TENNIS - Magnifique vainqueur de Kei Nishikori (n°6) dimanche soir, l'ancien mal aimé du tennis français est désormais le dernier représentant tricolore du tournoi. Opposé à Andy Murray (n° 2) en quart de finale mardi après-midi, Richard Gasquet montre un visage qu'il n'avait jamais affiché jusque-là à Paris. Explications.

On  l'a mal jugé
Pendant longtemps, Gasquet a incarné le sportif français qui ne savait pas gagner. Annoncé très tôt comme un génie du tennis, le "Petit Mozart" a souvent déçu. Pourtant, c'est bien lui qui incarne désormais les seules chances tricolores à Paris et qui pourrait même, s'il va plus loin que les quarts, sauver cette édition 2016 perturbée par la pluie. "Richard, on connaît son niveau, ses capacités, assure Marion Bartoli. Il a quand même fait plusieurs demies en Grand Chelem (Wimbledon et US Open). Sauf que ça, la presse l'a oublié un peu vite..."

 Il n'a plus peur
Au sortir du succès de son protégé face à Kei Nishikori, Sergi Bruguera, le coach de Gasquet, avait évoqué une assimilation "de choses qui l'inquiétaient avant". Mais sans vouloir en dire plus. Des blocages psychologiques, dont Henri Leconte croit connaître l'origine : "Richard j’avais l’impression qu’il avait un peu peur, qu’il fuyait un peu les choses à Paris, estime le finaliste de l'édition 1988. Maintenant il assume tout, victoire ou défaite. Même s’il perd, il sait qu’il avance". Une question aussi de maturité, pour le Biterrois qui s'affirme de plus en plus et qui va avoir 30 ans dans quelques jours. 

Le corps suit
Ah, les fameuses ampoules de Gasquet ! Souvent raillé pour les petits bobos à répétition dont il a souffert tout le long de sa carrière, le Français n'a jamais été réputé pour ses qualités physiques. Difficile alors de briller à Roland-Garros, où les matches se jouent en cinq sets... Et pourtant, l'exercice semble désormais plaire à l'intéressé : "Aujourd'hui, je préfère même ce format, j'y prends vraiment du plaisir", a-t-il même raconté en conférence de presse. Une métamorphose qui doit énormément à un corps qui rompt moins et qui laisse à Richie le temps d'enchaîner les matches et de mettre son tennis en place. "Quand il est comme ça, il est difficile à battre, estime Bruguera. Les années précédentes à Roland, il n'était pas à 100 %. Cette fois, si". Et physique au top plus talent naturel, ça donne ça : 

 La rage de Sergi
De nature plutôt discrète, le n° 12 mondial n'est pas un bon client marketing à la Jo-Wilfried Tsonga ou un showman sur les courts à la Gaël Monfils. Et pourtant, face à Nishikori, il a semblé habité par une force intérieure faisant qu'il n'a jamais douté de sa victoire. Sauf que cette conviction-là, vient aussi des tribunes où son coach Sergi Bruguera lui transmet "sa rage de vaincre", comme la décrit Henri Lecomte. Regard exorbité et encouragements à la limite du règlement (il a pris un avertissement lors du tour précédent), le Catalan est happé par les performances de Gasquet : "Moi je suis comme ça, je suis passionné, nous confiait-il. Quand Richard, c'est comme si c'est moi qui gagne !". Pourvu que ça dure...

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La rédaction de TF1info

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