Des JO d'hiver de Pékin sous le signe du Covid

JO de Pékin : Johan Clarey, le "papy" du ski, médaillé d'argent de la descente

Yohan ROBLIN
Publié le 7 février 2022 à 7h06
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

Le vétéran français Johan Clarey a décroché la médaille d'argent de la descente des JO de Pékin, lundi 7 février.
À 41 ans et 30 jours, le skieur de Tignes devient le médaillé olympique le plus âgé de l'histoire du ski alpin.
C'est la deuxième breloque de la délégation française, après l'argent du relais mixte en biathlon, samedi 5 février.

Il n'y a pas d'âge pour rêver. À 41 ans, Johan Clarey le sait : il ne devrait même plus être sur des skis. Comme bon nombre de ses descendeurs de son âge, il devrait être entraîneur ou consultant. Après avoir fêté ses 41 printemps, le 8 janvier, le skieur de Tignes est resté accroché au portillon pour prolonger son rêve olympique. Après le report de la descente messieurs de dimanche à lundi, en raison des bourrasques de vent, le vétéran français s'est offert le plus grand exploit de sa carrière, en allant chercher la médaille d'argent de la descente des JO de Pékin, lundi 7 février, sur la piste inédite mais très exposée au vent de Yanqing. 

À 41 ans et 30 jours, le vice-champion du monde du Super-G en 2019 a effacé le record du médaillé le plus âgé en ski alpin, jusqu'ici détenu par l'Américain Bode Miller, bronzé à 36 ans et 127 jours sur le Super-G de Sotchi, en 2014. Auteur de neuf podiums en Coupe du monde, le deuxième à Kitzbühel en janvier est devenu le neuvième Français médaillé sur l'épreuve-reine du ski alpin. Après les ratés de Vancouver 2010, Sotchi 2014 et Pyeongchang 2018, il a manqué 10 centièmes à Clarey pour devenir l'hérité d'Antoine Dénériaz (Turin 2006), Jean-Luc Crétier (Nagano 1998), Jean-Claude Killy (Grenoble 1968), Jean Vuarnet (Squaw Valley 1960) et Henri Oreiller (Saint-Moritz 1948), tous sacrés sur la course phare des JO d'hiver.

C'est l'apothéose, le plus beau jour de ma carrière

Johan Clarey, nouveau vice-champion olympique de la descente

"J'ai du mal à réaliser: j'enchaîne, je n'ai pas eu le temps de profiter, il va me falloir quelques heures. Si on m'avait dit ça ce matin, je n'y aurais pas cru. (...) C'est juste incroyable, l'apothéose de ma carrière, le plus beau jour de ma carrière. C'était mon objectif et ça s'est déroulé comme dans un rêve", a réagi le nouveau vice-champion olympique ému, dédiant sa médaille à David Poisson, mort en 2017, à l'âge de 35 ans, après une chute à l'entraînement dans la station canadienne de Nakiska. "Je pense beaucoup à David. On l'a perdu il y a quatre ans, c'est une des premières personnes à qui j'ai pensé."

Clarey médaillé d'argent sur la descente : "C'est fantastique"Source : TF1 Info
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Après un report de 24 heures, le doyen de la délégation tricolore a dompté "The Rock", la piste olympique sur laquelle aucun des skieurs n'avait jamais posé ses spatules, il y a cinq jours. Auteur d'un temps canon (1'42"79), le "papy" de l'équipe de France fait la course en tête. Il a allumé du vert par rapport à Beat Feuz sur quatre des cinq intermédiaires du ruban long de 3 km, serpentant entre les rochers et buissons du massif aride de Yanqing. 

Propre dans ses trajectoires, solide sur ses skis pour éviter tous les pièges du tracé, le Savoyard a cédé 14 centièmes au Suisse sur la portion typée Super-G. Sur la fin de parcours, il a récupéré quatre petits centièmes. Insuffisant pour ravir l'or, qui est revenu, comme à Kitzbühel en 2021, au quadruple vainqueur du petit globe de la spécialité, pour la première fois titré aux Jeux olympiques d'hiver, après le bronze de la descente et l'argent du Super-G à Pyeongchang, en 2018. Avec l'argent autour du cou, Johan Clarey aura, en tout cas, prouvé que l'âge n'est qu'un chiffre.


Yohan ROBLIN

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