Tournoi des Six Nations : le "XV du Poireau", d'où vient le surnom du pays de Galles ?

Publié le 17 mars 2023 à 16h07, mis à jour le 18 mars 2023 à 13h55

Source : Sujet TF1 Info

En clôture du Six Nations, le XV de France reçoit le pays de Galles, samedi 18 mars, avec l'ambition de finir le Tournoi en beauté.
S'ils ne peuvent plus viser le Grand Chelem, les Bleus sont toujours en course terminer à la 1re place, à condition de l'emporter face au "XV du Poireau".
Un surnom que les Gallois tireraient, selon la légende, d'une illustre bataille ayant eu lieu à proximité d'un champ de poireaux.

Ils ont retiré les épines de la Rose anglaise. Ils vont désormais éplucher le Poireau gallois. Une semaine après la raclée historique infligée à l'Angleterre (10-53), "le XV du Coq", toujours en lice pour le gain du Six Nations, va enfiler son tablier pour cuisiner le pays de Galles, samedi 18 mars (à 15h45, en live commenté sur TF1info). Condition sine qua non afin de continuer à croire à un doublé inédit et espérer priver l'Irlande d'un premier Grand Chelem depuis 2018. 

Mais, quand certains ont la poitrine frappée d'un flamboyant chardon, d'un providentiel trèfle ou d'une piquante rose, voire d'un fier coq..., comment ce légume-racine, d'apparence modeste, est-il devenu l'emblème des Gallois ? Selon la légende officielle, cela remonterait au VIIe siècle. En guerre contre les Saxons, le roi de Gwynedd, Cadwaladr, qui combattait sous la bannière de David de Ménevie (Saint-David ou Dewi Sant en gallois), saint patron du pays de Galles, aurait ordonné à ses soldats de porter la plante herbacée sur leur casque. L'idée lui serait venue lors d'une bataille à côté... d'un champ de poireaux. À l'époque, les uniformes n'existant pas, rien ne permettait de distinguer un allié d'un ennemi dans le feu de l'action, puisqu'ils étaient tous deux habillés d'une simple armure. Un stratagème qui aurait permis de repousser les Saxons hors de l'île.

Un curieux symbole célébré par Shakespeare

Cette victoire magistrale, qu'une autre légende attribue directement à Saint David, a valu au leek (poireau en français, ndlr) ses lettres de noblesse. Mais les origines, les racines, de ce symbole puisent dans d'autres histoires. Il se raconte aussi  par exemple que le poireau a été immortalisé lors de la bataille d'Azincourt, le 25 octobre 1415, pendant la guerre de Cent Ans. Les Gallois auraient accroché ce légume vert à leur casque pour ne pas être confondus avec les Français par les Anglais. Or, comme le relevait Slate en 2015, "aucune source historique ne mentionne cette anecdote".  Pour Christophe Gilliot, ex-directeur du Centre historique médiéval à Azincourt, les soldats, sous-alimentés, "n'auraient pas accroché les poireaux à leurs casques s'ils en avaient trouvés, ils les auraient mangés." 

Des théories avancent également que cet épisode aurait été popularisé et romancé par la pièce Henri V de William Shakespeare, écrite aux alentours de 1599.

Malgré ces origines historiques floues, porter un poireau est devenu une tradition inspirée par la maison Tudor. Il existe des preuves historiques que la dynastie royale - qui a donné son nom à la période de l'histoire anglaise située entre 1485 et 1603 -, distribuait des poireaux à leurs gardes le 1er mars, le jour de la Saint-David, l'équivalent du 14 juillet en France. Un symbole aujourd'hui présent partout au pays de Galles : que ce soit sur les pièces de monnaie, dans les couleurs du drapeau national et, bien évidemment, dans les assiettes avec le célèbre cawl, un ragoût traditionnel et copieux, servi avec... le fameux poireau.


Yohan ROBLIN

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