Des JO d'hiver de Pékin sous le signe du Covid

JO 2022 : des bandes sur le visage pour protéger les athlètes du froid

Maxence GEVIN
Publié le 9 février 2022 à 12h47
Anaïs Chevalier-Bouchet, vice-championne olympique de l'inviduel, avec des bandes adhésives pour se protéger le visage du froid.

Anaïs Chevalier-Bouchet, vice-championne olympique de l'inviduel, avec des bandes adhésives pour se protéger le visage du froid.

Source : Tobias SCHWARZ / AFP

Depuis le début des Jeux Olympiques de Pékin, de nombreux athlètes arborent des bandes de couleur sur le visage.
Il s'agit, pour eux, d'un moyen de protection contre le froid extrême.
Les organismes, au même titre que le matériel, sont mis à rude épreuve.

Une compétition disputée dans des conditions particulières. Au-delà du contexte sanitaire tendu, les JO de Pékin se déroulent dans un froid glacial. Les basses températures sont généralement une constante lors des Olympiades d'hiver, mais elles atteignent régulièrement des extrêmes lors de cette quinzaine (entre -8 et -16 degrés). Un temps sec et un froid vif, voilà ce à quoi sont confrontés toutes les délégations. C'est particulièrement le cas sur les sites de Zhangjiakou (ski acrobatique, sports nordiques et certaines disciplines de snowboard) et de Yanqing (ski alpin). 

Par ailleurs, le vent enlève encore des degrés à la température ressentie. "Le froid est déjà important, mais lié au vent, ça peut devenir compliqué", estime Richard Jouve qui a manqué d'un rien la qualification en finale du sprint libre en ski de fond. "Ce sont des conditions assez rock'n'roll", résume, de son côté, l'entraîneur de tir de l'équipe de France féminine de biathlon, Jean-Paul Giachino.

Une athlète "complètement détruite par le froid"

Selon les règles de la Fédération internationale de ski (FIS), les compétitions ne peuvent avoir lieu lorsque le mercure est inférieur à -20°. Seulement, le refroidissement éolien n'est pas pris en compte dans ce calcul. Parfois, des athlètes concourent donc des conditions particulièrement extrêmes. "Frida Karlsson a été complètement détruite par le froid", fustige par exemple, le patron de l'équipe suédoise, Anders Bystroem, dans les colonnes du Guardian. La fondeuse scandinave a terminé le skiathlon féminin (7,5 km + 7,5 km) tremblante et au bord de l'évanouissement. "Avec le froid, on se déshydrate bien plus vite, on fatigue plus vite, c’est une dépense d’énergie", souligne Stéphane Bulle, le médecin de l’équipe de France.

Pour faire face aux désagréments de cette météo glaciale, les sportifs adoptent des équipements spéciaux. Outre les couches de vêtements supplémentaires, nombre d'entre eux munissent leur visage - notamment leur front et leurs pommettes - de bandes adhésives spéciales. "Quand il fait -20, on a vite tendance à se brûler le nez et les pommettes avec la vitesse. Donc on est obligés de mettre du scotch pour se protéger sinon on peut se les brûler définitivement", décrit, au Dauphiné, Johann Clarey, vice-champion olympique de descente. 

"Quand on passe les - 20, on assure le coup. Le visage, c’est le seul endroit découvert", complète-t-il. Interrogé par FranceInfo, Hugo Lapalus rappelle que "le froid prend énormément d'énergie". "On s'en protège un maximum et les straps [les bandes adhésives, ndlr] tout comme les bonnets et les sous-couches de vêtements, nous le permettent", affirme le fondeur tricolore présent à Pékin qui considère que la technique est "vraiment très efficace". 

Une collaboration de l'armée lors de la préparation

Plus globalement, c'est toute une stratégie, parfois planifiée de longue date, qui est mise en place par les encadrements. "Ça fait un an qu'on nous prévient qu'il va faire extrêmement froid. Psychologiquement on s'y est préparé. On a travaillé en amont avec des spécialistes de l'armée sur la gestion du froid et la performance dans des conditions pareilles", raconte Olivier Michaud, directeur de l'équipe de France de ski de fond. Selon lui, des protocoles sont mis en place pour ne pas se geler à l'entraînement ou en course. "C'est assez simple et basique. S'entraîner avec aucune partie du corps à découvert, des petites choses comme celles-là, des rappels. [...] On a rajouté une petite couche là-dessus pour que ce ne soit pas quelque chose qui fasse peur", précise-t-il. 

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Heureusement, le froid n'empêche (pour l'instant) pas les Français de performer. Malgré quelques déceptions, Perrine Laffont en tête, la délégation tricolore a déjà glané six médailles, dont la dernière ce mercredi en snowboard cross (Chloé Trespeuch). 


Maxence GEVIN

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