Le "Final 8" de la Ligue des champions

Lyon-Bayern Munich : dix ans après, l'OL rêve d'une autre fin à l'histoire

Yohan ROBLIN
Publié le 19 août 2020 à 19h20
Maxime Gonalons et Sidney Govou au duel avec Bastian Schweinsteiger en 2010.

Maxime Gonalons et Sidney Govou au duel avec Bastian Schweinsteiger en 2010.

Source : PHILIPPE MERLE / AFP

REMAKE - Dix ans après sa seule et unique demi-finale de Ligue des champions, Lyon retrouve le dernier carré ce mercredi 19 août. Comme en 2010, les Gones affronteront le Bayern. Avec, cette fois-ci, une issue plus heureuse ?

Dix ans après, revoilà l'Olympique lyonnais à un souffle d'une finale. Après leur exploit historique contre le Manchester City de Pep Guardiola (3-1) en quarts de finale, les Lyonnais retrouvent le dernier carré de la Ligue des champions pour la deuxième fois de leur histoire après 2010. Le club du président Aulas y affrontera ce mercredi 19 août (à 21h, en direct sur TF1 et en live commenté sur LCI) le Bayern Munich, l'ogre bavarois qui a humilié le Barça (8-2). Le même adversaire, comme il y a dix ans.

On rembobine. Le 27 avril 2010, les Gones alors emmenés par Claude Puel voient leur rêve de finale européenne brisé par les Allemands. Pour en arriver jusque-là, ils avaient pourtant pu compter sur leur bonne étoile. Après avoir franchi un tour de barrages face à Anderlecht (5-1, 3-1) puis être sortis deuxièmes de leur groupe (notamment après une victoire 3-2 contre Liverpool, à Anfield), les Lyonnais avaient fait tomber le Real Madrid de Karim Benzema (1-0, 1-1) en huitièmes de finale avant de remporter le duel franco-français contre les Girondins de Bordeaux de Laurent Blanc (3-1, 0-1) pour une place en demie.

Un volcan islandais qui fait ses siennes

Mais, à la veille du rendez-vous européen le plus important de son histoire, l'OL voit sa préparation perturbée. Le 20 mars, l'Eyjafjallajökull, le volcan islandais dont le monde découvre le nom imprononçable, entre en éruption. Un gigantesque nuage de cendres, poussé depuis l'Islande par les vents, se dirige droit vers le sud-est de l'Europe et paralyse l'espace aérien. "Le premier match avait été compliqué à préparer car nous étions partis à Munich en minibus en raison du volcan islandais qui rendait les vols impossibles. Le voyage était très fatiguant mais à l'arrivée, tout était bien organisé", s'est souvenu dix ans plus tard Cris, l'ancien défenseur et capitaine de l'OL, dans un entretien à l'AFP, à la veille des retrouvailles entre Lyon et le Bayern.

Après un périple de deux jours entre la France et l'Allemagne, et près de dix heures dans des minibus bien plus lents que l'avion, les Rhodaniens arrivent enfin à Munich, le lieu de la demie aller. À 11 contre 10, après le carton rouge de Franck Ribéry (avant celui de Toulalan), Lyon s'incline malgré tout sur un but d'Arjen Robben (69e). Mais pas de quoi enterrer ses chances de qualification, dit-on alors. "À la limite je préfère que le match aller se soit déroulé comme il s'est déroulé, car du coup nous sommes dans l'obligation d'aller chercher la qualification, comme contre Madrid", affirmait Claude Puel avant le match retour.

Ivica Olic, le bourreau de Gerland

Mais, à Gerland, ce soir du 27 avril, l'OL vole en éclats. "Nous jouions chez nous. Mais nous (le club) avons essayé de faire des choses que nous n'avions pas l'habitude de faire", a raconté Cris. "À l'échauffement, nous avions senti des choses inhabituelles. (...) Bien sûr, c'était aussi le moment de tenter des choses différentes, sauf que cela n'a pas marché." Trop frileux, peut-être trop tendus par l'enjeu, les coéquipiers d'Hugo Lloris sont dépassés. Le Bayern, plus solide et plus audacieux, terrasse Lyon grâce à un triplé d'Ivica Olic (26e, 67e, 78e), un large succès facilité par l'expulsion du capitaine brésilien à l'heure de jeu (59e).

Dix ans plus tard, tout Lyon a gardé en mémoire cette demie perdue. Et, signe du destin, pour leur retour dans le dernier carré, les Gones auront le droit à leur "revanche". Et, contrairement à la demi-finale de 2010, celle-ci se jouera sur un match sec

De quoi espérer un nouvel exploit, comme face à la Juve et City ? "Il faut rester humble, mais avoir la foi et la confiance pour renverser les montagnes, en imaginant que le Bayern qui a étrillé Barcelone puisse se prendre les pieds dans le tapis contre nous", a indiqué Jean-Michel dans Le Progrès. Il le sait : les chances lyonnaises sont minces mais elles ont le mérite d'exister.


Yohan ROBLIN

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