Le Stade Toulousain affronte le Leinster en finale de la Champions Cup, ce samedi 25 mai (15h45, en live sur TF1Info), à Londres.
Impressionnants depuis le début de cette saison sur la scène continentale, les coéquipiers d'Antoine Dupont espèrent décrocher leur sixième étoile.
Et ils ont de bonnes chances d'y parvenir.
Voici pourquoi.

Un match de gala, un choc de titans, une confrontation neuf étoiles... Peu importe l'expression choisie, la finale de la Champions Cup 2023-2024 entre le Stade Toulousain et le Leinster (25 mai, 15h45, en direct commenté sur TF1Info) s'annonce comme un immense duel, l'un de ceux voués à rester dans les mémoires. Il s'agit même probablement de l'affiche rêvée cette saison entre deux géants du continent (neuf titres européens à eux deux, dont cinq pour les Haut-Garonnais, un record) qui ont survolé la compétition. 

Mieux, les Irlandais sont sans doute ceux à même de proposer l'équation la plus complexe - entre pack dominateur, jeu d'occupation millimétré et réalisme glacial - à résoudre pour les "Rouge et Noir". Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si les joueurs de Dublin ont hérité ces dernières années de l'étiquette de bête noire de leurs homologues de la "Ville rose", avec un bilan dans les confrontations directes dont peu de formations peuvent se targuer (sept victoires - dont quatre de rang -, trois défaites). "Toutes les finales sont belles mais celle-là le sera d'autant plus car le Leinster est un adversaire qui nous a éliminé pas mal de fois", a ainsi reconnu François Cros après la demi-finale contre les Harlequins (38-26). 

Cela étant, la situation sera totalement différente ce samedi, au Tottenham Hotspur Stadium de Londres. "On va les affronter sur terrain neutre, c'est différent", met en avant le troisième ligne toulousain, dans des propos rapportés par France Bleu. Au-delà du fait que les cartes soient rebattues par le fait de devoir se déplacer en Angleterre plutôt qu'en Irlande, les coéquipiers de l'international tricolore (32 sélections) possèdent de solides arguments à faire valoir. Au point même de les voir légèrement favoris contre la très huilée machine bleue. 

Une attaque irrésistible

Tout d'abord, le Stade Toulousain est la formation qui a fait la plus forte impression depuis le début de cette édition de Champions Cup. Invaincu (7 victoires en autant de matchs), il a réalisé un parcours remarquable, avec en point d'orgue cette démonstration contre les Exeter Chiefs (64-26) en quarts de finale. Les coéquipiers de Julien Marchand caracolent en tête de la plupart des statistiques, notamment offensives (mètres parcourus, franchissements, défenseurs battus). Logiquement, ils possèdent, de loin, la meilleure attaque de la compétition (311 points marqués, soit plus de 44 par match, avec 46 essais inscrits). À titre de comparaison, le Leinster compte près de cent unités de moins en la matière (219 points).

En outre, la défense n'est pas en reste puisque les Toulousains n'ont encaissé que 128 points. Cela représente environ 18,29 points concédés par rencontre, le troisième meilleur total de la compétition. Ajoutez à cela une conquête solide, avec une excellente touche (91% de réussite sur ses lancers), et une très grosse activité dans les rucks (60 ballons récupérés, seuls les Harlequins font mieux), et vous obtenez un cocktail détonnant. 

Les Toulousains sont maîtres des airs depuis le début de la compétition.
Les Toulousains sont maîtres des airs depuis le début de la compétition. - Lionel BONAVENTURE / AFP

Au-delà des chiffres, le club du sud-ouest de la France dégage une insolente impression de facilité et fait preuve d'une efficacité redoutable, laquelle est bonifiée par un jeu moins stéréotypé (plus d'à propos dans l'utilisation du jeu au pied) que par le passé. "Il y a une vraie osmose, une vraie complicité entre les joueurs, que ce soit sur le terrain ou en dehors. C'est vrai qu'on dégage quelque chose qui fait qu'on est sûrs de notre force. Même si je pense qu'on peut encore bien mieux faire", confirme Romain Ntamack, en conférence de presse.

Un effectif pléthorique et expérimenté

Autre paramètre qui peut compter, les pensionnaires d'Ernest-Wallon s'appuient sur un effectif pléthorique, avec une ossature de joueurs qui se connaissent par cœur et évoluent ensemble depuis de longues années. La plupart d'entre eux sont, par ailleurs, familiers avec ce genre de très grands rendez-vous, avec de multiples matchs de phases finales au compteur et de nombreuses rencontres internationales, réputées comme étant celles à plus haute intensité. Le meilleur symbole en est la charnière porte-bonheur Antoine Dupont-Romain Ntamack, l'ouvreur étant revenu à un excellent niveau après sa longue blessure. "Toulouse a des joueurs de grande classe", résume le demi de mêlée Jamison Gibson-Park. 

À ce niveau-là toutefois, le Leinster, qui s'appuie sur l'épine dorsale de la sélection d'Irlande, n'a pas à rougir, ce qui promet d'offrir un duel de très grande qualité avec des joueurs au sommet de leur art. 

La finale, le jardin du Stade Toulousain

Enfin, et c'est loin d'être négligeable, Toulouse a la gagne dans son ADN. Vingt-deux titres nationaux, cinq continentaux... le CV est impressionnant. Et il le devient encore davantage lorsque l'on parle de finale, un stade de la compétition lors duquel les quintuples champions d'Europe ne perdent que très rarement. Dans son histoire, l'équipe qui a vu passer des Maxime Médard, Clément Poitrenaud, Thierry Dusautoir, William Servat et autres Émile Ntamack a disputé 36 finales (29 de Top 14, 7 de Champions Cup). Elle en a remporté 27, soit 75% de réussite. Les Haut-Garonnais ne se sont plus inclinés dans de tels matchs depuis plus de 15 ans. Il faut remonter à 2008 pour les voir mordre la poussière en finale, toutes compétitions confondues : c'était contre une autre province irlandaise, le Munster (défaite 16-13). Un autre temps. Depuis, ils ont levé les bras à huit reprises. 

En face, les Dublinois restent sur trois échecs de rang en finale de Champions Cup, avec deux défaites consécutives contre La Rochelle (2021 et 2022) et une désillusion contre les Saracens (2019). Ces échecs successifs pourraient peser dans l'esprit des hommes de Leo Cullen... Aux joueurs d'Ugo Mola d'en profiter pour retrouver les sommets du vieux continent... et, pourquoi, rêver d'un nouveau doublé Top-14-Champions Cup après celui de 2021. 


Maxence GEVIN

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