Tokyo 2021 : des JO sous le signe du Covid

JO de Tokyo : le rêve d'or envolé de la judokate Sarah-Léonie Cysique

Yohan ROBLIN
Publié le 26 juillet 2021 à 12h48
L'appui tête au sol, formellement interdit, qui a disqualifié Sarah-Léonie Cysique.

L'appui tête au sol, formellement interdit, qui a disqualifié Sarah-Léonie Cysique.

Source : FRANCK FIFE / AFP

ARGENT AMER - Pour ses premiers Jeux, Sarah-Léonie Cysique a dû se contenter de l'argent dans la catégorie des -57 kg, lundi 26 juillet, à Tokyo. La judokate, originaire de Sarcelles, a été disqualifiée en finale pour une prise dangereuse. Malgré la déception, elle offre à la délégation tricolore sa quatrième médaille.

Trois médailles en trois jours pour le judo tricolore. Après le bronze de Luka Mkheidze en -60 kg, samedi, et l'argent d'Amandine Buchard en -52 kg, dimanche, l'or ne devait être que la suite logique. Sarah-Léonie Cysique est passée toute proche, lundi 26 juillet, à Tokyo. Après s'être offert en demi-finales le scalp de la numéro 1 mondiale, la Canadienne Jessica Klimkait, la native de Sarcelles, disqualifiée pour une prise dangereuse, a été battue en finale des -57 kg par la Kosovare Nora Gjakova, championne d'Europe en 2018 et récente médaillée de bronze mondiale. Elle se contente de l'argent pour ses premiers Jeux. 

"C'est frustrant, je trouve ça un peu injuste", a réagi la vice-championne olympique au micro de France 2, juste après son combat écourté par l'arbitre. "En regardant ma journée, je suis contente, mais ce n'est pas la médaille que je voulais, malheureusement. Toutes les médailles sont belles. Mais là, à chaud, je l'ai un peu en travers de la gorge." Si la déception est somme toute logique, tant elle était parfaitement entrée dans sa première finale olympique, le judo français confirme ses débuts tonitruants dans ces JO, à la veille de l'entrée en lice de la porte-drapeau Clarisse Agbegnenou en -63kg. 

Après une nuit puis une matinée ratées, avec les échecs de Vincent Luis au triathlon, d'Enzo Lefort au fleuret et de Jordan Sarrou en VTT, la France a tout de même sauvé son lundi. Cette quatrième médaille olympique, la deuxième en argent, au lendemain de l'or de Romain Cannone à l'épée, vient redonner du baume au cœur à la délégation tricolore. La Sarcelloise de 23 ans, débarquée au Japon avec le statut d'outsider dans une catégorie ouverte, a forcé son destin au pays du judo.

Programmée pour Paris 2024

Surnommée "Cyso la découpe" par ses camarades de l'Insep, la judokate, formée au pôle Espoirs de Reims puis au pôle France à Strasbourg, a débuté son histoire sur les tatamis à l'âge de 4 ans. "Ma mère voulait que mon frère et moi pratiquions un sport de combat, ça a été le judo", racontait l'agente d'escale à la gare de Paris-Nord, ceinture noire à 15 ans. Ses parents l'ont d'ailleurs toujours incitée à continuer le judo. Ils ont bien fait puisque, après avoir intégré l'Institut national du sport en septembre 2017, la carrière de Sarah-Léonie Cysique a libéré son potentiel. La vice-championne du monde junior 2018 s'est adjugée deux médailles de bronze dans la catégorie des moins de 57 kg aux championnats d'Europe 2020 et 2021.

Une progression, par paliers, qui lui a valu d'être sélectionnée pour les JO, aux dépens de Priscilla Gneto, bronzée à Londres en 2012. "Je vais continuer de donner le meilleur de moi-même afin d'aller chercher cette médaille d'or qui me fait tant rêver !", avait-elle promis après l'annonce. Programmée pour briller à Paris en 2024, la cinquième des Mondiaux 2019 a pendant trois minutes touché son rêve du bout des doigts. Il s'est dérobé sur son appui, tête au sol, un geste formellement interdit.


Yohan ROBLIN

Tout
TF1 Info