PSG-OM (2-1) : Kevin Trapp ne veut pas être un héros

Hamza Hizzir
Publié le 5 octobre 2015 à 12h28
PSG-OM (2-1) : Kevin Trapp ne veut pas être un héros

CLASICO - En arrêtant un penalty et quelques autres tentatives marseillaises, Kevin Trapp a été le principal artisan de la victoire (2-1) du PSG dimanche soir face à l'OM. Un succès qu'il a savouré en le partageant, pour mieux se fondre dans un vestiaire qui continue d'aimer et soutenir Salvatore Sirigu.

Le meilleur Parisien du Clasico s'est planté juste devant nous. Il a planté son regard dans le nôtre et on lui a immédiatement demandé s'il venait de réaliser son meilleur match depuis son arrivée à Paris cet été. Il a alors soufflé et levé les yeux vers le plafond constellé de néons du plafond de la zone mixte du Parc des Princes, cet espace dévolu aux échanges entre joueurs et journalistes. Puis il a pris un air très sérieux et répondu dans un français impeccable : "Je ne sais pas. Dites-le moi." Avant d'éclater de rire. Voilà tout Kevin Trapp : un garçon spontané et sûr de lui, à l'image du gardien qu'il est. Le 11 septembre, ses deux bourdes avaient coûté deux points à son équipe face à Bordeaux (2-2). Dimanche soir, son penalty arrêté et ses parades décisives ont offert deux points à son équipe face à l'OM (2-1). Ce qui devrait l'encourager à conserver toute son audace et son insouciance.

La semaine dernière, son entraîneur Laurent Blanc avait pourtant acté la fragilisation du statut de l'Allemand en déclarant en conférence de presse que "la concurrence existe devant, derrière et chez les gardiens aussi". Un discours déjà bien différent de celui tenu par le coach au mois d'août, quand il assurait publiquement à sa nouvelle recrue un statut de titulaire. C'était autant la conséquence de la contre-performance de l'ex-portier de l'Eintracht Francfort qu'une manière d'inviter Salvatore Sirigu à ne pas lâcher. Car l'international italien, n°1 incontesté ces quatre dernières saisons, compte de solides appuis dans le vestiaire et pourrait bien finir par nuire au technicien, à terme.

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Mais Kevin Trapp, lui, veut rester loin de ces turpitudes. Quand on l'a interrogé sur sa prestation majuscule lors d'un Clasico dont il ne semblait pas comprendre la symbolique très française, l'intéressé a tout fait pour ne pas parler de lui. "Moi, je suis surtout content pour l'équipe. Et pour les supporters. C'était important de gagner ce match, surtout à domicile. C'était chaud. Ça n'a pas été facile pour nous. On n'a pas eu beaucoup d'occasions de marquer. Heureusement que Zlatan a mis ses deux penalties. Il nous a beaucoup aidés. On est très très contents."

A-t-il été le héros de la rencontre ? "Moi ? Non !, s'est-il presque offusqué. L'homme du match, c'est tout le monde, c'est l'équipe." Une posture consensuelle pour faciliter son intégration ? Pas forcément. Car ce gardien allemand de 25 ans, qui aime sortir de sa surface pour participer au jeu, à une inclination naturelle à penser collectif. Surtout, un tel travail n'est peut-être plus nécessaire. Pendant qu'il nous répondait, David Luiz est en effet venu par deux fois l'attraper par l'épaule en criant "Kevin Trapp !" pour le déconcentrer. Puis, en partant, le portier a rendu la monnaie de sa pièce au Brésilien en lui infligeant le même traitement. Avec une telle simplicité, nul doute qu'il se fera vite d'autres amis.


Hamza Hizzir