OM-OL : un mois après la grave blessure de Fabio Grosso, Lyon retrouve Marseille pour un match sous tension

Publié le 5 décembre 2023 à 15h22

Source : TF1 Info

Plus de cinq semaines après le caillassage du bus ayant entraîné la blessure de l'ex-entraîneur de l'OL et le report de la rencontre, l'Olympique de Marseille et l'Olympique Lyonnais se retrouvent ce mercredi soir (21h) pour le compte de la 10ᵉ journée de Ligue 1.
Un nouveau match sous haute tension en perspective, alors que le football français est endeuillé par la mort d'un supporter de Nantes, poignardé en marge de la réception de Nice.

Un entraîneur en sang, des bus caillassés, des gestes racistes dans les tribunes... Le dimanche 29 octobre avait ressemblé à un véritable cauchemar pour le football français, à l'occasion de l'affiche de Ligue 1 entre Marseille et Lyon, finalement reportée. Fabio Grosso, alors entraîneur de l'OL, avait débarqué au Vélodrome le visage ensanglanté, touché par des projectiles qui ont arraché plusieurs vitres du bus du club rhodanien au cours de son trajet vers le stade.

Les deux olympiques se retrouvent ce mercredi 6 décembre (21h) pour ce match reprogrammé de la 10ᵉ journée, dans un contexte où le football français ne va pas franchement mieux. Il apparaît même dans un état plus grave, depuis la mort samedi 2 décembre d'un supporter du FC Nantes, poignardé en marge de la rencontre face à Nice.

Un stade plein, les supporters lyonnais interdits

Pourtant, pas grand-chose n'a changé. Comme le 29 octobre, le match de ce mercredi se déroule au Vélodrome, au grand dam de l'OL qui réclamait une rencontre sur terrain neutre pour raisons de sécurité. Comme le 29 octobre, le stade sera plein : la commission de discipline de la Ligue de football professionnel s'est déclarée incompétente pour prononcer une sanction, car les incidents ont eu lieu en dehors du stade, donc sous la responsabilité des pouvoirs publics et non celle de l'OM.

Dans les tribunes, un seul changement sera visible : l'absence des supporters lyonnais - dont les bus avaient aussi été caillassés - pour cause d'interdiction de déplacement par le ministère de l'Intérieur et la préfecture des Bouches-du-Rhône. En cause ? Un "risque réel et sérieux d'affrontements entre les supporters des deux clubs", selon l'arrêté, mais aussi des "saluts nazis ainsi que des propos racistes et homophobes observés chez les supporters lyonnais" présents le 29 octobre, "eux-mêmes insultés en tribune par leurs homologues marseillais"

Sur la touche, le principal protagoniste ne sera plus là, Fabio Grosso ayant été mis à pied par l'OL pour un manque de résultats sportifs.

On ne pensait pas rejouer ce match comme si rien ne s'était passé...
Clinton Mata, défenseur de l'OL

Sa grave blessure au visage (l'Italien a dû se faire poser douze points de suture), elle, sera dans toutes les têtes. Et notamment celles des Lyonnais, qui ne s'imaginaient pas revenir en terres marseillaises cinq semaines plus tard dans des conditions similaires. "Nous ne pensions pas rejouer ce match comme si rien ne s'était passé le 29 octobre", a déploré ces derniers jours le défenseur lyonnais Clinton Mata. "Au vu des événements, nous avons des craintes. On nous avait promis que tout se passerait bien au niveau de la sécurité, et cela n'a pas été le cas."

L'OL a donc dû, malgré ses intentions de départ, revoir les modalités de son déplacement. La lanterne rouge de L1 a expliqué que ses joueurs arriveraient ce mercredi matin à Marseille, de manière classique. Mais l'hôtel dans lequel ils poseront leurs affaires se situe hors de la ville, en accord avec la préfecture de police. Le trajet du bus vers le Vélodrome se fera incognito : un car banalisé au vitrage renforcé va être utilisé. "Un bus mieux sécurisé" avait été réclamé ces dernières semaines par la préfecture de police. 

Le caillassage du 29 octobre, "c'est donc notre faute", en avait alors conclu le directeur des activités football de l'OL, Vincent Ponsot.

Reste que pour le football français, mieux vaut que cette nouvelle soirée de tensions se déroule sans accroc. Car en dehors des terrains, cette première partie de saison n'est pas une grande publicité pour le championnat : pris pour cible par un chauffeur VTC qui transportait des fans niçois, un supporter de Nantes est mort samedi 2 décembre ; le match Montpellier-Clermont du 9 octobre a été définitivement interrompu après le jet d'un pétard à proximité du gardien clermontois Mory Diaw ; un car de supporters brestois a été caillassé à Montpellier le 26 novembre.

"À situation radicale, mesures radicales", a plaidé ces derniers jours la ministre des Sports Amélie Oudéa-Castéra, favorable à l'arrêt des déplacements de supporters en cas de match à risque. "Basta, ça suffit."


Idèr NABILI

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