Friture sur la ligne entre la judokate Clarisse Agbegnenou et la Fédération française.
D'après plusieurs médias, la championne olympique refuse de porter le kimono du sponsor de l'équipe de France.
En retour, la Fédération lui a retiré la possibilité d'avoir un entraîneur à ses côtés durant les tournois.

Elle espérait sans doute meilleur retour à la compétition. Double championne olympique de judo à Tokyo (Japon) en 2021, Clarisse Agbegnenou a manqué plusieurs mois de compétition en raison d'un congé maternité. Ce vendredi, elle disputait ses premiers combats à l'occasion du Grand Slam de Tel Aviv (Israël), à moins de trois mois des Championnats du monde au Qatar. Mais tout ne s'est pas déroulé comme prévu.

D'après nos confrères du Parisien, Clarisse Agbegnenou a vu son retour être perturbé par un conflit avec la Fédération française de judo (FFJ). La raison ? Une histoire de sponsors. Depuis plusieurs années, la FFJ impose à ses sportifs de se présenter en compétition officielle avec un kimono Adidas, lié par un contrat avec la Fédération. Mais la double championne olympique privilégie son équipementier, Mizuno. Ce que goûte très peu la FFJ.

Une convention au cœur de la problématique

Jeudi 16 février, le directeur technique national (DTN), Sébastien Mansois, a ainsi voulu rappeler Clarisse Agbegnenou à ses obligations. "Nous te rappelons que la tenue de combat de l'équipe de France, fournie par l'encadrement, est obligatoire", peut-on lire dans un mail rapporté par Le Parisien. "Nous ne doutons pas que tu vas respecter ces règles, mais préférons te rappeler qu'en cas de manquement, il ne serait pas envisageable pour la Fédération de maintenir de son côté des engagements prévus dans la convention." Dans un autre mail, le DTN a également prévenu les entraîneurs nationaux qu'ils ne pourraient "pas coacher d'athlètes si ceux-ci arborent une tenue non reconnue ou non validée officiellement par la Fédération".

Des mots finalement devenus des actes. Selon France info, Clarisse Agbegnenou, porte-drapeau de la délégation française à Tokyo, s'est présentée ce vendredi sur le tatami sans entraîneur à ses côtés pour la conseiller. D'après Le Parisien, les sanctions pourraient par ailleurs être financières, en supprimant les aides que la championne olympique devait percevoir.

Au cœur de la problématique : une convention. Toujours selon Le Parisien, ce document signé en 2020 pour une durée de quatre ans avait été rompu par le président de la FFJ dans les mois suivants. Depuis, une nouvelle convention a été proposée en fin de semaine dernière à Clarisse Agbegnenou, et comprend notamment l'obligation de porter un kimono frappé du sponsor officiel de la Fédération. Ce que n'accepte pas l'athlète de 30 ans, éliminée ce vendredi au stade des quarts de finale.

Ce conflit ouvert - à un peu plus d'un an des Jeux olympiques de Paris - n'est pas sans rappeler la situation de 2017 entre la Fédération et Teddy Rinner. À l'époque, la star du judo français avait choisi un équipementier qui n'était pas le même que celui de l'équipe de France. Mais Teddy Riner avait promis de rester "main dans la main avec (s)a fédération", et avait finalement pu se présenter avec son équipementier personnel.


I.N

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