Cristiano Ronaldo en Arabie Saoudite : mais qu'est-il allé faire à Al-Nassr ?

Publié le 31 décembre 2022 à 14h22, mis à jour le 31 décembre 2022 à 14h54

Source : Sujet TF1 Info

Libre de tout contrat depuis son départ de Manchester United, Cristiano Ronaldo s'est engagé vendredi avec le club saoudien d'Al-Nassr.
Il a paraphé un contrat de deux ans et demi avec, à la clé, le meilleur salaire de l'histoire pour un footballeur.
Le quintuple Ballon d'or, au palmarès gargantuesque, quitte donc l'Europe par la petite porte après une Coupe du monde décevante.

"Je suis ravi d'entamer une nouvelle expérience dans un autre championnat et un autre pays. Je suis très excité de rejoindre mes coéquipiers, et d'aider l'équipe à obtenir plus de succès". C'est avec ces mots, banals, que Cristiano Ronaldo a officiellement refermé, vendredi, un immense chapitre de sa carrière de footballeur. Le quintuple Ballon d'or, vainqueur à cinq reprises de la Ligue des champions, quitte, pour la première fois, le "Vieux continent". Désormais âgé de 37 ans, le Nemesis de Lionel Messi a signé... en Arabie Saoudite, avec le club d'Al-Nassr. Une destination exotique synonyme de pré-retraite et de divorce avec le football au plus haut niveau. 

Une fin... qu'il voulait éviter

Le Portugais - meilleur réalisateur de l'histoire de la Ligue des champions et de la sélection portugaise - s'était pourtant juré en 2015 d'éviter un tel destin. Cette année-là, il avait promis de "sortir avec dignité", "dans un grand club" et de "ne pas finir aux États-Unis, au Qatar, ou à Dubaï". Pari manqué à plus d'un titre (même s'il avait pris soin de ne pas citer l'Arabie Saoudite). Déjà, son départ avec perte et fracas de Manchester United, son club de cœur où il avait tant brillé lors de son premier passage, laisse un goût particulièrement amer. Relégué sur le banc après des prestations en demi-teinte et surtout un conflit avec son entraîneur Eric Ten Hag, il a quitté le nord-ouest de l'Angleterre d'un commun accord à la suite d'une interview acide avec Piers Morgan en forme de règlement de comptes. 

Sa Coupe du monde au Qatar, très vraisemblablement sa dernière, a également été plus que décevante avec un seul petit but (sur penalty) et un manque de justesse à la finition.  Ce qui lui a valu de regarder une bonne partie de la compétition depuis le banc où l'avait relégué Fernando Santos.

Le footballeur le mieux payé de tous les temps

Au bout du compte, l'appel de l'argent aura été plus fort. Car oui, s'il a accepté de céder aux sirènes saoudiennes, ce n'est certainement pas pour le challenge sportif. Quand bien même, il retrouvera là-bas des joueurs bien connus du football européen - de Vincent Aboubakar à l'ex-Marseillais Luiz Gustavo en passant par l'ancien Niçois David Ospina, Alvaro Gonzalez ou encore Ghislain Conan - et un coach expérimenté rompu aux joutes continentales en la personne de Rudi Garcia. Redorer le blason d'Al-Nassr, qui occupe actuellement la deuxième place de la Saudi Pro League et n'a plus fini en tête du championnat depuis 2019, peut se révéler un lot de motivation bien modeste. 

Le contrat qu'il a signé, pour une durée de deux ans et demi (soit jusqu'en juin 2025), lui garantit le salaire le plus important de l'histoire pour un footballeur. Selon plusieurs sources concordantes, dont Fabrizio Romano, journaliste spécialisé dans le marché des transferts, l'ancienne idole du Real Madrid devrait toucher, du côté de Riyad, près de 200 millions d'euros annuels, revenus publicitaires compris (la part fixe excède les 80 millions d'euros). Un revenu mirobolant qui le placerait loin devant Kylian Mbappé, actuellement le joueur le mieux payé de la planète et dont Forbes estime à 118 millions d'euros ses gains en 2022-23 (avant impôts et frais d’agents). 

C'est l'Histoire qui est en train d'être écrite
Al-Nassr

La popularité croissante du football en Arabie Saoudite, encore accélérée avec le dernier Mondial marqué par un succès de prestige contre les futurs champions argentins d'un certain Lionel Messi, a sans doute pesé dans le choix de la nouvelle direction que "CR7" a souhaité donner à sa carrière. Tout comme le fait qu'il y soit véritablement adulé. Bonus, son arrivée devrait encore donner un coup de d'accélérateur supplémentaire. "C'est l'Histoire qui est en train d'être écrite. Ce transfert va non seulement inspirer notre club pour qu'il décroche encore plus de succès mais il va inspirer notre championnat, notre pays et les futures générations de garçons et de filles pour donner le meilleur d'eux-mêmes", s'est d'ailleurs félicité le club lors de l'officialisation de son nouveau numéro 7. 

Devenu indésirable...

Cela a probablement fait pencher la balance par rapport à d'autres destinations, comme les États-Unis (le Sporting Kansas City a notamment sorti le grand jeu pour tenter de l'attirer dans ses filets). Plusieurs rumeurs insistantes laissent, en plus, à penser que le natif de Funchal, sur l'île de Madère, puisse devenir ambassadeur d'une possible candidature de l'Arabie Saoudite (conjointe avec l'Égypte et la Grèce) pour l'organisation du Mondial 2030. Ironie du destin, le dossier monté par l'Espagne, l'Ukraine... et le Portugal pourrait être le principal concurrent en vue de l'accueil de cette compétition. 

Mais ce départ en forme de tremblement de terre est aussi, et peut-être surtout, un aveu d'échec et d'impuissance. Alors que ses velléités de départ de Manchester avaient filtré l'été dernier, aucune grosse écurie ne semble s'être définitivement positionnée. Alors qu'il demeure détenteur du record du nombre de réalisations en Ligue des champions (183 matchs, 140 buts), et qu'il a souvent mené ses équipes au titre dans cette même compétition, les offres ne se sont - a priori - pas bousculées au portillon. En tout cas, pas à des conditions jugées acceptables par l'attaquant lusitanien. 

Il faut dire que Ronaldo ne parait plus aussi tranchant dans la zone de vérité et ne créé plus autant de différences balle au pied qu'à ces grandes heures. De quoi accepter, pour la machine à marquer qu'il est - 16 saisons consécutives à plus de 20 buts, dont une pointe à 58 en 2014-15 -, l'idée d'un déclin de plus en plus palpable et se laisser tenter par une (dernière ?) pige dorée. 


Maxence GEVIN

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