chinoise. Le comité international paralympique (CIP) a fustigé, à deux reprises le positionnement de certains médias de l'empire du milieu. Lors de la cérémonie d'ouverture, M. Parsons avait prononcé un discours anti-guerre, en référence à l'invasion russe en Ukraine, qui avait été partiellement censuré durant sa diffusion par la télévision publique chinoise CCTV. "Le XXIe siècle est fait pour le dialogue et la diplomatie, non pour la guerre et la haine", avait-il clamé. 

Rebelote lors de la cérémonie de clôture lors de laquelle une partie de son discours n'a de nouveau pas été traduite en chinois pour le public local. Les expressions "champions de la paix" et "espoirs de paix" ont notamment été omises. 

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Pour rappel, la Chine, pays ami de la Russie, a renforcé ses liens diplomatiques et stratégiques avec Moscou ces dernières années face aux Occidentaux. Le gouvernement de Pékin semble, toutefois, relativement gêné par la guerre en Ukraine. Ainsi, pour ne pas s'aliéner Vladimir Poutine, il ne condamne pas l'invasion et n'incite pas les Chinois à exprimer leur solidarité envers les Ukrainiens. Pour autant, la Chine ne soutient pas non plus ouvertement la Russie pour ne pas sembler valider une agression militaire, en témoigne son abstention lors du vote de la résolution contre la guerre par l'Assemblée générale de l'ONU, le 2 mars. 


Maxence GEVIN

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