Nice-Marseille (3-2) : un doublé, de l’indiscipline, des gueulantes… Tout ce qu’il faut retenir de la première de Mario Balotelli en Ligue 1

Hamza Hizzir
Publié le 11 septembre 2016 à 23h31
Nice-Marseille (3-2) : un doublé, de l’indiscipline, des gueulantes… Tout ce qu’il faut retenir de la première de Mario Balotelli en Ligue 1

Source : VALERY HACHE / AFP

L'essentiel

FOOTBALL – Titularisé dès ce dimanche soir face à l’OM, c’est peu dire que Mario Balotelli, auteur d’un doublé avec Nice, n’a pas déçu. On a scruté chacun de ses faits et gestes pour l’occasion.

« Il y a un gros travail de reconstruction à opérer. Ça fait longtemps qu’il n’a pas joué en match. Il est à l’écoute mais ça va prendre du temps. » Difficile, en écoutant Lucien Favre vendredi, d’imaginer Mario Balotelli débuter face à l’OM ce dimanche soir. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le coup de bluff du nouvel entraîneur de l’OGC Nice a payé. Non seulement sa recrue star a tenu 90 minutes, mais elle a offert la victoire (3-2) à son équipe en signant un doublé épique. Avec deux buts, l’attaquant italien égale ainsi en un match (et 7 tirs) son total des deux dernières saisons (en 99 tirs). Plus drôle encore : le voilà qui occupe déjà la 5e place du classement des buteurs de la Ligue 1. Mais au-delà des chiffres, il y a eu les attitudes, qui en ont dit beaucoup plus long.

Il a en fait fallu sept minutes pour que l’on remarque sa présence sur la pelouse de l’Allianz Riviera. Invisible jusqu’alors, il s’est avancé pour tirer le penalty obtenu par le Gym et, quand le Marseillais Gomis s’est présenté devant lui pour le déstabiliser, il l’a attrapé par le maillot et l’a envoyé valser. Avant de froidement transformer l’offrande, et de la célébrer stoïque, les bras en croix, pendant que ses partenaires exultaient en le câlinant. C’était le début d’un match de folie. Et de sa renaissance.

Docteur Jekyll et Mister Hyde

Sur chacune de ses prises de balle, à l’exception de quelques contrôles ratés, il s’est passé quelque chose. Une superbe passe entre les lignes à la 15e minute. Un dribble et une frappe cadrée claquée du bout des doigts par Pelé à la 17e. Un jaillissement au premier poteau pour reprendre un centre difficile de Pléa à la 39e. Et beaucoup d’actions individuelles démarrées depuis l’aile gauche, pour enchaîner avec des frappes du droit souvent impossibles, toujours contrées en seconde période. Il y eut aussi d’impressionnant coups francs, comme celui, très excentré, de la 22e, expédié sous la barre de Pelé et ayant manqué d’un souffle de faire mouche.  Sans oublier la merveille de centre déposé sur la tête d’un Pléa aussi seul que maladroit aux six mètres, à la 59e.

Malgré ce grand match de sa part, il aura aussi livré un bon aperçu de ses mauvais côtés. Preuves de sa condition physique délicate, mais aussi de toute sa spontanéité. On l’a ainsi vu râler, beaucoup, en hurlant et en levant les bras, alors qu’il ne faisait même pas l’effort de courir pour appeler le ballon. Y compris quand il annihilait lui-même de belles situations de contres en marchant. Plus globalement, il a rarement su anticiper les mouvements de ses coéquipiers, s’est très peu astreint au pressing ou à de quelconques tâches défensives. Sur un contre dangereux mené par Pléa à la 48e, il s’est même mis délibérément en dehors de l’action… pour refaire ses lacets.

Cette indiscipline avait toutefois un but : lui permettre d’économiser des forces pour effectuer des déplacements calculés, et très intelligents, dont celui ayant abouti à sa superbe tête piquée pour égaliser à 2-2, à la retombée d’un centre de Pléa à la 78e. Une poignée de minutes auparavant, on le voyait isolé, quasi inexistant, fatigué. Mais on aussi remarqué qu’il s’étirait entre deux actions, pour s’épargner des crampes en fin de match. Ce qui lui a notamment permis de réaliser un délicieux contrôle orienté en aile de pigeon alors que les Marseillais basculaient physiquement en fin de match. Malin, Super Mario. Fair-play, aussi, quand il a longuement étreint Gomis au coup de sifflet final. Mais surtout heureux comme un gosse, mort de rire, presque extatique, au moment d’aller fêter, sautillant, la victoire avec des supporters eux aussi ivres de bonheur. Vivement la suite.