Accident, maladie, âge avancé… Beaucoup de nageurs prennent le départ de l’épreuve de nage le Défi de Monte Cristo avec un handicap.
Anne Batteau, 77 ans, et Vincent Marjollet, hémiplégique, témoignent de leur bonheur vivifiant de nager en mer.

6 200 inscrits. Plus de cinquante nationalités. Le succès du Défi de Monte Cristo, qui se tient à Marseille du 31 mai au 2 juin, ne se dément pas. Les distances impressionnantes (jusqu’à six kilomètres pour la traversée entre l’île d’If et Marseille) ne font pas peur aux nageurs. Certains d’entre eux se servent du crawl ou de la brasse en eau libre pour surpasser les obstacles de la vie. Quelques-uns cherchent à se reconstruire après un accident, d’autres se maintiennent en forme malgré un âge avancé. C’est le cas d’Anne Batteau. Du haut de ses 77 ans, elle se dit "frappée de vieillitude". Été comme hiver, malgré une eau à 13 degrés, elle nage en mer au moins une vingtaine de minutes, sans palme et sans combinaison : "Le froid, c'est dans la tête. Il faut franchir le pas pendant une à deux minutes. Après, nous ressentons une chaleur interne euphorisante. L’eau froide m’apporte un bien-être incroyable."

Vincent Marjollet nage depuis quinze ans. En 2015, victime d’un AVC, il doit suivre un long parcours hospitalier pendant un an. Il reprend rapidement l’entraînement : "Je nage en mer et en piscine à minima chaque jour dès que le temps me l’autorise" Désormais hémiplégique, il ne peut plus utiliser son bras droit et sa jambe droite par manque de force. Mais ne lui demandez pas ce qu’il endure dans l’eau : "Je ne ressens aucune difficulté pour nager."

"Dans l’eau, je ne ressens plus mon handicap"

À 54 ans, Vincent Marjollet participe pour la troisième fois aux cinq kilomètres du Défi de Monte Cristo. L’ancien caméraman, passionné par la photographie, considère l’eau comme une alliée : "Dans l’eau, je me sens mieux, car je ne ressens plus mon handicap en raison de la flottaison. Réaliser l’épreuve des 5 kilomètres du Défi, au milieu de personnes valides, me permet de tester ma capacité à faire une performance malgré mon handicap."

Anne Batteau s’exerce d’abord en piscine. Compétitrice, elle initie ses enfants et ses petits-enfants. Il y a une dizaine d’années, l’ancienne professeure de technologie à Paris découvre la nage en eau libre : "Un jour, j’ai observé des femmes de mon âge nager en mer le long de la côte. Elle riait dans cette eau froide. J’ai trouvé ça très convivial." Conquise, Anne Batteau ne regrette rien : "Je trouve vivifiante la nage en eau libre. Depuis, je me sens mieux et je traverse les hivers sans problème de santé." À l’instar de Vincent Marjollet, elle se sent portée par l’eau au point d’estimer se détendre en mer : "Les mouvements que je fais en mer ne me provoquent aucune douleur. La portance de l’eau ne me fait pas mal au genou."

Très active, la septuagénaire se lancera sur deux épreuves du Défi de Monte Cristo : le kilomètre et les deux kilomètres. "Bouger, c’est la vie", jure-t-elle. Elle ne se voit pas arrêter : "Ma famille trouve ça normal et n’a pas peur pour moi." Plusieurs défis de cette trempe à travers l’Europe lui permettent de se faire des amis aux quatre coins du monde. "Nous sommes heureux de nous retrouver au départ", se réjouit-elle.

Pour tout savoir de la course, rendez-vous sur le site du Défi de Monte Cristo.


Geoffrey LOPES

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