Ligue des champions féminine : Sonia Bompastor (OL) a (encore) rendez-vous avec l'histoire

Maxence GEVIN
Publié le 19 mai 2022 à 7h52, mis à jour le 19 mai 2022 à 11h53
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Source : JT 20h WE

Après une saison décevante, l'Olympique lyonnais retrouvera le FC Barcelone en finale de la Ligue des champions, samedi 21 mai (19h00, en direct sur TMC).
Désormais sur le banc des Fenottes, Sonia Bompastor peut, en cas de succès, devenir la première femme à remporter la compétition en tant que joueuse et entraîneuse.

Toujours plus haut, toujours plus loin. Propulsée à la tête de la section féminine de l'Olympique lyonnais avant même la fin de la saison passée - en lieu et place d'un Jean-Luc Vasseur remercié - Sonia Bompastor a d'ores et déjà réussi son pari. Celui de remettre l'OL sur le devant de la scène après un exercice 2020-2021 décevant, conclu sans aucun trophée. Avec cinq points d'avance sur son premier poursuivant, le PSG, à deux journées de la fin de la D1 Arkema (1ère division française de football féminin), le club de Jean-Michel Aulas est tout proche de récupérer sa couronne nationale (14 titres consécutifs de 2007 à 2020). 

Pionnière, encore et toujours

Surtout, l'ancienne internationale tricolore (156 sélections, 19 buts) a mené ses joueuses jusqu'en finale de cette Ligue des champions 2022. La dixième (pour 7 titres) dans l'histoire de l'OL, un record. En cas de succès samedi (19h00, en direct sur TMC) face au FC Barcelone, l'emblématique capitaine du club rhodanien lors de ses deux premières campagnes européennes victorieuses (2011 et 2012) passerait, encore un peu plus, à la postérité. L'ex-latérale gauche deviendrait ainsi la première femme de l'Histoire à remporter la C1 sur le terrain puis sur le banc. Un exploit que seul un cercle très fermé de sept hommes a déjà réussi : Johan Cruyff, Zinedine Zidane, Carlo Ancelotti, Pep Guardiola, Miguel Munoz, Giovanni Trapattoni et Franck Rijkaard.

Une philosophie unanimement appréciée

Mais la patte "Bompastor" va bien au-delà de ce potentiel record. Après un crochet par la formation (directrice de l’académie féminine lyonnaise), l'ancienne joueuse a initialement été nommée sur le banc pour réinstaurer au sein de l'équipe "un ADN OL", dixit Jean-Michel Aulas, dans une formation en fin de cycle. La native de Blois, connue pour sa rigueur, a rapidement fait l'unanimité. "Elle nous a beaucoup apporté, notamment son expérience d'ancienne capitaine. Elle nous a motivées à tout gagner. Elle a l’ADN de la gagne, elle nous le transmet, puisqu’il avait été un peu perdu la saison passée", explique Delphine Cascarino au site spécialisé Olympique et Lyonnais. "Elle avait déjà cette envie de transmettre et de gagner et c’est ce qu’elle fait aujourd’hui. Au-delà de son expérience, c’est l’ADN du club et elle a toujours voulu transmettre ça", confirme Eugénie Le Sommer, meilleure buteuse de l'histoire de l'équipe de France.

L’aspect familial permet de remporter des titres

Sonia Bompastor

Intransigeante et constamment à la recherche de l'excellence, la technicienne au sourire communicatif n'en oublie pas, pour autant, l'humain. "J’ai une volonté d’exigence qui est parfois trop grande mais je veux gagner tous les matchs que je dispute", lâche celle qui a longtemps arpenté les terrains français sous la tunique de l'OL, bien sûr, mais aussi du PSG et de Montpellier. Sa capacité d'écoute et sa disponibilité sont d'ailleurs très appréciées de ses joueuses. "J’essaye de traiter les joueuses de la même manière. Mon travail est de mettre toutes les joueuses sur un même pied d’égalité pour qu’elles se sentent bien dans ce groupe", commente la principale intéressée. "Quand on voit les grands clubs en Europe, on se rend compte que l’aspect familial est prépondérant et il permet de remporter des grands matchs, des titres", ajoute-t-elle. 

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Il faudra bien toute la sérénité et la science du jeu de Sonia Bompastor pour permettre à l'OL de renouer avec les lettres d'or de son histoire européenne. Après une campagne aboutie - marquée notamment par la revanche sur le PSG au tour précédent - ce sont désormais les tenantes du titre du FC Barcelone qui se dressent sur le chemin des Lyonnaises.

Insatiables, les coéquipières d'Alexia Putellas - dernière détentrice du Ballon d'or - avaient remporté 45 matchs de rang, avant leur défaite (anecdotique) contre Wolfsburg (2-0), fin avril. "On n'a encore rien gagné. Il reste du travail", prévient la coach lyonnaise. Mais "avec notre expérience, on est capable d'aller chercher cette finale", glisse-t-elle. À bon entendeur.


Maxence GEVIN

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